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Le Pharaon Inattendu de Mouelle II

Roman africain sur fond D’Egypte Ancienne, A Découvrir !

Une bonne surprise que cette livraison de dernière minute de l’année 2004, cinquantenaire du Livre Nations nègres et Culture de Cheikh Anta Diop, Le Pharaon Inattendu de Mouelle II [Menaibuc] se veut un jalon pionnier du roman africain moderne. Héritier littéraire du savant sénégalais dont l’œuvre poursuit sa transformation des représentations du monde, Mouelle II innove en proposant sur le mode de la fiction une relecture rebelle mais sans effusion apparente, de l’histoire africaine à travers le conte initiatique de la réincarnation d’un pharaon illustre…


Le Pharaon Inattendu
Le Pharaon Inattendu
L’intérêt de la démarche est pour les Africains, leurs Diasporas et Descendants de reprendre possession de la totalité existentielle et spirituelle continentale telle que les Africains aujourd’hui la conçoivent et se la représentent. Cette réappropriation de l’antiquité africaine devient une matière fertile à imaginaire, matière débridée et passerelle vers des questionnements et renouvellements identitaires. Les Non-Africains y verront une Egypte nouvelle dialoguant avec son bassin socioculturel authentique, l’Afrique subsaharienne, avec d’étonnants effets de fiction et de relecture de l’histoire universelle. Les Africains contemporains expliquant l’Egypte mieux que quiconque, les parentés qui structurent la trame du récit éclairent d’un jour distinct les égyptophiles autant que les curieux amateurs de fresques et d’épopées africaines.

Certes les ratiocinations des thrillers «égyptiens» vus de Paris, Londres, New York, inlassablement orientalisés ou méditerranéisés par la confrérie des auteurs de best-sellers a ceci de lassant qu’elles exploitent la même poussive antienne du mystérieux, en prenant soin d’éloigner, d’ignorer le caractère nègre de l’Egypte pharaonique. Et la nouveauté d’un auteur africain assumant l’Egypte négro-africaine comme un fait historique avéré et incontestable apporte de l’aération dans la mesure où ce royaume-référence africain qui a abrité plusieurs dynasties, ethnies et peuples aujourd’hui émigrés en Afrique subsaharienne, ne se comprend que dans le grand ensemble négro-africain. Et vice versa.

Aussi les trajectoires spirituelles, mnémoniques, les initiations à la sagesse des Anciens et aux sciences et techniques traditionnelles renvoient t-elles au corpus égypto-nubien et soudanais. Le roman africain peut donc replonger dans un air frais et éthéré, nouer les intrigues du présent et du passé, se faire contemporain ou historique, mais avec une partie en plus de son être à vivre, à inventer.

Il reconquiert sa liberté de mouvement de création, de re-création, de régénération osirienne… Il peut vibrer décomplexé en acteur et diseur de sa propre cosmogonie exhumée pour soi et dans un élan authentique vers et pour tous.

Comment Mouelle II s’y prend-il pour articuler la vie d’une réincarnation à Cuba d’un pharaon d’Egypte revenu assumer une mission sacrée et hautement importante, dans le monde d’après les déportations négrières, d’après les «indépendances» ? C’est à voir, à lire. Toujours est-il que la compagnie des Lumumba, Césaire, Um Nyobé, Savimbi, Shona, cotoie aussi le long de l’œuvre les Castro, Che Guevara,…

La jonction implicite de l’Antiquité à l’époque actuelle se fait par la période négrière que l’auteur s’impose de travailler. Esclavage, Napoléon, Révolution, sont happés dans le tableau du narrateur qui les emmêle dans des tribulations spatio-temporelles où initiations, rituels, sommeils, réminiscences embaument les personnages et la trame du récit.

Avec tout l’intérêt que représente cette démarche qui se ré-enracine dans l’antiquité nègre égyptienne pour féconder l’imagination créatrice du roman, il n’est pas toujours dit que l’ambition encyclopédique de l’auteur, de même que des concessions un peu spectaculaires à une tendance à la saisie brute crue soient d’un apport décisif au contraire.

Le Pharaon Inattendu porte cela dit bien son nom, et il est à espérer qu’il fasse école ou qu’il laisse … une colonne indispensable au temple prospère de l’imaginaire revivifiant de demain. A découvrir donc.

voir www.menaibuc.com

Ze Belinga / Afrikara.com
Rédigé le Lundi 18 Avril 2005 à 17:36 | Lu 2114 fois | 0 commentaire(s)





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