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Ray Lema

Ray Lema demeure africain

Lorsque nous sommes arrivés chez Ray Lema dans sa maison située en banlieue de l'est parisien, à peine manoeuvrions-nous pour nous garer qu'il était déjà sur le pas de sa porte… tout sourire. Le look a un peu changé depuis la dernière fois. Le cheveu s'est fait rare mais il a le bouc en plus.


Ce n'est pas le moindre paradoxe chez cet artiste congolais parfois que l'on présente parfois comme vautré dans ses recherches musicales et qui aurait un peu oublié l'Afrique, refusant de faire allégeance au ndombolo, la danse en vogue en Afrique centrale et ailleurs. Erreur : Ray Lema demeure africain. Mieux il est avant tout un musicien et il le revendique. Musicien. " Le terme est galvaudé de nos jours ", se désole son ami Manu Dibango. Surtout en Afrique, un continent où on a tendance à confondre artiste, chanteur et musicien. Ray Lema est un musicien, un pianiste qui pense son instrument et sa musique. Nous en avons du reste eu la confirmation une fois le pas de sa porte franchie. Depuis notre dernière visite le grand orgue que lui a offert son ami Claude Nougaro a disparu de la pièce. Un grand piano blanc trône désormais sur la gauche à coté de deux impressionnants écrans d'ordinateur. Sur une petite table dans un coin, des bandes dessinées sur les grands pianistes américains que furent Fats Waller et Art Tatum témoignent de la filiation. Plus loin un instrument insolite ramené d'un récent voyage au Brésil. Puis des disques et d'autres instruments. C'est le studio de Ray. Pourquoi cette quête qui le fait jouer avec des Bulgares et un groupe traditionnel marocain là où justement tout le monde fait du ndombolo ? Une histoire qui remonte à plusieurs années, nous répond Ray Lema. C'est peut-être ma mère, révèle-t-il. Le musicien a perdu très tôt son père, chef de gare de chemin de fer. Raymond (c'est son prénom) est un élève brillant. Il poursuit des études universitaires à l'université de Lovanium à Kinshasa. Parallèlement, il joue de la musique. Il passe une fois à la télévision en compagnie de Shungu Wembadio devenu plus tard Papa Wemba. La mère entend jouer le fils pour la première fois et lui fait une réflexion déterminante : " tu fais la même musique que tout le monde ! Moi je pensais que comme tu es avancé dans les études tu ferais une musique différente ! ". A quoi tient peut-être l'orientation d'une carrière musicale ! Consciemment ou non, Ray Lema fait depuis une musique " différente ". Depuis le ballet national du Zaïre dont il avait pris la tête jusqu'à Paris, en passant par Washington où il a vécu quelques années le pianiste poursuit ses recherches musicales, à la manière d'un John Coltrane. " Je ferai un piano solo " nous annonçait-il. L'album est sorti au mois de mars dernier. Son titre : " Mizila ", du nom de sa mère. Pour s'éloigner sans doute de ces histoires d'amour chantées, sempiternelles histoires de jaloux, de rivaux proposées du matin au soir. Histoire de se laisser posséder par la seule vibration musicale. Son jazzy, simplicité, sérénité sont ici au rendez-vous. Un enchevêtrement de musiques caribéennes et africaines délivrés par un pianiste inspiré, au style épuré. Tel est le dernier disque de Ray, un artiste couronné l'an dernier par un Django d'Or pour l'ensemble de sa carrière. [Ray Lema]URL:http://www.afrik.com/article7431.html, une figure dominante de la musique africaine avec Manu Dibango, Bonga, et quelques autres. [mwinda]URL:http://www.mwinda.org/article_nouv-site/massray.html

Mwinda
Rédigé le Mercredi 7 Juillet 2004 à 00:00 | Lu 2175 commentaire(s)




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