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Moké Film Festival

Un panaché de court-métrages à Pointe-Noire

Le réalisateur Congolais et directeur de la Fondation Basango, Wilfrid Massamba, organise du 2 au 6 août à Pointe-Noire la première édition du Moké Film Festival. À travers ce festival, W. Massamba souhaite établir un échange interculturel entre les réalisateurs Congolais et les réalisateurs étrangers. L’homme à la double casquette dévoile dans cette interview les raisons de la création de ce festival et les raisons de son déroulement à Pointe-Noire, la ville océane.


Affiche officielle Moké film festival © Wilfrid Massamba - 2016
Affiche officielle Moké film festival © Wilfrid Massamba - 2016
BM : Pourquoi avoir choisi l’appellation “Moké” ?
Wilfrid Massamba : Moké veut dire petit ou court, comme court–métrage. Les productions que nous choisirons seront des travaux de moins de 30 minutes pour les films en compétition. Réaliser un long métrage est très coûteux. Il est beaucoup plus facile de débuter avec un court. A la télévision, on diffuse énormément de films courts d’une minute par exemple, parce qu’un film d’une minute aura autant d’impact sur le téléspectateur qu’un film long.

Brazzamag: Comment vous est venue l’idée du festival Moké ?
J’ai commencé par créer un festival de musique et j’ai toujours eu envie d’organiser un festival pour le cinéma. Pourquoi Pointe-Noire ? Parce que c’est une ville cosmopolite, portuaire donc ouverte sur le monde. Pour nous, c’était naturel après avoir organisé le Basango Jazz Festival, il était donc naturel de s’orienter vers un festival de cinéma pour donner la possibilité aux réalisateurs congolais de pouvoir montrer leurs productions et aux réalisateurs étrangers de connaître le Congo et ses talents.

BM: Quels sont les objectifs de ce festival ?
L’objectif est de mettre en avant la production congolaise pour que les productions puissent se montrer à l’étranger via notre plateforme et idéalement participer à d’autres festivals à l’échelle internationale.

BM: Quels genres de films avez-vous prévu de projeter ?
Nous sommes ouverts à tous les genres de créations. Il y aura des documentaires, de la fiction, de l’animation… Nous ne cherchons pas à enchaîné les réalisateurs à une catégorie. Nous avons reçu des films venant de la RDC qui est le pays hôte, du Cameroun, du Burkina, du Sénégal, du Maroc, de la Tunisie, du Bénin, du Mexique, d'Espagne entre autres ainsi que des films du Congo Brazzaville. Permettre aux réalisateurs congolais de découvrir le travail des autres. Une interaction entre producteurs, réalisateurs, diffuseurs et acteurs de l’industrie cinématographique du monde.

BM: Que pensez-vous des “50 ans du cinéma congolais” célébré l’année dernière ?
Le cinéma congolais des années 1970 a vu naître de bons réalisateurs, mais nous sommes restés au stade embryonnaire. Il faut redonner un coup de pouce au cinéma congolais et encourager les nouveaux réalisateurs, leur permettre de diffuser leurs oeuvres, leur procurer des financements… Nous avons aussi décidé d’organiser ce festival ici parce qu’il y a une vraie salle de cinéma à Pointe-Noire, une belle salle de 150 places. Il faut que les réalisateurs congolais puissent découvrir leurs films sur un grand écran.

Les 50 ans du cinéma congolais ont permis à notre cinéma local d’exister. Néanmoins, ce dernier n’a pas beaucoup évolué. Concrètement, il n’y a rien eu de nouveau à l'international, les films congolais ne sont quasiment invisibles. Il faut tout faire pour découvrir les nouveaux talents et cela en allant les chercher. Les festivals sont aussi un lieu d’apprentissage car c’est en ayant des retours et des critiques qu’on évolue.

BM: Qui sont vos partenaires ?
Majoritairement, nous entamons cette aventure avec nos propres moyens. Nous avons eu la chance d’avoir des partenaires comme Canal+ via sa filiale africaine A+, TNT Africa, Bralico, Confort' Car, EDEN Hôtel et bien d'autres sans oublier le collectif des cinéastes congolais de la RDC. Nous voulons montrer la différence entre les deux Congo pour comparer ce qui se fait à Kinshasa et ici, à Brazzaville. Il ne s’agit pas seulement de comparaison mais aussi d’échange, de partage et d’apprentissage. Notre partenariat avec Canal+ permettra aux meilleurs réalisateurs congolais de pouvoir diffuser leurs films sur A+. Ces chaînes africaines émergentes représentent un bon tremplin pour les cinéastes débutants.

BM: Quels sont les prix réservés aux gagnants ?
Il y a cinq prix qui seront distribués : le Grand Prix du festival, le Prix Spécial du Jury, le Prix du meilleur film, le Prix de la Presse et le Prix du Public. Les critères porteront sur la qualité des réalisations et les sujets traités. L’idée, c’est d’avoir un produit vendable. Nous nous sommes engagés à pouvoir vendre les films aux chaînes de télévision partenaires. Les films primés lors du festival pourront aussi participer à des projections non commerciales ponctuelles lors d’événements hors festival.

BM: De qui sera composé le jury de ce festival ?
Le jury sera composé de personnes évoluant dans la sphère culturelle nationale et internationale.

BM: Pensez-vous que les Congolais s’intéressent assez au cinéma ?
Il y a un certain intérêt, oui. Rien qu’avec les avancées technologiques, énormément de jeunes s’essaient à la photo ou à la vidéo. Pour passer du montage d’un clip à la réalisation d’un film, il n’y a qu’un pas. Certains osent aller de l’avant et c’est comme ça qu’on évolue. Mais on doit quand même se former pour devenir réalisateur. Même s’il n’y a pas d’écoles de formation ici, on peut apprendre sur internet. C’est faisable, il suffit de se battre. Nous, de notre côté, nous nous battons pour que ça marche. C’est pour quoi nous lançons ce festival. En premier lieu pour faire découvrir aux spectateurs les productions locales et de deux, pour permettre à ceux qui veulent se lancer dans le cinéma d’apprendre et d’élargir leurs horizons.

Source BrazzaMag

BY JESSICA MIMI / BRAZZAMAG
Rédigé le Vendredi 27 Mai 2016 à 13:11 | Lu 3413 fois | 0 commentaire(s)






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