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Les Afrocolombiens de Buenaventura

Pauvreté, trafic de drogue et violence

La pauvreté écrasante de cette ville portuaire augmente lorsque l’on pénètre le quartier pauvre du nom de San Francisco, où les enfants nus jouent dans la boue à côté des cabanes sur pilotis.


Buenaventura
Buenaventura
La plupart des résidents sont des Afro-Colombiens qui vivent au quotidien dans la peur de la violence des escadrons de la mort de droite, des guérillas gauchistes, de la police et des trafiquants de drogue qui s’affrontent périodiquement.

Dans la ville appauvrie de 350 000 habitants, ces groupes se battent pour le contrôle du voisinage comme San Francisco dans ce que la presse nationale a surnommé la ville la plus violente de Colombie.

Au cours des dernières années, le nombre d’homicides a atteit ici une moyenne d’environ 300 par année – trois fois plus qu’à San Francisco, Californie (98 en 2007), une ville comptant plus du double en terme de population. À 86 pour 100 000, le taux de meurtre de Buenaventura représente également le double de la moyenne nationale dont le taux d’homicide est près de six fois plus élevé qu’aux États-Unis.


En conséquence, le gouvernement du Président Alvaro Uribe a envoyé des centaines de marines et de policiers pour patrouiller dans San Francisco et d’autres quartiers, dont plusieurs sont situés dans des bidonvilles . La sécurité s’y est depuis un peu améliorée dans les pires secteurs.
"Ce sont les pauvres qui souffrent le plus de cette violence," indique une enseignante de San Francisco qui dit simplement s’appeler Maria par peur de représailles. "On veut tous juste partir

De nombreux experts s’accordent à dire que la violence est enracinée dans la pauvreté.
La privatisation du port au début des années 1990 a éliminé des milliers d’emplois salaries et les pêcheurs locaux ont été frappés par la montée des prix du carburant, la baisse des stocks de poisson et la concurrence des bateaux étrangers. Le déclin de l’économie a contribué aux taux de pauvreté à hauteur de 80%, comparé à 50 % au niveau national, et un taux de chômage de près de 30% , plus que le double de la moyenne nationale selon des chiffres officiels.

La situation désespérée des AfroColombiens a poussé les membres du Caucus Noir du Congrès Américain à bloquer la proposition d’un traité de Libre Échange entre les États-Unis et la Colombie, un effort politique majeur de l’administration Bush et de Uribe, son allié régional le plus fervent.

L’an dernier, le Rep. Donald Payne, D-N.J. a introduit une résolution à la Chambre des Représentants des États-Unis qui reconnaît les conditions de vie misérables de nombreux Afrocolombiens et le taux d’homicides élevé de Buenaventura. Ils ont vivement conseillé à Uribe de consulter les leaders noirs sur les négociations du libre échange et les efforts d’éradication de la drogue.

"Les Afro-Colombiens restent sévèrement marginalisés et disproportionnellement affectés par le conflit armé ," écrivaient les membres du Caucus Noir avant leur rencontre avec Uribe en 2006. "Il y a un déficit chronique de politique et de programmes pour venir en aide aux AfroColombiens, particulièrement en termes de besoin de sécurité, de développement et de droits humains."

Mais d’autres personnes affirment qu’une grande partie de la violence provient des trafiquants de drogue qui utilisent Buenaventura comme port principal pour le chargement de la cocaïne depuis 2000.

De même, depuis 2000, Washington a envoyé plus de 4 milliards de dollars principalement sous forme d’aide militaire pour soutenir la Colombie dans sa lutte contre les trafiquants de drogue et les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC), qui utilisent le commerce de la drogue pour financer leur révolution. Mais même si les guérillas ont été affaiblies au cours des derniers mois par les forces gouvernementales, la production de la drogue est restée stable.

Les spécialistes de la question de la drogue affirment que la Colombie fournit environ 90% de la cocaïne vendue dans les rues des États-unien, même si au cours des dernières années le gouvernement a intensifié l’interdiction de petits avions transportant la drogue en utilisant des systèmes de radar américains. Par conséquent, les cartels de la drogue ont changé pour des bateaux de plus haute puissance et de petits vaisseaux semblables à des sous marins. Et avec ses nombreuses estuaires, la pauvreté répandue et les fonctionnaires publics corrompus, ils ont établi une nouvelle route de transport le long du littoral de Buenaventura , selon ces mêmes experts.

"Quand un homme a faim, il est désespéré et peut facilement être recruté pour travailler dans le narcotrafic," indique Orlando Valencia, un haut fonctionnaire de la ville. "Il devient une personne qui veut tout faire pour survivre."

L’an dernier, les autorités colombiennes ont capturé neuf submersibles – autant que pendant les 13 années précédentes – tandis que les autorités américaines en ont coincé un peu plus sur le large.

Les fonctionnaires indiquent que plusieurs de ces sous marins sont construits dans les bras de mer de la jungle près de Buenaventura et sont équipés de carrosserie en fibres de verre, de moteurs diesel et de systèmes de navigation sophistiqués.

L’an dernier, la Navy a découvert un sous marin dans l’est de la Colombie d’une longueur de plus de 60 pieds, capable de transporter 10 tonnes métriques de cocaïne. En juillet, les autorités Mexicaines ont capturé un sous marin et ses quatre passagers transportant 6 tonnes métriques de cocaïne qui avaient été embarquées à Buenaventura.


"Les contrôles s’intensifient, (les trafiquants) appliquent sans cesse de nouvelles stratégies et utilisent de nouveaux moyens pour faire sortir leur drogue," indique le Colonel Carlos Humberto Serna, commandant de la Navy pour la région de la côte Pacifique.


Pour essayer d’attirer les résidents de Buenaventura hors des griffes des trafiquants et des Farc, le gouvernement Uribe envisage d’investir dans les logements pour des personnes à revenu faible, des bourses universitaires, de nouvelles autoroutes et de nouvelles infrastructures pour l’agrandissement du port.

"Les stratégies existent," affirme Luz Helena Chamorro, un fonctionnaire travaillant au département de l’urbanisme à Bogota, "mais nous ne pourront pas réaliser ces changements en une nuit."

En attendant, Lucy Giralda, une femme travaillant dans le domaine des droits humains et qui a récemment escorté un reporter à travers le quartier pauvre de San Francisco indique qu’elle attend encore de voir plus d’aide de la part du gouvernement.
"Ceux d’entre nous qui vivent cela sont seuls, sans soutien de la part de l’État," dit elle. "Et les jeunes sont remplis de peine, car leurs parents, leurs familles ont été tuées."

Mike Ceaser, Service Étranger du Chronicle

Traduit de l’Anglais par Guy Everard Mbarga

E-mail Mike Ceaser : foreign@sfchronicle.com

http://www.sfgate.com/cgi-bin/article.cgi?f=/c/a/2008/08/30/MN7IVDGI9.DTL

Guy Mbarga
Rédigé le Samedi 6 Septembre 2008 à 07:53 | Lu 1921 commentaire(s)





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Vendredi 5 Juin 2009 - 16:33 CHILI

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