Connectez-vous
BASANGO
Accueil
Envoyer à un ami
Version imprimable
Partager

Soundjata Keita

Héros de Bande Dessinée

Biyong Djehouty, dessinateur africain, fait revivre au XXIè siècle Soundjata Keita l’héroïque fondateur au XIIIè siècle de l’empire du Mali. Non point cette fois dans un livre d’histoire, plutôt dans une B. D. qui remontre à la manière d’un film qui remonte le temps, l’une de ses batailles les plus décisives - celle de kirina en pays mandé – qui déterminera le destin futur de l’empire.


« Soundjata, la bataille de kirina »

Représentation de Soundjata Kéïta
Représentation de Soundjata Kéïta
est un album de 45 pages. En ouverture, un gros plan sur un détail d’architecture typique de l’Ouest Afrique (pour la localisation spatiale du récit). En clôture, un très gros plan celui-là (2 pages entières) de l’océan atlantique (pour la limite occidentale de l’empire). Djehouty afin de rendre hommage à Soundjata privilégie pour son histoire-dessinée un axe directeur : l’effet… de puissance, de force, de grandeur, tel que visible d’entrée de jeu sur « l’affiche » intentionnellement grandeur nature de l’album. L’illustration donne la préséance à l’image, au visuel. Les textes et les dialogues qui les introduisent ou les accompagnent sont prétextes aux dessins, aux images-reines, véritables piliers de l’histoire et agents de la re-mémoire de cet épisode du passé africain. Le dessin est volontiers expressif. Le dessinateur affectionne de jongler avec la lumière et l’ombre ; les ombres qui dans l’œuvre sont des personnages à part entière. Pour son « Soundjata », Djehouty parle un langage très cinématographique et utilise beaucoup l’espace. On découvre des plans, gros, longs, larges, inclinés, des plongées et des contre-plongées, des fondus, des surimpressions, des profondeurs. Les cartes géographiques en arrière-plan de certaines scènes (?) créent un effet de mouvement très proche lui aussi du 7è art. Certaines images de « Soundjata » vont par contre lorgner du côté de la peinture (l’illustration d’intro, la conclusion, l’aube à narêna). Les images de synthèse (modernité oblige ?) sont ponctuellement sollicitées pour les paysages, en l’occurrence le ciel, les nuages…

« Soundjata, la bataille de kirina » est un premier essai très ambitieux qui honnêtement ne manque pas d’atouts, loin de là. Saluons cette heureuse initiative qui vient combler dans ce domaine un vide que d’autres ne se sont que trop empressés d’occuper, avec les effets désastreux d’aliénation, d’exculturation*/acculturation observés notamment dans la jeunesse africaine. Pour sûr, de par son accessibilité, son côté pratique, la participation de la B. D. à la nipponisation des consciences européennes ou à l’américanisation de générations d’Africains par exemple ne peut être négligée. Pour cela, chapeau encore à Biyong Djehouty dont le « Soundjata » est très prometteur et annonciateur nous l’espérons d’autres bandes dessinées à venir, avec un souci toujours plus grand de clarté du récit, de rigueur dans la rédaction, de perfectionnement de style… de s’améliorer en somme. Le potentiel indiscutablement est là déjà.

Soundjata, la bataille de Kirina. Editions Menaibuc, 2004
Aller sur le site www.menaibuc.com





Ali beng / afrikara.com
Rédigé le Lundi 5 Avril 2004 à 00:00 | Lu 4801 commentaire(s)




À lire aussi :
< >

Samedi 14 Février 2015 - 15:09 Salon du livre de Paris

Mercredi 28 Mars 2007 - 17:42 Ayavi Lake

Kiosque | Ki Kouil Ki







    Aucun événement à cette date.




Afropunk célèbre la créativité des cultures afro

La dernière édition parisienne du festival underground américain a révélé toute l'étendue des cultures afro-descendantes.

Un foisonnement de couleurs et de motifs influencé par l'Afrique
Né à Brooklyn en 2005, le festival alternatif Afropunk a essaimé aux quatre coins du monde, d'Atlanta à Londres, de Paris à Johannesburg en l'espace de treize ans. Présent pour la quatrième fois dans la capitale le week-end dernier, l'événement célèbre l'affirmation des cultures noires décomplexées et dénonce toutes formes de discriminations raciales, physiques ou sexuelles. « Ce mouvement traduit la volonté de dire que les Noirs ne sont pas associés à un type de musique en particulier », précise l'essayiste et documentariste Rokhaya Diallo qui a animé une des deux journées. « C'est une manifestation extrêmement bienveillante qui prône une forme de liberté que l'on croise dans le public », poursuit-elle. « J'adore m'apercevoir que le spectacle est autant parmi les festivaliers que sur scène, dans les looks des gens se dégagent quelque chose de spectaculaire. » Ouvert absolument à tout le monde, le succès de la formule repose sur un savant mélange d'une programmation musicale éclectique mêlée à la mode, l'art et la ripaille avec une vingtaine de food trucks. Preuve du succès, la manifestation a déménagé du Trianon à La Villette l'année dernière et affichait complet pour cette édition avec 8 000 personnes aux styles vestimentaires pointus. Poids plume à côté du mastodonte new-yorkais et de ses 90 000 spectateurs, la déclinaison française attire déjà les voisins, du Benelux à la Grande-Bretagne, puisque près de 40 % du public est étranger.

ROGER MAVEAU
28/11/2018




Facebook
Instagram
Twitter