Connectez-vous
BASANGO
Accueil
Envoyer à un ami
Version imprimable
Partager

Un rasta au pays de Pouchkine

Vivre en Russie quand on a la peau basanée

Guera Morales a sans doute “les tresses les plus longues de tout Moscou”. Ce métis d’origine cubaine est à la tête du plus ancien groupe de reggae en Russie. “Novaïa Gazeta” découvre ce rasta élevé dans l’ancienne patrie des soviets.


Guera Morales
Guera Morales
Vivre en Russie quand on a la peau basanée et que l’on arbore des dreadlocks (semblables aux tresses africaines), c’est sûrement que l’on a une idée derrière la tête. Celle de Guera Morales foisonne d’idées nouvelles. Cet artiste a tout simplement l’ambition de diffuser la musique qu’il aime et qu’il vit, le reggae.

Aujourd’hui, ce fameux genre musical aux accents messianiques, né à la Jamaïque, a franchi les portes d’un pays situé aux antipodes des cultures afro-caribéennes. “Ces derniers temps en Russie, écrit ‘Novaïa Gazeta’, le reggae remporte une certaine popularité. Ecouter les chansons de Bob Marley, porter un bonnet vert-jaune-rouge, fonder des groupes s’inspirant de Jah Rastafari [nom donné par les rastas à Dieu, personnifié par l’empereur éthiopien Hailé Sélassié] est à la mode”.

Guera Morales, leader du groupe Jah Division, fait figure de précurseur. Il confie d’ailleurs qu’“au début des années 90 pratiquement personne en Russie ne savait ce qu’était le reggae, ni comment le jouer”. Il a donc fait appel à des musiciens en vogue de la pop russe. La première prestation en public de Jah Division s’est déroulée dans la Maison des journalistes devant une salle comble. “D’emblée, la jeunesse progressiste ­ des punks et des mélomanes ­ nous a adoptés. Elle attendait un tel événement.”

Artiste, Guera Morales l’est. Mais, en tant que rastaman, il tient un discours original sur sa philosophie comme sur son pays d’adoption, la Russie. Il ne partage pas le désir des premières communautés rastafariennes de Jamaïque de retourner en Afrique. Le berceau du reggae ne le fait pas plus vibrer. “La Russie actuelle est bien plus avancée en matière de musique reggae que la Jamaïque”, assure Guera Morales.

Mais cet artiste n’a pas fini de surprendre. Sa version russisante du rastafarisme est des plus originales. Dans son “Manifeste des rastamans de Russie”, daté de 1991, il écrit : “Nous aimons beaucoup notre langue russe natale. La Russie, c’est la patrie de Pouchkine. Or ce descendant d’Ethiopie [il avait un aïeul éthiopien] a été un rastaman à sa façon. D’ailleurs, beaucoup de gens vivent et meurent sans se douter qu’ils sont rastas.”




© Courrierinternational.com
Rédigé le Mercredi 9 Juillet 2003 à 00:00 | Lu 1213 fois | 0 commentaire(s)





À lire aussi :
< >

Vendredi 16 Juillet 2021 - 22:14 Sardoine Mia

Jeudi 7 Janvier 2021 - 12:25 Henri Lopes

L'OEIL DE BASANGO | LISAPO | TAM-TAM | TENTATIONS | ÉCONOMIE | DÉCOUVERTE | BASANGO TV | BONS PLANS







    Aucun événement à cette date.




Afropunk célèbre la créativité des cultures afro

La dernière édition parisienne du festival underground américain a révélé toute l'étendue des cultures afro-descendantes.

Un foisonnement de couleurs et de motifs influencé par l'Afrique
Né à Brooklyn en 2005, le festival alternatif Afropunk a essaimé aux quatre coins du monde, d'Atlanta à Londres, de Paris à Johannesburg en l'espace de treize ans. Présent pour la quatrième fois dans la capitale le week-end dernier, l'événement célèbre l'affirmation des cultures noires décomplexées et dénonce toutes formes de discriminations raciales, physiques ou sexuelles. « Ce mouvement traduit la volonté de dire que les Noirs ne sont pas associés à un type de musique en particulier », précise l'essayiste et documentariste Rokhaya Diallo qui a animé une des deux journées. « C'est une manifestation extrêmement bienveillante qui prône une forme de liberté que l'on croise dans le public », poursuit-elle. « J'adore m'apercevoir que le spectacle est autant parmi les festivaliers que sur scène, dans les looks des gens se dégagent quelque chose de spectaculaire. » Ouvert absolument à tout le monde, le succès de la formule repose sur un savant mélange d'une programmation musicale éclectique mêlée à la mode, l'art et la ripaille avec une vingtaine de food trucks. Preuve du succès, la manifestation a déménagé du Trianon à La Villette l'année dernière et affichait complet pour cette édition avec 8 000 personnes aux styles vestimentaires pointus. Poids plume à côté du mastodonte new-yorkais et de ses 90 000 spectateurs, la déclinaison française attire déjà les voisins, du Benelux à la Grande-Bretagne, puisque près de 40 % du public est étranger.

ROGER MAVEAU
28/11/2018




Facebook
Instagram
Twitter