Connectez-vous
BASANGO
Accueil
Envoyer à un ami
Version imprimable
Partager

Le Tiers-Monde se réunit à Bandoeng 18 avril 1955

TISSERANDS DE SONGE

A Bandoeng en ce mois d'avril 1955 se tient une conférence qui réunit des Etats
indépendants et des mouvements indépendantistes des pays d' Afriques et d' Asie. A la tribune de la conférence se succéderont Sukarno, Nehru, nkrumah, Chou En Lai. A l'ordre du jour : La lutte contre le Colonialisme.

Le colonialisme est une vieille maison en ruine qui empeste, qui pue.
Pas moyen de la ravauder:
on y gèle, on y saigne.
Que la pioche teinte;
allons il faut en finir.
Les peines à bout de bras et la joie dans les coeurs, ils sont
le Congo, le Nil, l' Amazonie ;
ils sont le nombre.
A Bandoeng ils portent le fardeau sinon l'espoir d'un milliard
d' hommes et de femmes.
Les nouveaux tisserands de songe ont des
bouquets de rêves.


African Queen
African Queen
Une conférence afro-asiatique se réunit du 18 au 24 avril 1955 à Bandoeng, sur l'île de Java.

Elle rassemble 29 pays dont la Chine de Mao, l'Inde de Nehru, l'Indonésie de Soekarno et même l'Algérie qui n'est pas encore indépendante.

L'Afrique est très mal représentée à Bandoeng car la plus grande partie du continent est encore colonisée. Seules l'Égypte, l'Ethiopie et le Libéria sont pour l'heure indépendants.

Le Maroc et la Tunisie sont prêts à le devenir, l'Algérie est plongée dans la guerre d'indépendance, l'Afrique noire est dans l'expectative.

La Chine maoïste se pose à Bandoeng en rivale de l'URSS pour le leadership du monde communiste.

Trois ans plus tôt, un grand démographe français, Alfred Sauvy, a inventé l'expression tiers monde, par référence au tiers état de la Révolution française, pour désigner l'ensemble des pays pauvres qui se distinguent de l'Occident développé et du monde communiste.

Cette expression va très vite entrer dans le langage courant et se répandre dans le monde.

À Bandoeng, le yougoslave Tito, l'égyptien Nasser et l'indien Nehru revendiquent leur appartenance à un Tiers Monde neutraliste, à égale distance des deux superpuissances, les États-Unis et l'URSS.

Ces leaders prônent le rassemblement des pays pauvres, la lutte contre le colonialisme et la ségrégation raciale, la lutte contre Israël ainsi que l'établissement de relations commerciales équitables entre les pays développés et les pays pauvres.

Deux ans plus tard, une conférence afro-asiatique, au Caire, se solde par la confusion du fait de la présence de l'URSS.

Josip Broz Tito organise une nouvelle conférence en septembre 1961, chez lui, à Belgrade, d'où sont exclus les Soviétiques.

À l'occasion de cette conférence naît le mouvement des pays non-alignés (sous-entendu: qui ne sont alignés ni sur Washington, ni sur Moscou).

Aujourd'hui, la solidarité entre les pays pauvres d'Afrique et d'Asie n'évoque plus qu'un romantisme révolutionnaire obsolète.

L'unité du Tiers Monde n'a pas survécu à l'implosion du monde communiste, à l'échec des expériences progressistes dans les pays en voie de développement, au naufrage de l'Afrique et au décollage économique de l'Extrême-Orient.



basango
Rédigé le Jeudi 27 Mars 2003 à 00:00 | Lu 687 fois | 0 commentaire(s)





À lire aussi :
< >

Jeudi 7 Janvier 2021 - 12:25 Henri Lopes

Mercredi 30 Décembre 2020 - 12:50 Le roi Moe Makosso IV s'en est allé

L'OEIL DE BASANGO | LISAPO | TAM-TAM | TENTATIONS | ÉCONOMIE | DÉCOUVERTE | BASANGO TV | BONS PLANS











Afropunk célèbre la créativité des cultures afro

La dernière édition parisienne du festival underground américain a révélé toute l'étendue des cultures afro-descendantes.

Un foisonnement de couleurs et de motifs influencé par l'Afrique
Né à Brooklyn en 2005, le festival alternatif Afropunk a essaimé aux quatre coins du monde, d'Atlanta à Londres, de Paris à Johannesburg en l'espace de treize ans. Présent pour la quatrième fois dans la capitale le week-end dernier, l'événement célèbre l'affirmation des cultures noires décomplexées et dénonce toutes formes de discriminations raciales, physiques ou sexuelles. « Ce mouvement traduit la volonté de dire que les Noirs ne sont pas associés à un type de musique en particulier », précise l'essayiste et documentariste Rokhaya Diallo qui a animé une des deux journées. « C'est une manifestation extrêmement bienveillante qui prône une forme de liberté que l'on croise dans le public », poursuit-elle. « J'adore m'apercevoir que le spectacle est autant parmi les festivaliers que sur scène, dans les looks des gens se dégagent quelque chose de spectaculaire. » Ouvert absolument à tout le monde, le succès de la formule repose sur un savant mélange d'une programmation musicale éclectique mêlée à la mode, l'art et la ripaille avec une vingtaine de food trucks. Preuve du succès, la manifestation a déménagé du Trianon à La Villette l'année dernière et affichait complet pour cette édition avec 8 000 personnes aux styles vestimentaires pointus. Poids plume à côté du mastodonte new-yorkais et de ses 90 000 spectateurs, la déclinaison française attire déjà les voisins, du Benelux à la Grande-Bretagne, puisque près de 40 % du public est étranger.

ROGER MAVEAU
28/11/2018




Facebook
Instagram
Twitter