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Soweto Kinch, les contes urbains

jazz hip hop

A Birmingham, Soweto Kinch a grandi entre deux mondes, entre le Handsworth étriqué, mal famé et mal aimé, et la culture léguée par des parents anglo-caribéens fans de jazz. Après un premier album renversant (Conversation With The Unseen), il présente au festival Banlieues Bleues un récit poétique entre jazz, grime, spoken word et hip hop


Interview |

Soweto Kinch
Soweto Kinch
Vous dites que votre premier album voulait “amener un public jazz vers le hip hop”, et que celui-ci fait le chemin inverse…

Je ne crois pas aux barrières érigées entre les genres. J’ai baigné dans une culture jazz profonde tout autant que dans le hip hop. Cet album raconte une histoire, celle d’une réalité urbaine à travers l’expérience de trois individus, un chauffeur de bus, un collégien et un musicien de jazz. Il veut définitivement sortir des clichés sur la banlieue, lieu de violence et de crimes, et plutôt décrire l’ordinaire, la palette des émotions qu’on peut y ressentir, et pour moi ca va d’une ballade jazz à des tonalités hip hop. Mon inspiration vient du quotidien, d’expériences banales, comme monter dans un train ou dans un bus.

L’album se déroule comme une histoire, rythmée par la voix d’une narratrice de la BBC: c’est du hip hop narratif ?

Oui, le titre “Everybody Raps” par exemple, c’est juste un scénario comique traduit en musique. L’album est en deux parties : la première, A Life In The Day Of B19, parle de gens d’un quartier qui veulent toucher le ciel, devenir célèbres, avoir une meilleure vie, et la seconde, Basement Fables, à paraître, parlera de leur retour à des valeurs plus fondamentales. Les trois personnages (Marcus, Adrian et S.) n’existent pas, mais reflètent d’autres histoires vécues par des gens que je connais. Je ne voulais pas écrire une chanson sur le culte de la célébrité, je préfère raconter l’histoire de Marcus qui se laisse dépasser par la notoriété et le bling bling.

Un des personnages est prêt à tout pour donner sa démo à des producteurs… Vous programmez aujourd’hui des soirées Live Box à Birmingham qui laissent place à de jeunes talents: vous êtes de l’autre côté de la barrière?

Oui ! D’un côté je suis enthousiasmé par toute l’énergie des jeunes, comme les MC grime -un style très dépouillé aux rythmiques proches du speed garage que l’on entend beaucoup en Angleterre. Et d’un autre je suis découragé de voir que certains MC n’ont souvent pour modèle que les Etats Unis, les chaînes de tv musicales et qu’ils ne font pas le lien entre Busta Rymes, James Brown, Miles Davis ou le reggae militant qui fait partie de notre culture anglaise. J’ai toujours eu la chance d’être des deux côté de la barrière dans ma vie, j’ai grandi dans des quartiers défavorisés comme Handsworth ou Hockley, connus pour leur taux de chômage ou de criminalité, mais j’ai étudié à l’école privée et à Oxford. Le système voudrait que le quartier dans lequel on grandit détermine la musique qu’on écoute ou les études qu’on ne fera pas… Je suis contre ces étiquettes faciles “musiques urbaines = rap, r’n’b ou violence”.

C’est pour ça que vous prôniez, dans votre premier album, un monde gouverné par le jazz, musique urbaine par essence ?

C’est un concept qui résume mon approche de la vie et de la musique, l’idée que la joie et l’énergie que l’on transmet en concert n’est pas qu’une approche physique, mais que l’on transmet quelque chose qui pourrrait être politique ou social, même si l’on aime faire danser le public. Ca m’inquiète de voir que ma musique, ou celle d’autres MC, a été définie comme étant du hip hop intellectuel. Personne n’aurait utilisé ce terme pour définir du rock ou du folk “intellectuel”. Pour moi, tout le monde a une dimension intellectuelle.


CONCERT

Festival Banlieues Bleues: 30/3, Aubervilliers, Espace Fraternité, en première partie de Roy Ayers

DISQUE

Soweto Kinch, A Life In The Day Of B19: Tales Of The Tower Block (Dune) non distribué en France

Source http://www.vibrationsmusic.com


Elodie Maillot
Rédigé le Jeudi 22 Mars 2007 à 16:33 | Lu 1949 commentaire(s)




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