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Ngampika Mpéré

Le griot prône toujours l’unité

(Kimpwanza) -Ngampika MpéréGriot de talent, Ngampika Mpéré est un artiste qui œuvre pour la reconstruction du Congo. En 26 ans de carrière, il a représenté le Congo dans de grands-messes culturelles, en Afrique et en France. Avec son groupe traditionnel, Mafoula, Ngampika Mpéré défend le rôle qui est le sien, protéger et défendre les valeurs traditionnelles.


Ngampika Mpéré a été invité à toutes les éditions du Festival Panafricain de Musique (FESPAM) en sa qualité de griot porteur d’un message de paix.

Du rôle du griot dans la société africaine, congolaise notamment, Ngampika Mpéré dit : «C’est un poète lyrique, un narrateur, parce que c’est lui qui restitue l’histoire. Il fait des contes, des épopées. La fonction de griot est très importante dans la société africaine. Le griot est un sage de l’Afrique. C’est aussi un juge impitoyable. Il n’est pas flatteur. Le griot est capable de nous dire : ne vous battez pas, car vous êtes les enfants d’une même famille.»

Le griot, ajoute-t-il, prône toujours l’unité, jamais la division. Il défend une culture, des valeurs.

Le griot reste traditionaliste, car, poursuit-il, un homme qui n’a pas de tradition n’a pas de passé. Il est comparable à un arbre sans racines.

Dans le royaume Téké, déclare t-il, la queue de buffle est : « le symbole de la puissance. Le chasse-mouches représente la justice. La couverture de panthère est le totem des Tékés. Quant au raphia, je suis heureux que tout le monde aujourd’hui l’ait adopté comme tissu national puisque c’était déjà le cas dans la société téké.»

L’art du griot, affirme l’artiste, se perpétue de père en fils, par la transmission maternelle ou paternelle.

Pour son cas, il l’a hérité de son défunt père, Martin Mpéré, en 1980, alors qu’il n’avait que 26 ans.

Ngampika Mpéré a participé à plusieurs festivals dont le Festival de la culture des Tékés à Kinshasa en 2001, Festival de l’oralité d’Abidjan et a remporté un prix significatif dans sa carrière, le Prix du jury du Festival de la culture et des arts du Congo en 1981.

Des instruments et des danses utilisés par son ensemble, le griot répond : «Mafoula utilise le tam-tam qu’on appelle «Tima». Nous utilisons au moins la calebasse qui joue le rôle des maracas et puis d’autres tam-tams qu’on nomme «Indzoua». En ce qui concerne les danses, nous dansons celles des Lalis de la Lékoumou ou des Tékés de l’Alima dans la Cuvette-Ouest et embrassons jusqu’aux danses du Haut-Ogoué au Gabon. Nous avons recueilli les musiques du Royaume Téké qui s’étendait jusqu’en Guinée-Équatoriale. Nous avons reconstitué l’unité culturelle des Tékés.»

A qui laissera-t-il l’héritage, au cas où il mourrait ? Le défenseur de la culture Téké certifie : «Je ne sais pas. Peut-être à un de mes enfants ou de mes neveux. Je crois qu’il faut un temps de mûrissement pour que ces choses éclatent au grand jour. On n’a pas à s’inquiéter pour cela. Au sein du groupe Mafoula, j’ai commencé à initier une femme. Je lui apprends à continuer cette œuvre qui risque de disparaître si on n’y prend pas garde.»



EYMARD LAWSON MOUTEHO
Rédigé le Vendredi 28 Avril 2006 à 09:10 | Lu 2582 commentaire(s)




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