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Quand j'ai signalé mon viol à la police, on m'a arrêtée

Kenya

Maureen, âgée de 17 ans, travailleuse du sexe à Mombasa, est arrivée dans cette ville côtière du Kenya il y a six mois en provenance de sa ville natale de Kisii, dans l'ouest du pays. Toujours très affectée par le divorce de ses parents, elle a raconté comment elle s'était retrouvée à devoir gagner sa vie en vendant son corps.


kisii
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« Pendant toute mon enfance, mes parents se disputaient beaucoup. Mon père se saoulait et jetait ma mère dehors, pour qu'elle passe la nuit hors de la maison. Ils se sont séparés puis remis ensemble de nombreuses fois, mais cela se terminait toujours mal à cause de l'alcool ».

« Quand j'étais en classe de [CE2, âgée de huit ans], ma mère a finalement craqué et elle est partie pour de bon. Mon père nous a laissé avec sa mère, ma grand-mère ; il a dit qu'il ne pouvait pas s'occuper de nous ».

« J'ai abandonné l'école après [le CE2] et j'ai aidé ma grand-mère à s'occuper des plus jeunes ».

« L'année dernière, j'ai commencé à aller en ville [à Kisii] pour chercher de l'argent. Dans les bars, les hommes me donnaient de l'argent et je couchais avec eux. Au bout d'un moment, une de mes amies m'a dit que je perdais mon temps à Kisii ; elle a dit qu'il y avait beaucoup plus d'argent à gagner à Mombasa ».

« Je suis venue en février et j'ai commencé à travailler tout de suite ; je travaille dans une rue très fréquentée, où il y a beaucoup de bars. Je gagne plus d'argent que je n'en ai jamais gagné avant -environ 300 shillings [4,50 dollars] par client, mais mon loyer est de 350 shillings [5,30 dollars] par jour, donc je dois gagner assez d'argent pour [payer] le loyer et la nourriture. C'est un travail difficile mais je n'ai pas d'éducation ou de formation, donc je n'ai pas d'autre option ».

« J'ai dû m'endurcir -quand je suis arrivée au début, j'étais naïve et on pouvait facilement m'escroquer. Un jour, un homme est venu me voir dans la rue et il m'a payée 1 000 shillings [15 dollars] d'avance ; il a dit qu'il m'emmenait chez lui, mais quand on est arrivé là-bas, cinq autres hommes étaient là et ils m'ont violée ».

« Le [lendemain] matin, je suis allée à l'hôpital et on m'a donné des médicaments à prendre pendant une semaine. J'ai aussi fait un test VIH, qui était négatif. Depuis lors, je ne peux plus accepter d'avoir des relations sexuelles sans préservatifs, mais parfois ils éclatent ou ne fonctionnent pas correctement. Je vis dans la peur d'être infectée au VIH ».

« Quand j'ai signalé mon viol à la police, on m'a arrêtée [parce que j'étais] une prostituée. J'ai été enfermée pendant un mois. Quand je suis sortie, je suis retournée dans la rue où j'étais pour continuer mon travail ».

« Je pense beaucoup à mes frères et sours restés à la maison. Ils me manquent vraiment. Je suis retournée chez moi une fois, mais il y a trop de souvenirs douloureux et c'est trop difficile ; je ne pourrai jamais retourner vivre là-bas ».

Source © IRIN

IRIN
Rédigé le Vendredi 17 Octobre 2008 à 21:38 | Lu 1456 fois | 0 commentaire(s)


Tags : kenya, viol




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