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MIKA

L’ÉTOILE MONTANTE DE LA PEINTURE POPULAIRE

A 35 ans, il trace son chemin avec sérieux et constance dans le sillon d’une peinture figurative et accessible. Un de ses tableaux fait d’ailleurs l’affiche principale de l’exposition “Beauté Congo”.


C’est le porteur de la flamme, l’un des talents les plus prometteurs de sa génération. Formé par Chéri Cherin, JP Mika s’inscrit dans une lignée, celle de la peinture populaire, qu’il revisite avec ses propres codes.
Il n’a que 35 ans, mais il sait où il va. « Je ne doute pas car ça pourrait m’affaiblir », dit-il, sans arrogance. Il était déjà sûr de lui quand il dessinait à l’école primaire et que son talent bluffait ses camarades. Tout aussi affirmé quand il a intégré en 2006 l’académie des beaux-arts de Kinshasa. Il y fourbit les techniques, mais en quitte le carcan en rejoignant l’année suivante l’atelier de recherche en art populaire de Chéri Cherin. « La peinture populaire s’attache à la masse, explique-t-il. On parle des vécus quotidiens. L’abstraction ne m’intéresse pas car l’artiste doit être là pour expliquer pourquoi il a mis du rouge, quelle était son intention… La peinture populaire se comprend même quand l’artiste n’est pas là. »
Au milieu de gravats, dans un semblant d’atelier aux murs maculés qu’il s’est créé dans une ruelle jouxtant la maison de son frère, Mika peint tous les jours, avec assiduité, indifférent au glouglou de la marmite et au babil des mômes. Enfant prodige plutôt que fils prodigue, il vit de son art et soutient sa famille. Artiste idéal, tout à sa tâche, il est le gendre parfait. Il affirme ne pas boire ni fumer, ni vouloir être polygame contrairement à son père,
« ambianceur » de son état.


Avec le même sérieux, il déclare vouloir peindre la joie de vivre dans des compositions où de jeunes gens rient à gorges déployées. Le bonheur et la joie, tel est d’ailleurs le titre du tableau qui sert d’affiche à « Congo Kitoko » à la Fondation Cartier. Un couple d’élégants danse, insouciant. « Je ne veux pas montrer les failles, la souffrance, parce qu’il y a toujours de l’espoir. Je veux donner du courage », déclare Mika. Et de poursuivre : « Beaucoup de Congolais n’ont pas envie de vivre ici. Nous vivons avec l’argent venant d’ailleurs. Moi je ne veux pas abandonner tout ça pour tester l’Europe. L’Europe, c’est le cimetière des artistes. Je ne veux pas abandonner le don que Dieu m’a donné. »

Mika a beau vouloir voir la vie en rose, du moins en couleurs, ses toiles virent parfois à l’aigre. Un tableau de 2011, où il se met en scène aux côtés de politiciens tels que Sarkozy et Obama, s’appelle les Tourments du monde. On y reconnaît la veine critique et le goût du fignolage de son mentor, Chéri Cherin. Mika a le respect des maîtres, il ne s’en cache pas. Il leur a d’ailleurs rendu hommage dans deux toiles, Le goût de la réussite et les Casseurs de pierre, où il apparaît avec d’autres peintres populaires tels que Chéri Samba, Chéri Cherin ou Shula.
Son style propre, il l’a développé depuis cinq ans, en peignant sur des toiles tissées fleuries qu’il déniche sur les marchés. S’il soigne l’anatomie, comme enseigné à l’académie, il lâche la bride question couleur. Dans un tableau récent, il a remplacé le visage d’une jeune femme par une composition de fruits et légumes, à la manière du peintre maniériste italien du XVIe siècle, Giuseppe Arcimboldo. « Les Kinoises sont artificielles, elle se maquillent beaucoup, se blanchissent la peau. Tout ça ne m’intéresse pas. J’aime les beautés naturelles. » On vous l’a dit, Mika est le jeune homme parfait.

Source lemonde.fr

Roxana Azimi
Rédigé le Lundi 7 Septembre 2015 à 15:19 | Lu 2105 fois | 0 commentaire(s)






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