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RICHARD BONA

"Imaginez un artiste qui ait la virtuosité de Jaco Pastorious, la fluidité vocale de George Benson, le sens de la chanson et de l’harmonie de Joao Gilberto, le tout mélangé à la culture africaine, vous avez Richard Bona" - Los Angeles Times 2001.


Richard Bona
Richard Bona
Issu d'une famille musicienne (grand-père griot et percussionniste, maman chanteuse), Richard Bona naît à Minta, dans l’Est du Cameroun, en 1967. Ses proches évoquent un enfant capricieux, qui pleurait tout le temps, jusqu’au jour où des musiciens sont venus passer une journée dans la maison familiale. Fasciné par le balafon, Richard, qui a alors quatre ans, trouve sa voie pour sécher ses larmes et son grand-père lui offre son premier instrument. Un an plus tard, il joue dans l’église de son village natal avec sa mère et ses quatre sœurs. Très vite, il se taille une solide réputation et ses prestations sont appréciées lors des baptêmes, mariages et autres cérémonies. Comme nombre de musiciens africains, Richard doit faire preuve d’imagination pour fabriquer ses instruments. Ingénieux bricoleur, il conçoit sa guitare à 12 cordes avec des câbles de freins de vélo.

L’enfant prodige de Minta

A l’âge de 11 ans, Richard suit son père qui vient de trouver un emploi de camionneur à Douala, la capitale économique du pays. Ses camarades d’alors le surnomment Fantômas car on ne le voit pas beaucoup à l’école, l’apprenti musicien préférant s’entraîner des heures entières sur ses instruments de fortune. Le soir, il lui arrive de faire le bœuf avec son surveillant général (qui n’est autre que Messi Martin, le maître du bikutsi moderne), qu’il rencontre plus souvent dans les clubs de la ville que sur les bancs de l’école. Au bout de quelques mois et grâce à ses premiers contrats, Richard peut enfin s’acheter une vraie guitare.

En 1980, Richard Bona rencontre un Français expatrié qui tient un club de jazz. Il lui propose de créer un orchestre de jazz en quelques semaines pour une somme d’argent inespéré pour le gamin de Minta. Richard, qui n’avait jamais entendu parler du jazz, passe ses jours et ses nuits à explorer cette musique, jusqu’à la révélation en écoutant un disque de Jaco Pastorius. Enthousiasmé par la vélocité du jeu du bassiste de Weather Report, il se convertit aussitôt à ce nouvel instrument.

A 22 ans, il débarque en Europe et fréquente quelques temps le conservatoire de Düsseldorf en Allemagne. Puis il gagne Paris, suit de nouveaux cours de musique pour se familiariser avec le répertoire, mais une fois de plus, il fait trop souvent l’école buissonnière. Richard Bona écume les boîtes de jazz, rejoint le fameux quintet d’Eric Le Lann et participe à une tournée en Afrique de l’ouest et du nord, qui fera l’objet d’un enregistrement. Parallèlement, Richard multiplie les apparitions auprès des plus grands musiciensinstallés dans la capitale : Jacques Higelin, Mario Canonge, Didier Lockwood, Manu Dibango, pour n’en citer que quelques-uns.

En 1995, il est finaliste du concours Découvertes de Radio France Internationale, avec "Eyala", une ballade acoustique inspirée par la tragédie de la guerre en ex-Yougoslavie, qui séduit le jury. La fin de l’aventure française s’achève en 1995 lorsqu’il triomphe dans une salle branchée de la capitale, le Hot-Brass.

D’un continent à l’autre

Cette année-là, la France ne lui reconduit pas son titre de séjour, les autorités prétextant que 1604 (!) bassistes français sont au chômage. Déçu, Richard ne compte que sur son talent et s’envole pour les Etats-Unis où il réside désormais. New York, cosmopolite et reconnaissante envers les talents d’exception, semblait attendre le bassiste prodige camerounais.

A New York, Richard Bona multiplie les engagements dans les clubs de jazz. Jake Holmes, auteur de nombreux succès pour Harry Belafonte, le remarque et l’engage comme directeur musical sur les spectacles du fameux crooner américain. La liste de ses collaborations avec les plus grandes stars américaines est longue, Richard se glisse dans l’univers de chacun avec une étonnante facilité. De Paul Simon à Chaka Khan, de Queen Latifah à Harry Conick Jr, en, passant par Tito Puente, George Benson, Herbie Handcock ou encore Bobby Mc Ferrin. Il travaille avec des musiciens de tous horizons, toujours en quête de nouvelles sensations musicales, dans le jazz, la salsa et même la country! Nombre de bassistes au chômage en France doivent envier un tel palmarès, et finalement, le non-renouvellement de sa carte de séjour a sans doute été, pour Richard Bona, la chance de sa vie.

Au fil de ses prestations unanimement appréciées, ce musicien hors-pair est ainsi remarqué par le saxophoniste Brandford Marsalis, qui décide de le faire signer chez Columbia Jazz. Richard Bona sort son premier album "Scenes of my life" en 1999, qui révèle un fin mélodiste, entre jazz, pop et musique africaine, et un conteur qui évoque sa foi en Jésus-Christ, les enfants des rues en Roumanie, ou encore l’angoisse dans l’attente d’une naissance.

Pour son deuxième album, "Révérence", avec la participation du guiratiste Pat Metheny et du saxophoniste Michael Brecker, Richard Bona plonge plus profondément dans ses racines et s’inspire des musiques traditionnelles. Il évoque les forêts qu’on détruit, les mariages forcés en Afrique, son enfance au Cameroun, le train qu’il prenait pour aller jouer au football... En novembre 2001, il se produit au New Morning à Paris et, comme lors de tous ses concerts, commence avec une chanson dédiée à sa mère, aujourd’hui disparue.

Il avait annoncé que son futur album serait instrumental, mettant sa voix sous silence. Heureusement, Richard Bona ne tient pas promesse et ses admirateurs se délectent de "Munia - The tale" son troisième album en 2003. Pour cela, il change de maison de disques, refusant le concept de la précédente, qui lui suggérait «de reprendre Sting et de faire "I’m an african in New York". Avec "Munia", Richard chante toujours sa révolte, pour la défense des siens et des plus faibles, devant la cruauté du monde moderne. Salif Keita le rejoint sur un titre, "Kalabancoro, le rejet et l’oubli" et un instrumental, "Painting a wish" qui rend hommage à Miles Davis.

En novembre 2003, il s’installe pour deux soirées à La Cigale à Paris.

Refusant comme toujours de s’enfermer dans un style, dans une chapelle, Richard Bona participe avec Lokua Kanza et Gerald Toto à l’album "Toto, Bono, Lokua" qui sort en avril 2004 sur le bien nommé label No format. Il signe quatre chansons.

Le 7 mai 2004, le bassiste reçoit aux Victoires du jazz le prix du meilleur artiste international de l’année 2003 : une consécration pour celui qui fait désormais partie du cercle très fermé des musiciens africains internationalement reconnus.

© RFI Musique
Source rfimusique

rfi musique
Rédigé le Samedi 24 Février 2007 à 18:32 | Lu 2260 commentaire(s)





1.Posté par RAYMOND EBASSI BELIBI AKAMBA le 07/03/2008 03:32 | Alerter
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Bona en concert à PARIS POUR BIENTÖT!! Aimerais avoir des infos et sur tout le rencontrer lors de son passage dans la capitale française.


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