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Nicole Willis

A la pointe du rétro

La chanteuse américaine exilée en Finlande délivre une soul anachronique, mais parfaitement maîtrisée


PHOTO: JIMI TENOR
PHOTO: JIMI TENOR
Elle éclate d’un rire crépitant qui confirme un timbre profond, assumé jusque dans les esquilles du naturel. Nicole Willis répond par le détour de l’hilarité à une question légitime: qu’est-ce qui fait de Keep Reachin’ Up un album actuel, et pas une sortie de 1968? La femme de Jimi Tenor livre un disque à la pointe de l’anachronisme, de la composition à la production, des paroles à l’interprétation. Une soul 70’s digne de Détroit, qui pousse pourtant plus au nord encore. L’Américaine exilée en Finlande est secondée par les Soul Investigators, responsables de la direction de l’album (produit par Didier Selin) et de ses arrangements luxuriants. Claviers tressautants, guitares tintinnabulantes, cordes ondulantes, vents effrontés, sonorités englobantes de l’analogique… L’importance décisive du groupe scandinave dans l’intérêt de ce premier album conjoint relève de l’évidence. Et ce à tel point que Nicole Willis se prend à parler de son premier album tout court, alors que Keep Reachin’Up est de facto son troisième. “Un groupe. C’est vraiment ce sur quoi tient cet album.”

C’est que les qualités d’interprète de la chanteuse new-yorkaise ne suffiraient pas à elles seules à emballer l’auditeur dans cette parfaite mystification rétro. Celle qui compose paroles et mélodies ne se met pas à l’abri de challenges vocaux qui dévoilent ses maximums. Les aigus la perdent, et ses quelques éclats dénoncent un manque de coffre et de vraie audace sensuelle dont étaient capables ses rivales 60’s et 70’s. “Je ne suis pas du genre à travailler ma voix. Plus important que le côté technique: j’aime ce que je fais.” De parfaits tubes soul. De parfaits hits funk. De parfaites perles radio. De parfaits canevas pour le live.

http://vibrationsmusic.com

Par Loise Cuendet
Rédigé le Mardi 17 Juillet 2007 à 16:57 | Lu 1595 commentaire(s)




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