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Sindika Dokolo

« Dans un continent tel que l’Afrique, l’art est nécessairement politique »

La collection de la fondation Sindika Dokolo comprend plus de 5000 œuvres : peintures, impressions, photographies, vidéos et installations conçues par 90 artistes représentant 25 pays, et a été présentée dans certains des hauts lieux internationaux de l’art tels que l’ARCOmadrid, la biennale de Venise ou encore l’OCA Space de São Paulo.


Sindika Dokolo
Sindika Dokolo
La fondation a récemment inauguré l’exposition You Love Me, You Love Me Not, considérée comme l’une des plus importantes expositions d’art contemporain en Europe. L’événement se déroule jusqu’au 10 mai dans la galerie Almeida Garett de Porto, au nord du Portugal. L’exposition, placée sous la direction de Susan Sousa et Bruno Leitão, présente le travail de certains des artistes les plus renommés d’un grand nombre de pays d’Afrique. En marge de l’inauguration d’une nouvelle exposition, Sindika Dokolo – collectionneur d’art, homme d’affaires, s’exprime sur l’art africain et sur lui-même.

Vous insistez sur l’idée que vous êtes plus un collectionneur d’art contemporain en Afrique qu’un collectionneur d’art contemporain africain. Mais dans le même temps, vous rappelez également le « point de vue africain » de votre collection.
Sindika Dokolo : J’ai grandi en Europe et j’ai toujours eu ce sentiment d’être l’autre, l’étranger. J’ai souvent été la victime de l’idée qu’on se faisait de mon contexte, de mes références culturelles, de ma façon de voir le monde. Le travail que j’ai entrepris avec l’art est également une affirmation, une manière de dire : je ne suis pas celui que vous pensez. De la même manière, l’un des objectifs d’une telle exposition n’est pas tant de dire ce qu’est la contemporanéité africaine que de détruire certaines idées reçues sur ce que seraient les Africains, même si ces idées naissent parfois de bons sentiments, de rapports affectueux. C’est alors qu’il devient possible d’offrir au monde un regard contemporain qui n’est pas étranger aux questions universelles.

Etes-vous intéressé par un art qui, d’une certaine manière, aide à appréhender la réalité ?
Sindika Dokolo : Nous voulons que l’art soulève les questions d’aujourd’hui, mais nous attendons également de lui qu’il redéfinisse ces questions. En Occident, l’art se cantonne souvent à son propre monde, un peu isolé du reste de la vie. En Afrique, nous avons la chance d’avoir un art dont l’impact sur la vie de la cité est bien plus important. (…) L’expression artistique, entre nous, va bien au-delà d’une simple lecture esthétique, elle pénètre dans le débat culturel, social, politique, et n’en devient que plus à propos et plus intéressante.

Vous êtes un collectionneur. Vous souhaitez ouvrir un musée à Luanda pour abriter votre collection, un centre d’art contemporain. La question de la rencontre entre votre ambition de changer la société et celles d’un homme politique se pose. Comment gérez-vous cette superposition de rôles aux logiques parfois divergentes ?
Sindika Dokolo : Je suis un simple observateur, un commentateur, mais dans le contexte d’une combinaison de facteurs qui donnent à ma voix un plus grand retentissement. Je ne fais pas de politique, mais j’ai adopté un positionnement qui privilégie une posture éthique, morale et politique. Dans un continent tel que l’Afrique, qui doit retrouver son autorité, l’art est nécessairement politique. Je ne peux pas dire « ce que je vais vous montrer est très joli » et vous faire visiter cette exposition comme s’il s’agissait de reliques de l’Egypte antique. Ces œuvres ne sont pas seulement des propositions esthétiques, elles sont le fruit d’un contexte tendu, intense et nécessairement politique.

Votre enthousiasme pour la vitalité de la production artistique contemporaine en Afrique vous a amené à parler de « renaissance africaine ». Est-ce une formule ou est-ce plus sérieux ?
Sindika Dokolo : C’est le temps et la distance qui permettent de faire la différence entre un mouvement et un moment. Mais cette accélération de l’Histoire que nous vivons, cette invasion des nouveaux moyens de communication tels qu’internet, avec l’ubiquité qu’ils apportent, sont comme une réaction chimique en cours dont nous ne voyons pas encore la conclusion mais qui est, selon toute probabilité, explosive. Tous ces ingrédients puissants qu’on mêle dans un espace confiné produiront certainement des choses très différentes de celles que nous connaissons aujourd’hui.

Entretien donné par Sindika Dokolo à Luís Miguel Queirós et à José Marmeleira du quotidien Publico.

Source AgenceEcofin

Luís Miguel Queirós et à José Marmeleira
Rédigé le Lundi 16 Mars 2015 à 16:42 | Lu 748 fois | 0 commentaire(s)






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