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SOTIGUI KOUYATE, PAROLE DE GRIOT…!

Lorsque Sotigui Kouyaté prend la parole, une mémoire vivante s'exprime spontanément en lui, celle bien sûr de son vécu mais aussi celle héritée de ses aïeux dont il est la nouvelle souche, ainsi que le seront, s'ils ne le sont déjà, ses descendants après lui. Footballeur professionnel, musicien, danseur, chorégraphe, employé de banque, et enfin comédien, cet éminent griot a tout vu, tout connu, ou presque. Alors je l'écoute, je ne peux que l'écouter, respectueux et admiratif.


Mais qui est Sotigui Kouyaté ?

 SOTIGUI KOUYATE, PAROLE DE GRIOT…!
Issu d'une longue lignée de griots qui perdure depuis le 11ème siècle, cet homme aux multiples talents, révélé notamment par Peter Brooks dans " Le Mahabharata ", a pris le parti de perpétuer la tradition de sa famille en embrassant la comédie.
Son parcours ressemble à celui d'un voyageur infatigable, secouant la poussière de ses pieds à chaque épisode qui se termine, à chaque aventure qui recommence, celui d'un homme dont la curiosité discrète s'accompagnent d'une maturité et d'une richesse que même des millions de dollars hollywoodiens ne remplaceront jamais !

Depuis, la notoriété faisant le reste, il compte environ une soixantaine de films à son actif, ainsi que de nombreuses pièces de théâtre. Mais peu lui importe la gloire à titre personnel. Avec ce sens du détachement qui le caractérise ainsi qu'une certaine éthique propre à sa fonction de griot, Sotigui Kouyaté ne s'en sert que pour mieux faire connaître sa culture en Occident, celle du pays mandingue, et tenter de recouper à travers son art les valeurs universelles communément admises de l'Afrique avec le reste du monde.

Projet ô combien ambitieux mais qui n'est pas sans résultats probants puisque, mises à part ses compétences d'acteur, c'est aussi en tant que metteur en scène qu'il réussit certains tours de force, comme par exemple l'adaptation du journal de Jean Moulin, " Le Premier Combat ", qu'il fusionne avec " Le Vieux Nègre et la Médaille " du romancier camerounais Ferdinand Oyono.
La directrice du Musée Jean Moulin, historienne de formation, en a même approuvé la viabilité. Ce n'est pas le seul exemple d'adaptation réussie : " Œdipe ou la controverse ", sa dernière production qui se joue en ce moment au Théâtre des Bouffes du Nord, nous montre bien encore une fois qu'il est possible de " métisser " de façon magistrale une pièce classique de Sophocle avec des éléments de la culture africaine ou d'autres cultures sans pour autant en dénaturer le contenu.
Depuis Peter Brooks, les productions de ce type n'ont fait que s'amplifier. Il ne s'agit plus simplement d'un phénomène de mode, mais d'une réalité culturelle qui s'exprime à l'image de notre société. Chantre de la pensée métissée, Sotigui Kouyaté poursuit donc sa route, fidèle à ses principes, porteur d'une authenticité et d'une quiétude que pourraient lui envier bien des acteurs sevrés de paillettes et autres faux-semblants.

Des moments de ce genre sont rares et précieux, mais écouter ce grand personnage à la parole d'or nécessiterait encore plus de temps, un temps que je ne puis, hélas, m'accorder davantage. Nécessité professionnelle faisant loi, il me faut de nouveau rentrer dans le tourbillon de la ville. C'est alors lui-même qui conclut : " Il faut savoir quitter les choses avant qu'elles ne nous quittent ".
Je vous quitte donc Mr Kouyate, mais vos paroles, elles, ont laissé quelque part leur empreinte dans un coin de mon âme. Les paroles ne s'envolent jamais tout à fait en votre présence…


OEdipe ou la controverse
De Sophocle, d'après Jean Anouilh et Bernard Chartreux
Adaptation et mise en scène Sotigui Kouyaté
Du 22 avril au samedi 17 mai 2003
Théâtre des Bouffes du Nord

37 bis, boulvevard de la chapelle
75018 Paris M° La Chapelle


Blackmap.com

Ouman D/Blackmap.com
Rédigé le Mercredi 21 Mai 2003 à 00:00 | Lu 1083 fois | 0 commentaire(s)





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