Connectez-vous
BASANGO
Accueil
Envoyer à un ami
Version imprimable
Partager

Thierry Moungala

Conseiller à la jeunesse


De Savorgnan de Brazza au néo-colonialisme ?

Les cendres du colonisateur Pierre Savorgnan de Brazza viennent d’être transférées d’Algérie au Congo, à Brazzaville, la ville qu’il a fondée après avoir pacifié la région et obtenu par traité, en 1880 puis 1882, qu’elle devienne colonie française, jetant ainsi les bases de la future AEF.

Un drapeau français jeté sur sa dépouille, en présence du ministre fançais des Affaires étrangères, le cercueil porté par des marins congolais.

Evidemment, la polémique enfle devant une telle initiative. Pourtant, pas autant qu’on aurait pu le croire : à l’heure où il fait bon de hurler contre les méfaits de la colonisation, il eut été normal de vouer aux gémonies un homme qui a eu le mauvais goût de mettre fin à l’esclavage et de développer soins de santé et accès à l’éducation dans cette partie de l’Afrique. Les protestations ne viennent d’ailleurs pas unanimement des Africains : sont venus assister à la cérémonie les présidents du Congo, bien sûr, mais aussi du Gabon et de la Centrafrique, et tous ont financé le mémorial.

Sur place, quelques-uns critiquent certes cette concession faite à un homme qui reste un "colonisateur", aussi humain fut-il. Peut-être aussi digère-t-on difficilement la gabegie d’une statue de huit mètres de haut, de marbres et de néons.
Mais je relève dans un article de Libération une perle qui vaut le coup d’être notée : «Nous ne sommes pas contre Brazza, la colonisation a eu des aspects positifs pour notre pays (entre parenthèses, lui il a le droit de le dire, il n'aura pas de procès), résume Fabrice, 25 ans. Mais on vit dans le présent.
On voudrait pouvoir avoir des visas et voyager. La France peut peut-être nous aider.»

Vous traduisez ? Si la France veut continuer à payer pour l’Afrique elle est toujours la bienvenue, nous n'avons pas tant à nous en plaindre ! Aujourd’hui, nous sommes indépendants, nous ne parlons plus de colonisation, c’est du passé, on ne peut plus défendre une chose pareille, n'est-ce pas, et c’est tant mieux. Le présent c’est notre indépendance. Mais si la France veut toujours nous soutenir financièrement, ma foi, ce n’est pas de refus.
Comme quoi les appels au « néo-colonialisme » ne sont pas forcément le privilège d’infâmes blancs dominateurs et capitalistes…


Source RESPUBLICA NOVA DES PISTES POUR DEBATTRE GEOPOLITIQUE

Propos de Oriane
Rédigé le Jeudi 4 Janvier 2007 à 19:20 | Lu 1665 commentaire(s)




À lire aussi :
< >

Jeudi 3 Septembre 2020 - 22:38 Quibdó Africa Film Festival 2020

Dimanche 13 Octobre 2019 - 23:03 Quibdó África Film Festival

L'OEIL DE BASANGO | LISAPO | TAM-TAM | TENTATIONS | ÉCONOMIE | DÉCOUVERTE | BASANGO TV | BONS PLANS









Afropunk célèbre la créativité des cultures afro

La dernière édition parisienne du festival underground américain a révélé toute l'étendue des cultures afro-descendantes.

Un foisonnement de couleurs et de motifs influencé par l'Afrique
Né à Brooklyn en 2005, le festival alternatif Afropunk a essaimé aux quatre coins du monde, d'Atlanta à Londres, de Paris à Johannesburg en l'espace de treize ans. Présent pour la quatrième fois dans la capitale le week-end dernier, l'événement célèbre l'affirmation des cultures noires décomplexées et dénonce toutes formes de discriminations raciales, physiques ou sexuelles. « Ce mouvement traduit la volonté de dire que les Noirs ne sont pas associés à un type de musique en particulier », précise l'essayiste et documentariste Rokhaya Diallo qui a animé une des deux journées. « C'est une manifestation extrêmement bienveillante qui prône une forme de liberté que l'on croise dans le public », poursuit-elle. « J'adore m'apercevoir que le spectacle est autant parmi les festivaliers que sur scène, dans les looks des gens se dégagent quelque chose de spectaculaire. » Ouvert absolument à tout le monde, le succès de la formule repose sur un savant mélange d'une programmation musicale éclectique mêlée à la mode, l'art et la ripaille avec une vingtaine de food trucks. Preuve du succès, la manifestation a déménagé du Trianon à La Villette l'année dernière et affichait complet pour cette édition avec 8 000 personnes aux styles vestimentaires pointus. Poids plume à côté du mastodonte new-yorkais et de ses 90 000 spectateurs, la déclinaison française attire déjà les voisins, du Benelux à la Grande-Bretagne, puisque près de 40 % du public est étranger.

ROGER MAVEAU
28/11/2018





Facebook
Instagram
Twitter