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Patrick BIKOUMOU

Il faut respecter la mer

« On se donnait rendez vous à la pierre en forme de pyramide, devant la Côte Sauvage, avec des amis. Nous étions en 1974 quand j’ai pris ma première planche, juste un peu plus grande que celles que nous avons maintenant. C’est là que j’ai commencé à surfer. Après, quand j’ai eu 19 ans je suis allé là-bas vers ces pays et ces plages d’Australie et d’Indonésie où le surf est réellement un sport important ».


Patrick Bikoumou                         © Olivier Bikoumou
Patrick Bikoumou © Olivier Bikoumou
Ce sont les souvenirs de Patrick Bikoumou, un des premiers surfeurs de Pointe-Noire. En fait c’est lui qui de nos jours continue à perpétuer et à promouvoir ce sport, le surf, qui n’est pas encore très populaire parmi les Congolais. Pendant presque toute l’année, il entraîne de nouveaux surfeurs, toujours avec une consigne claire : « il faut respecter la mer ; elle est jolie, mais tout d’un coup elle peut devenir très dangereuse et ça il ne faut jamais l’oublier ». C’est pour cela peut-être que les plages de la ville voient passer beaucoup de Congolais, mais que très peu d’entre eux plongent dans l’eau.
En fait à Pointe-Noire, le profil du surfeur a le visage d’un expatrié, pour deux bonnes raisons : la première, c’est le prix de la planche qui, même d’occasion, peut osciller entre cinquante et cent mille francs CFA ; la deuxième raison, c’est la peur du Congolais à mourir par noyade.
A Pointe-Noire, les quelques Congolais qui pratiquent ce sport sont ceux qui se sont rapprochés de Patrick avec l’envie et la curiosité d’essayer quelque chose de nouveau. Les seules conditions que Patrick impose à ses élèves sont celles de savoir nager et d’être des personnes sérieuses pour pouvoir mériter de surfer sur une planche.

Pour le surfeur, aller dans la mer c’est quelque chose de cathartique. C’est une communion avec la nature, une sensation de liberté. Ils attendent, impatients, les vagues irrégulières qui arrivent d’Afrique du Sud et de Namibie via l’Angola. La Côte Sauvage, L’Ambassade ou La Numbi sont de très bons endroits à Pointe-Noire pour expérimenter la capture de l’énergie des vagues, pour reprendre le langage argotique des surfeurs. Ils glissent sur l’eau, harmonisent les mouvements du corps et exécutent de nombreux passages sur la houle. Tous cherchent une belle vague capable de les transporter ailleurs.
Patrick a l’intention de créer un jour une Fédération Congolaise de Surf. Cela aiderait sans nul doute à vulgariser ce sport. Mais entre-temps il faut organiser des compétitions pour que les gens puissent le connaître. En ce moment, le seul rendez-vous de ce type au Congo, c’est celui qu’il organise avec ses enfants et qui réunit environ une quarantaine de personnes. Le prochain rendez-vous est prévu pour mars 2014. A partir du mois de Mars, la mer n’est pas très forte. L’eau est chaude et dans la ville il y a beaucoup de monde.
En ce temps de saison sèche, les plages de Pointe-Noire sont quelque peu vides, orphelines de leurs surfeurs. Juin à Septembre n’est pas une bonne période. Alors, en attendant, les planches sont enfermées dans les garages.

Rédigé le Samedi 6 Juillet 2013 à 11:57 | Lu 1343 fois | 0 commentaire(s)






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