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Nelson Mandela, l'Africain du XXe siècle

Mandela, dans la prison de Robben Island (1964-1982)

Nelson Mandela nous a quittés, le 5 décembre. Dans ce dossier les grandes périodes de sa vie. Des textes tirés pour l'essentiel de "Mandela, The Authorized Biography", par Anthony Sampson, publié pour la première fois en 1999 et plusieurs fois réédité depuis (HarperCollins Publishers, 2011, 704 p.).


Nelson Mandela à Robben Island, à une date non déterminée. © IDAF
Nelson Mandela à Robben Island, à une date non déterminée. © IDAF
Mandela restera en prison d’abord sur l’île de Robben Island, de juin 1964 à avril 1982, puis à Pollsmoor, jusqu’en décembre 1988, et enfin à la prison Victor Verster, jusqu’au 11 février 1990. Mais loin d’être oublié, fort de sa conviction que « l’homme se fait lui-même » et qu’il est « le maître de son destin » (selon les vers de William Ernest Henley qu’il aimait à répéter), il s’y forgerait, face au gouvernement sud-africain et aux yeux du monde entier, une autorité et un prestige qui allaient changer le cours de l’Histoire.
Avec Mandela arrivèrent à Robben Island six autres prisonniers condamnés à perpétuité, dont ses amis Walter Sisulu et Ahmed Kathrada, ainsi que Govan Mbeki. Il y retrouvèrent une trentaine d’autres prisonniers politiques. Le gouvernement avait jugé bon de les rassembler « pour éviter la diffusion du poison ». Ce sera, dira Mandela, son erreur la plus grave, car les échanges entre les groupes rivaux – ANC, PAC, marxistes, Indiens, Métis – allaient leur permettre de s’entendre sur un front commun. Robben Island s’est transformée en laboratoire politique et en université.

Robben Island s’est transformée en laboratoire politique et en université.

Les conditions de vie étaient très dures : réveil à 5 h 30, un seau d’eau froide pour la toilette, petit déjeuner dans la cour avec un bol de porridge. Les prisonniers devaient ensuite casser des cailloux jusqu’au sommaire repas de midi, et recommencer jusqu’à 16 heures. Une demi-heure de toilette, et ils rentraient dans leurs cellules. Le couvre-feu était à 20 heures, mals elles étaient éclairées toute la nuit par une ampoule de 40 watts.
En janvier 1965, les prisonniers furent contraints de travailler dans une carrière de calcaire. La chaleur y était écrasante et la lumière aveuglante. Ils durent attendre trois ans pour avoir droit à des lunettes noires, et la vue de plusieurs d’entre eux, dont Mandela, en souffrit.
Sous la pression internationale et notamment celle de la Croix-Rouge, les conditions de vie des prisonniers s’améliorèrent par la suite. Un nouveau directeur, le colonel Willie Willemse, nommé en décembre 1971, reçut de Pretoria l’ordre de « changer l’atmosphère ».
Mandela lui-même avait appris l’afrikaans et le parlait couramment, même si c’était avec un accent « atroce ». Il s’informait sur l’histoire et la littérature afrikaners. Il cultivait un jardin où il faisait pousser tomates et laitues, radis et pastèques. En 1980, Mandela put reprendre ses cours de droit à l’université de Londres. L’année suivante, il faillit même en être élu chancelier, ne le cédant qu’à la princesse Anne.

Coupé de sa famille
Le plus dur pour Madiba était d’être coupé de sa famille. Et Il en serait ainsi jusqu’à la fin. II souffrait, en particulier, de ne pas voir son fils aîné, Thembi, qui avait 16 ans lorsqu’il fut condamné. Thembi ne lui écrivait même pas. Il se maria très jeune, eut deux enfants et trouva la mort dans un accident de la route en 1969. Mandela envoya à la mère, Evelyn, une lettre de condoléances. C’est le seul contact qu’il eut avec elle en vingt-sept ans. Elle-même persécutée par la police, Winnie eut le droit de le voir pendant une demi-heure en août 1964, sous surveillance. On autorisa une deuxième visite deux ans plus tard. Ils décidèrent de mettre leurs deux filles en pension dans une école multiraciale du Swaziland.
Par la suite, Winnie fut interdite de séjour pendant cinq ans, mais eut droit à une troisième visite en 1971. Elle put encore revenir avec leurs deux filles en décembre 1975. Mandela et Winnie avaient l’autorisation, cependant, de s’écrire, et elle resta jusqu’à sa libération sa fontaine de Jouvence et sa principale source d’informations politiques.

Sur le fond, la situation resta bloquée pendant les années qui suivirent. Paradoxalement, avec la pression morale exercée sans relâche par tout le continent africain, mais aussi avec les sanctions internationales qui frappaient l’économie sud-africaine à partir de la fin des années 1970, le temps jouait en faveur de Mandela. En février 1981, le nouveau ministre de la Justice, Kobie Coetsee, demanda un rapport détaillé sur le prisonnier de Robben Island. La conclusion : « Il ne fait pas de doute que Mandela possède toutes les qualités pour être le leader noir numéro un de l’Afrique du Sud. Son séjour en prison n’a fait que renforcer, au lieu de diminuer, sa position psycho-politique, et il a acquis en prison le charisme caractéristique des grands leaders des mouvements de libération contemporains.

Source Jeune Afrique

Par Jeune Afrique
Rédigé le Samedi 12 Décembre 2015 à 08:00 | Lu 719 fois | 0 commentaire(s)






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