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Mayra Avellar

Raconte la vie dans la favela de Vila Cruzeiro

La jeune Mayra Avellar a obtenu le Children's Peace Prize en 2008 pour avoir organisé une manifestation contre la violence liée aux drogues dans sa favela. Ici, elle raconte comment la bataille entre la police et les trafiquants affecte les vies des membres de sa communauté.
Mayra découvre les dommages laissés par les coups de feu tout autour de la favela.


Mayra Avellar
J’ai 17 ans et je vis à Vila Cruzeiro, un des bidonvilles ou favelas de Rio de Janeiro, Brésil.

Vila Cruzeiro est situé au nord de la ville. Environ 120000 personnes vivent ici et par moments, ce peut être un endroit difficile à cause de la violence. Elle nous frappe quand nous nous y attendons le moins. Nous sommes alors incapables de faire quoique ce soit. Nous ne pouvons pas nous rendre à l'école, les gens ne peuvent pas aller travailler et nous devons arrêter nos vies.

Les confrontations violentes arrivent souvent près de l'une des écoles au centre de Vila Cruzeiro. Il y a des trous de balles dans les murs. Il y a eu des fois où les voitures blindées de la police se sont arrêtées à côté de l'école, et les coups de feu ont éclaté de tous les côtés.

Une balle est entrée par la fenêtre de ma maison et a frappé mon ordinateur

Nathan, âgé de neuf ans

Regina est une enseignante qui a travaille ici depuis 28 ans. Elle dit qu'elle aime ce qu'elle fait, mais ajoute : "quand la violence se produit, elle est très intense. Les enseignants et les enfants se sentent mal, et s'évanouissent quelquefois.

"Cela interfère sur l’apprentissage des enfants. Dieu merci rien n'est jamais arrivé à aucun des élèves dans l'école, mais il y a des trous de balle dans les murs."

Zaira Florinda Costa da Cruz est enseignante dans la favela depuis 10 ans. Elle dit qu'il est très difficile de trouver des enseignants pour y travailler, car ils apprennent par les médias que c’est un endroit pire que la dans réalité.

"Je travaille dans une autre école et là ils me demandent comment j'ai le courage de travailler ici à Vila Cruzeiro," dit-elle. "Je leur dis que j'aime travailler dans cette école, les enfants me respectent."

L’opinion des enfants


Leone a 10 ans. Elle dit qu'elle aime vivre dans la favela, mais n'aime pas les fusillades. "J'ai vu un de mes amis se faire tirer dessus et être ensuite porté à l'hôpital," dit Leone.

Un projet d'art a pour but d’égayer Vila Cruzeiro. Elle dit qu'elle est triste quand son école doit fermer, car elle ne peut pas étudier. "Il y a beaucoup de gens qui ne peuvent pas lire et écrire à cause des meurtres ici," dit-elle. Personne ne peut rien apprendre."

Nathan Bezarra da Costa a neuf ans et vit aussi à Vila Cruzeiro. La violence l’inquiète et a été une fois pris dans une bataille de rue entre la police et les revendeurs de drogue.

" Il y a eu un échange de coups de feu et une balle est entrée par la fenêtre de chez moi et a frappé mon ordinateur. Je criais," dit-il. Il vit maintenant avec sa grand-mère parce qu'il dit que sa maison est cachée et il pense qu’il sera protégé des balles à cet endroit

Je crois que la société nous stigmatise. Certaines personnes pensent que chaque personne qui vit ici est un revendeur de drogue, mais ce n'est pas vrai. Les gens ici travaillent, ils font des études et ils veulent seulement un meilleur endroit pour vivre.

Traduit de l’Anglais par Guy Everard Mbarga

http://news.bbc.co.uk/2/hi/americas/7991694.stm

Guy Mbarga
Rédigé le Mercredi 22 Avril 2009 à 02:43 | Lu 835 commentaire(s)




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