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Success stories afrodescendantes en Amérique Latine

Rares sont les noirs ayant atteint les sommets en Amérique Latine. Pour eux, c'est la race qui a déterminé leurs identités et leurs carrières.


General Moore
General Moore
Le Général Luis Moore raconte qu'il a eu du mal à avaler les remarques désinvoltes selon lesquelles les Afro-Colombiens sont paresseux ou pas assez intelligents.
Un de ses collègues lui a même dit en face qu'il n'aimait pas les noirs.
Mais Moore, 47 ans qui se décrit lui-même comme une "personne positive'' a persévéré. Il est devenu le premier général noir Colombien et il est actuellement le plus grand chef de la police de la voie publique.

"Ça n'a pas été facile," Indique Moore. "Il y a eu des moments ou plusieurs autres ne l'ont pas accepté. Certains disaient, 'Pourquoi lui et pas moi ?' Et d'autres qui essayaient de m'arrêter , car ils pensaient que les noirs n'étaient pas aussi capables qu'eux."
La couleur de la peau rend l'identité compliquée en Amérique Latine, où tant de personnes portent à la fois du sang Africain, Européen et indigène.
Ce qui est sûr, c'est que ceux ayant une peau plus foncée ont tendance à être moins éduqués et sont moins payés. Ils vivent dans les districts urbains les plus pauvres et cultivent les terres les moins fertiles.

Mais malgré ces probabilités, un petit groupe a réussi à se hisser au sommet de la pyramide. Leur histoire personnelle révèle simplement comment ils ont été façonné par leur couleur, et comment cela a nourri leur détermination pour réussir. En chemin, ils ont fait face aux humiliations, de l'artiste brésilien pris pour un valet au chanteur Argentin auquel son enseignant à demandé d'enlever sa ''perruque" afro.


Fidel Nadal (Alejandra Labanca/Miami Herald)

L'ARTISTE REGGAE

BUENOS AIRES – Lorsque le musicien Fidel Nadal parle avec un compatriote Argentin, il se fait inévitablement demander : Tu n'es pas d'ici, n'est-ce pas?
"C'est toujours, toujours, toujours la première chose qu'ils me demandent" indique-t-il.
À 42 ans, Nadal est un argentin de cinquième génération. Pourtant, la plupart des argentins ne reconnaissent pas Nadal comme l'un des leurs, car il est noir dans un pays qui se voit comme presque exclusivement Européen.

Nadal se souvient lorsqu'il était le seul élève noir dans son école élémentaire à Buenos Aires dans les années 60. Certains de ces camarades le surnommèrent Pelé – comme la plus grande star de football brésilienne qui est noir. D'autres l'appelaient Kunta – comme le principal acteur de la série télévisée Racines.

Le moins créatif lui lançait simplement Che, negro -- hey, negro.
À l'âge de 14 ans, Nadal avait laissé poussé un afro. Le premier jour d'école, l'un de ses enseignants lui demanda -- devant la classe – d'arrêter de blaguer et d'enlever sa perruque.
"C'était certainement la première fois que je ressentais mon identité raciale," affirme Nadal.
"Appeler mes cheveux perruque c'était comme demander à un Asiatique d'ouvrir les yeux."
Amoureux de la musique, il est tombé sur un enregistrement de l'icône du reggae Bob Marley. Et Marley a conduit Nadal en Jamaïque au mouvement Rastafari et à sa connexion avec l'Afrique.

"Je me suis identifié à Marley," indique-t-il, "à cause de sa race– et de la mienne -- mais, avant tout, je me suis identifié avec le rebelle."

Aujourd'hui, il enregistre son 15ème album Emocionado, et remplit des petites boites de nuits à Buenos Aires. Nadal ne fait peut être pas partie de la mainstream, mais un petit public enthousiaste le suit depuis l'époque où il était le leader de Todos tus Muertos, un célèbre groupe punk et reggae argentin dont les paroles avaient un contenu social et politique.

Quand on lui demande s'il est devenu un stéréotype dans un pays ou les noirs font uniquement penser à la musique et au sport, il prend un instant pour peser sa réponse.

"Vous savez, je me suis battu contre le préjugé, contre l'ignorance pendant des années. Et peut-être que oui, je suis devenu un stéréotype – le noir avec des dreadlocks qui fait du reggae," dit-il. "Mais je m'en fous maintenant. Aujourd'hui je peux dire, 'Je suis Africain, et c'est ce que je suis."

LA POLITICIENNE

Epsy Campbell

PANAMA CITY -- Epsy Campbell dont les grands-parents ont immigré de la Jamaïque au Costa Rica pour travailler sur les chemins de fer du pays, est une économiste, devenue activiste puis politicienne et qui a été à 3300 votes de devenir vice-présidente du Costa Rica l'an dernier.

En dehors de la Caraïbe, aucun Afrodescendant n'a jamais atteint de telles hauteurs en politique dans l'hémisphère. Elle est même citée comme prétendante sérieuse à la présidence aux prochaines élections.
"Je suis le stéréotype le plus atypique du Costa Rica," dit-elle, exhibant le sourire facile du politicien. "Je suis noire et je suis une femme."

Pour Campbell, 42 ans, le racisme peut être subtile.

"Je ne peux pas dire que le racisme n'existe pas," indiquait-elle au Miami Herald lors de la Conférence des activistes noirs à Panama City, "mais sur quelqu'un comme moi, il se manifeste de façons qui sont si sophistiquées qu'il est très souvent difficile à repérer."

Quelques fois, elle remarque l'expression de surprise chez des gens qu'elle rencontre, comme si son intelligence et son éloquence défiaient toute attente. C'est presque du racisme à l'envers, dit-elle. Comme si les gens sont saisis d'un "excès d'admiration."
Campbell est une femme très occupée ces jours, à la tête du Parti Action Citoyenne– une coalition d'organisations populaires, créée en 2002 et qui est actuellement le deuxième plus grand parti au Costa Rica.

Mais elle trouve encore du temps pour s'adresser aux Activistes Noirs d'Amérique Latine, avec des discours qui sont un mélange de discours entraînants et de dures réalités.
Il y a très peu de juges noirs dans la région, mais beaucoup de noirs sont en prison, dit elle à son audience. Les Noirs d'Amérique Latine à des postes de décisions – postes de ministre ou les autres grands postes gouvernementaux – sont moins de 20 et seulement 2% des législateurs élu sont noirs.

La nouveauté de la figure d'une femme noire dans la politique au Costa Rica commence à disparaître, dit-elle et c'est probablement une bonne chose.
"Tu n'es plus l'exception, la rareté," dit-elle. "Le racisme et la discrimination ont plus à voir avec l'ignorance et la peur de l'inconnu."



http://www.miamiherald.com/multimedia/news/afrolatin/part5/achieve.html

Traduit de l'Anglais par Guy everard Mbarga
Les reportages ont été réalisés par Alejandra Labanca à Buenos Aires, Nancy San Martin à Guatemala City, Steven Dudley à Cali, Colombie, Pablo Bachelet à Panama City et le Correspondant de McClatchy, Jack Chang à Rio de Janeiro. La compilation est de Bachelet.

pbachelet@miamiherald.com


Par Guy Mbarga
Rédigé le Dimanche 5 Août 2007 à 23:47 | Lu 1376 commentaire(s)




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Vendredi 5 Juin 2009 - 16:33 CHILI

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