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Les Gumboots mystifient le monde

Géniale et explosive expression esthétique sud-africaine

Les critiques s’arrachent les qualificatifs, les superlatifs pour immortaliser l’impression d’extraordinaire laissée par la troupe sud-africaine qui court les grandes capitales mondiales, les Gumboots.


Les Gumboots
Les Gumboots
Rarement spectacle aura été aussi total, l’art élevé de la danse se conjuguant à celui de la musique, du conte historique, de l’émotion et d’un brin de politique. Rarement il a été loisible de faire du spectacle avec une telle tension humoristique, ludique, tout en sacrifiant à un travail de mémoire serein, sans boursouflure ni excès. Mieux, le plaisir et l’émerveillement du regard extérieur l’emportent aisément sur l’origine sombre de ces chorégraphies qui transcendent en puissance survoltée les chaînes d’un passé moqué, subverti, enchâssé à la roue d’airain du mouvement perpétuel de la création.

Les Gumboots sont la forme conservée, presque ritualisée, adossée à l’industrie culturelle des servitudes des travailleurs noirs sud-africains des mines d’or. Au 19ème siècle, les Noirs autochtones étaient réduits à l’état d’esclaves et de charbons humains dans l’industrie aurifère de leur pays. Les mineurs avaient interdiction de se parler, de communiquer. Ils inventèrent alors un génial langage à partir des bruits de leurs bottes en caoutchouc, les fameuses gumboots, et des cliquetis de leurs chaînes. Cet épisode douloureux a été enregistré dans l’histoire du pays par des danses retraçant ces faits et transmis de générations en générations aux artistes et historiens contemporains. On se souvient d’ailleurs que Myriam Makeba «Mama Africa» exécutait déjà ses danses lors de ses spectacles aux Etats-Unis dans les années 60.

Les Gumboots s’installent donc depuis 1999 dans le paysage des spectacles de niveau international, sillonnant les salles les plus prestigieuses du monde, laissant sans voix spectateurs et même organisateurs souvent blasés par des shows qui tendraient à se ressembler tous, ou à manquer d’authenticité, de vérité, de profondeur. Car les Gumboots ce sont ces trois qualités réunies... sans parler des autres.

Avec un décor planté dans la mine sud-africaine, les chants a cappella ou en chœurs répondent à l’excellence des danses, leur virtuosité, vélocité, leur énergie quasi surnaturelle sur lesquelles plane l’ombre du martial Shaka Zulu. Les harmonies de cette région du monde, merveilleuse et prodigieusement dotée humainement, artistiquement, pour connues qu’elles sont gardent intactes leur magie. Epoustouflantes sont les gestuelles, leurs codes, la mise du corps entier au service du beau, de la créativité, de la fulgurance d’une énergie qui parle, hurle, jubile de la joie de vivre, de survivre. Ce bout d’histoire déroulé dans une profusion indicible de prouesses physiques et esthétiques est comme un livre vivant écrit dans les caractères universels de la représentation artistique. Le spectateur devenant un lecteur acteur dans sa bibliothèque, ne s’en remettra pas que l’histoire sera déjà en lui. Une histoire vraie, une mise en scène du passé au présent, un fabuleux moment de rencontre avec l’imaginaire en chair et en os.

Pour ne rien laisser au hasard, le répertoire chanté n’oublie pas le rituel des hommages qui est affirmation d’un lignage, d’une solidarité humaine, partage d’une histoire. Hommage à Mandela, aux mineurs disparus dans ces mouroirs de la bêtise humaine… Chapeau bas à la bande d’artistes et à leur metteur en scène Zenzi Mbuli.

Sautez sur la première place, en tous cas ne vous refusez pas ce spectacle unique.


Source Afrikara.com

Sakubona / afrikara.com
Rédigé le Jeudi 10 Novembre 2005 à 09:57 | Lu 2380 fois | 0 commentaire(s)





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