Connectez-vous
BASANGO
Accueil
Envoyer à un ami
Version imprimable
Partager

Regarder les étiquettes

Pays développés...

En Europe et de façon accentuée en Amérique, il faut se promener dans les super marchés si l’on veut comprendre une des significations cachées des mots : pays développés. Voyons alors ce que l’on a développé :


- Section fruit et légume
Ah, les beaux légumes ! Ils brillent si fort et sont si parfaits qu’ils semblent incroyablement apetissant. Si d’un coté la qualité de la cire pour faire briller la pomme tout aussi bien que la tomate a nettement évoluée, il faut dire aussi que tous les produits chimiques l’ont rendu presque parfaite. Unique hic de cette technologie super avancée c’est que rien n’a plus de goût. Mieux encore, non seulement toutes les tomates de tous les super hyper marchés sont identiquement belles et insipides, ainsi que les oranges, la salade, les légumes, ces produits sont aussi accessibles toute l’année ! Autre avancée de la technologie. Chacun y trouve donc son plaisir visuel et son goût …en y ajoutant du sucre ou sel et épices, évidemment.
Pour ceux qui cherchent des tomates moches mais juteuses, l’homme moderne à réinventer la roue : Les produits biologiquement contrôlés, bio pour les amateurs dont le porte monnaie doit être bien remplis. Car, allez savoir pourquoi, les produits frais, produit naturellement par la terre sans sophistication aucune, sont trois fois plus chers.

Passons au compartiment surgelé où tout est fraîchement surgelé. La truite fraîchement pêchée en Norvège est fraîchement surgelée sur le bateau en arrive tout fraîchement propre et empaquetée dans le compartiment approprié des super marchés. Il y aussi toute sorte de plats préalablement cuisinés, cuits, qui ne demandent qu’à être réchauffés au micro ondes. Les photos sur les boites promettent un dîner cordon bleu succulent. Jamais notre cuisine pourrait ressemblait, même de loin, à une de ces photos, pures joyaux de la technique. Les étiquettes derrière les boites aussi sont le fruit d’année, de siècle d’études scientifiques qui ont permit à toutes sortes de produits chimiques d’être les seuls rois et maîtres incontestables de notre bonne cuisine au micro ondes.

E 504 E 302 E 504, le monde des colorants, émulsifiants et soi disant, fait partie de notre mode de vie sans bien savoir en quoi consiste toute cette secrète alchimie. Pour ce qui est des conserves et autre genre alimentaire, il suffit de regarder les étiquettes pour comprendre que ce monde appartient aux chimistes. Ces derniers, les seuls capables de déchiffrer ces codes, vivent tous à la campagne, ils sont introuvables dans les super marchés. On se demande parfois si ce ne sont pas eux les vrais inventeurs des produits bio.

L’études des compartiments détachants, produit anéantissant toutes sortes de bactéries, déodorants, lessives, savons et compagnie ne serait qu’une répétition des produits en conserve, surgelés et prêt à mangé, avec la seule différence que certain protège la couche de l’ozone et l’environnement et d’autre non. Un petit détour par la section médicaments de tout genre, nous permet de retrouver tous le sens du développement technologique. Les Hyper marchés, souvent doté d’une pharmacie interne, vous offrent toutes sortes de vitamines, minéraux synthétiques et potion magique pour rester jeune et en forme. Avec ordonnance, vous avez droit de profiter des dernières avancée scientifiques en matière de pilules. Pilules pour dormir, pour se réveiller, pour avoir faim, pour ne pas avoir faim, pilules pour faire l’amour, pour avoir plus de mémoire, pour se calmer, pour s’excité, pour digérer, pour penser et enfin pour avaler d’autre pilules.

Passons donc au compartiment électroménagers, vrai centre et représentation de l’ère de la technologie avancée. Il suffit de voir l’intérieur d’une maison pour comprendre l’entité du marché. Dans chaque chambre, ou presque, règne l’électroménager au multiple facette de notre société moderne : la télévision. Prenant différente forme et couleurs, cet objet est de grande utilité pour faire taire les enfants bruyants quand ils s’amusent, ne pas parler durant le dîner, éviter des scènes de ménages, se divaguer seul dans la maison et remplir de bruit la solitude. A cet électroménager, qui n’en est plus un, faisant à nos jours partie intégrante de notre civilisation, s’ajoute toute sorte de cousin de la même famille : ordinateur, Internet et console de jeux presque réel.

Dans l’hyper marché, comme dans le Jeu de l’Oie, il faut parcourir toute la grande surface jusqu’au bout si l’on veut rejoindre la case finale, l’unique différence c’est que tout long du parcours une douce musique venant des murs même nous accompagne. Là, à la case finale, nous retrouvons les bonus, les crédits et les cadeaux pour nous remercier d’avoir participer grâce à nos innombrables achats au développement du marché international, à la pollution dans le monde, à l’enrichissement des multinationales, aux recherches sur les animaux de laboratoire et enfin aux progrès de ce monde si développé qu’est le notre.

Les hyper marchés européens et américains sont ce qu’il y a de plus fréquenté par les étrangers riches venant des mondes sous développés. Ils ramènent ainsi victorieux dans leur pays toute sorte de produit introuvable et donc enviable, preuve tangible de leur passage au Paradis. Dans les mondes sous développés il n’y a pas de grandes surfaces avec une petite musique douce qui te suit partout, mais tout le monde en rêve…

ETM / Cartagene
Rédigé le Mercredi 26 Février 2003 à 00:00 | Lu 615 fois | 0 commentaire(s)





À lire aussi :
< >

Mardi 25 Octobre 2016 - 17:28 Série. “Atlanta” :

Vendredi 8 Avril 2016 - 18:11 Driss Homet

Sous le manguier | Mots d'ailleurs | Tout converge









Afropunk célèbre la créativité des cultures afro

La dernière édition parisienne du festival underground américain a révélé toute l'étendue des cultures afro-descendantes.

Un foisonnement de couleurs et de motifs influencé par l'Afrique
Né à Brooklyn en 2005, le festival alternatif Afropunk a essaimé aux quatre coins du monde, d'Atlanta à Londres, de Paris à Johannesburg en l'espace de treize ans. Présent pour la quatrième fois dans la capitale le week-end dernier, l'événement célèbre l'affirmation des cultures noires décomplexées et dénonce toutes formes de discriminations raciales, physiques ou sexuelles. « Ce mouvement traduit la volonté de dire que les Noirs ne sont pas associés à un type de musique en particulier », précise l'essayiste et documentariste Rokhaya Diallo qui a animé une des deux journées. « C'est une manifestation extrêmement bienveillante qui prône une forme de liberté que l'on croise dans le public », poursuit-elle. « J'adore m'apercevoir que le spectacle est autant parmi les festivaliers que sur scène, dans les looks des gens se dégagent quelque chose de spectaculaire. » Ouvert absolument à tout le monde, le succès de la formule repose sur un savant mélange d'une programmation musicale éclectique mêlée à la mode, l'art et la ripaille avec une vingtaine de food trucks. Preuve du succès, la manifestation a déménagé du Trianon à La Villette l'année dernière et affichait complet pour cette édition avec 8 000 personnes aux styles vestimentaires pointus. Poids plume à côté du mastodonte new-yorkais et de ses 90 000 spectateurs, la déclinaison française attire déjà les voisins, du Benelux à la Grande-Bretagne, puisque près de 40 % du public est étranger.

ROGER MAVEAU
28/11/2018





Facebook
Instagram
Twitter