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Les Top Modèles noirs discriminés au Brésil

La population brésilienne se caractérise par le nombre élevé d’êtres humains de race noire, presque 50% de la population. Cependant, ce pourcentage n’est pas représenté dans la vie nationale.


Pour se faire une idée, au cours de ce mois dans le cadre de deux événements qui se produisent dans le monde de la mode, les tops modèes noirs sont restés à la porte. Lors du Fashion Business à Rio de Janeiro, les tops modèles noirs ont protesté contre le faible nombre de noirs présents dans la distribution des défilés. Au São Paulo Fashion Week, on n’a presque pas vu de noirs défiler pour les grands noms de la mode. Contrairement à l’année dernière où le SPFW avait choisi la culture africaine comme thème de l’événement, les noirs devenant ainsi les acteurs principaux des passerelles.

Si en 2006, les tops modèles noirs furent utilisées par les stylistes et “servirent leurs créations”, comment se fait-il que ces derniers expliquent cette année que les vêtements qu’ils ont magistralement créé ne matchent pas avec les corps des noires? Et comment se fait-il que d’autres expliquent que la faute revient aux agences qui ne présentent pas de top modèles noirs? La réponse est la suivante : le noir brésilien, comme au temps de l’esclavage continue d’être utilisé quand cela convient aux intérêts des classes dominantes, c’est-à-dire de ceux qui détiennent le pouvoir, que ce soit par le biais de l’argent ou par celui des médias.

Et quand le noir ne sert pas, il n’apparait jamais … Comme ce fut le cas au SPFW et au Fashion Business. Les stylistes accusent les agences de l’absence des tops modèles noirs ; les agences rejettent la faute sur les stylistes qui disent que le corps des noires n’ont pas les mesures parfaites.

Au Brésil, le préjugé se fait à partir du ton de la peau: plus elle est sombre, pire cela est. Aucun autre fait, qui ne soit pas le critère discriminatoire basée sur la couleur des personnes n’explique les indicateurs systématiquement défavorables aux travailleurs noirs, quelque soit la profession.

Mais le secteur de la mode est unique en ce qui concerne le thème de la discrimination ou l’exclusion sociale. Une enquête récente de l’Institut Ethos, Profil Social, Racial et de Genre des 500 Plus Grandes Entreprises au Brésil et leurs Actions Affirmatives (Perfil Social, Racial e de Gênero das 500 Maiores Empresas do Brasil e suas Ações Afirmativas) a démontré que les grandes entreprises font peu dans la pratique, même si elles se disent socialement responsables , et même si leurs présidents défendent la nécessité de promouvoir l’inclusion raciale.

Le discours diffère de l’action. Selon l’enquête, la participation des noirs est de seulement 3,5% parmi les cadres exécutifs. La route est encore longue à parcourir à la recherche de la diversité et de l’équité. Espérons que les polémiques aideront à promouvoir l’inclusion raciale et sociale et à combattre les inégalités.


Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga

http://afrobras.org.br/index.php?option=com_content&task=view&id=3302&Itemid=1


Francisca Rodrigues, directrice de Communication de l’ONG ONG Afrobras

Guy Mbarga
Rédigé le Mercredi 23 Janvier 2008 à 01:56 | Lu 1223 commentaire(s)




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Né à Brooklyn en 2005, le festival alternatif Afropunk a essaimé aux quatre coins du monde, d'Atlanta à Londres, de Paris à Johannesburg en l'espace de treize ans. Présent pour la quatrième fois dans la capitale le week-end dernier, l'événement célèbre l'affirmation des cultures noires décomplexées et dénonce toutes formes de discriminations raciales, physiques ou sexuelles. « Ce mouvement traduit la volonté de dire que les Noirs ne sont pas associés à un type de musique en particulier », précise l'essayiste et documentariste Rokhaya Diallo qui a animé une des deux journées. « C'est une manifestation extrêmement bienveillante qui prône une forme de liberté que l'on croise dans le public », poursuit-elle. « J'adore m'apercevoir que le spectacle est autant parmi les festivaliers que sur scène, dans les looks des gens se dégagent quelque chose de spectaculaire. » Ouvert absolument à tout le monde, le succès de la formule repose sur un savant mélange d'une programmation musicale éclectique mêlée à la mode, l'art et la ripaille avec une vingtaine de food trucks. Preuve du succès, la manifestation a déménagé du Trianon à La Villette l'année dernière et affichait complet pour cette édition avec 8 000 personnes aux styles vestimentaires pointus. Poids plume à côté du mastodonte new-yorkais et de ses 90 000 spectateurs, la déclinaison française attire déjà les voisins, du Benelux à la Grande-Bretagne, puisque près de 40 % du public est étranger.

ROGER MAVEAU
28/11/2018




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