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Terres ancestrales + Conscience noire

= Survie des Afrolatinos

Au cours de mes voyages à travers l’Amérique Latine, le plus grand défi que j’ai observé et auquel doivent faire face beaucoup de communautés Afrolatines est le problème de la perte des terres.
Les Africains ont établi des communautés en Amérique Latine depuis aussi loin que dans les années 1500, beaucoup constituées par des hommes et des femmes qui avaient échappé à l’esclavage. La propriété de ces terres est à présent remise en cause par des promoteurs étrangers qui veulent les transformer en hôtel touristique ou en condominiums. Le problème est encore davantage exacerbé par le départ des jeunes vers les régions urbaines à cause de l’absence d’opportunités dans ces zones principalement rurales.


Terres ancestrales + Conscience noire
Les communautés Garifuna dans les pays tels que le Honduras et le Nicaragua perdent leur terre à cause de leur inaptitude à produire des titres de propriété écrits et l’absence d’accès à l’aide juridique.
Beaucoup de ces communautés sont auto-suffisantes grâce à l’industrie de la pêche et l’agriculture. Mais elles perdent leurs terres à cause de la multitude de pratiques sans scrupuleuses et des fausses promesses. Le même phénomène se produit en Colombie, en Équateur et dans d’autres pays où les populations Noires sont concentrées.
Le problème foncier doit devenir intimement lié au développement de la conscience de la communauté Noire. Il existe un parallèle historique entre ce qui se passe actuellement en Amérique Latine et ce qui s’est passé aux États-Unis avec l’industrialisation des États du Nord au début du 20ème siècle.
Les Africains Américains dans le Sud ont très souvent pratiquement abandonné leur terre pour migrer vers les villes industrielles du nord telles que Chicago, New York, Cleveland et Philadelphie. Rétrospectivement, si les Africains Américains avaient été capables de conserver les terres qu’ils possédaient, cela aurait servi de moyen de transfert massif de richesse de génération à génération, en provoquant un effet de levier économique conduisant à l’autosuffisance.
Cela devient une question de vie ou de mort pour un Afro-Latino qui a une totale conscience raciale de parler le langage de la vérité à l’aristocratie terrienne blanche dans beaucoup de ces pays. J’ai personnellement été témoin de la description de la conscience raciale des Afro-Latinos par la structure de pouvoir en place comme étant synonyme de comportements racistes et antipatriotiques. Martin Luther King Jr. fut accusé de la même manière lorsqu’il plaida pour les droits civils des Noirs Américains comme un moyen d’aborder l’héritage de l’esclavage.

Ces communautés ne demandent pas des patries séparées, mais tout simplement de pouvoir rester dans ces régions où elles ont résidé pendant des siècles. Plusieurs communautés indigènes subissent les mêmes épreuves.
Avec l’augmentation de l’urbanisation et de l’industrialisation, les jeunes Noirs quittent en grand nombre ces communautés pour trouver des opportunités d’emploi dans les villes. Il y a une fuite de cerveau massive qui laisse ces communautés sans perspective de futurs leaders susceptibles de plaider en faveur de la réforme foncière. Le commerce de la drogue attire plusieurs jeunes hommes dans des endroits où le taux de chômage se situe quelque part entre 40 et 60%
Dans les pays comme le Brésil—qui a la population noire la plus importante après le Nigéria, mais les Afro-Brésiliens ne représentent que 1% de la population universitaire—c’est une véritable parodie. Le gouvernement a institué un programme d’action affirmative pour faire croitre de 10% les inscriptions des Afro-Brésiliens dans les universités. Les Afro-Latinos ont l’occasion d’aborder ce problème de manière claire et intelligente. La pression internationale doit être exercée sur les gouvernements d’Amérique Latine pour les rendre responsables de ces communautés.
Plusieurs implantations d’Afro-Latino situés sur les littoraux d’Amérique du Sud et d’Amérique Centrale ont survécu durant des centaines d’années avec un soutien minimal de la part de leurs gouvernements. La plus grande part de l’aide américaine à ces gouvernements, qui sont assignés aux projets de développement n’atteint jamais ces communautés. Les institutions multilatérales telles que l’ International Development Bank et la Banque Mondiale commencent à présent à consacrer des fonds de développement spécifiquement à ces communautés, mais le processus est lent et lourd.
Cependant, les groupes de droits civils et humains se sont organisés pour aborder ces problèmes en participant au processus politique et dans certains cas, en obtenant des fonctions politiques. Mais ces communautés devront développer leurs compétences en termes de construction nationale, telles que l’expertise légale, la gestion de projet en ingénierie et la compétence en gestion financière.
La solution pour les générations futures réside pour ces communautés dans la conservation de leurs terres et l’augmentation de leur capacité de développement. Cela pourrait entrainer une amélioration de l’éducation de base, de la santé et des niveaux de vie.
Le fantasme des opportunités économiques dans la plupart des régions urbaines incite les jeunes à abandonner leur droit de naissance, leur terre ancestrale. Les jeunes partent vers les villes où l’égalité des chances est un concept étranger. Le problème foncier sera d’une importance capitale pour la survie future de ces communautés.

Par Christopher Rodriguez
Traduit de l'Anglais par Guy Everard Mbarga


Christopher Rodriguez est à la fois conférencier, coach et l’auteur de “Latino Manifesto: A Critique of the Race Debate in the U.S. Latino Community.” Il peut être joint par mail à Latino.Manifesto@yahoo.com.


Guy Mbarga
Rédigé le Samedi 5 Juillet 2008 à 20:49 | Lu 2252 commentaire(s)





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