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Le Brésil face à l’élection d’Obama

RIO DE JANEIRO, Brésil – Ce qui a le plus fortement frappé cette femme brésilienne lorsqu’elle a regardé les résultats des élections américaines à la télévision, c’était de voir les deux jeunes filles de Barack Obama.


Le Brésil face à l’élection d’Obama
''Je n’arrive pas à croire que ces deux petites filles ayant des cheveux comme les miens se retrouveront à la Maison Blanche,'' indique Carolina Iootty Dias, 31 ans, en mettant sa main sur sa tête, les larmes aux yeux alors qu’elle regarde l’écran.

Les noires brésiliennes comme Dias, qui travaille dans les droits humains ont célébré l’élection d’Obama comme porteuse d’espoir à travers le monde.
Mais le pays qui s’enorgueillit de son métissage racial et de sa tolérance est également obligé de faire son autocritique.

Bien que la moitié des 190 millions de brésilien est noire – la plus forte population noire en dehors du Nigéria -- le pouvoir reste fermement entre les mains des blancs. Le pays a quelques noirs occupant des postes politiques importants, et les études gouvernementales démontrent systématiquement que les noirs au Brésil gagnent la moitié des revenues des blancs.

''Cette hypocrisie brésilienne qui dit que le racisme n’existe pas est l’une des choses qui empêche le pays d’avancer,'' affirme Stepan Nercessian, un acteur de race blanche, conseiller municipal dans la ville de Rio de Janeiro.

Le plus grand pays d’Amérique Latine a longtemps regardé de haut la discorde raciale aux États-Unis – les lois ségrégationnistes, les lutes pour les droits civils et un dialogue social forcé qui perdure aujourd’hui.

Mais l’élection d’Obama oblige les brésiliens à faire leur propre introspection, certains affirmant que le Brésil manque justement de combat à l’Américaine.

''Je pense qu’il est important pour les jeunes noirs brésiliens de savoir comment le mouvement des droits civils a progressé aux États-Unis et de quelle manière il a produit non seulement Obama, mais des noirs à des niveaux les plus élevés des affaires américaines ,'' déclare Edson Santos, le ministre brésilien de l’égalité raciale, de race noire. ``Il est important qu’ils aient un contact avec cette réalité.''

Glaucia Carvalho Oliveira est l’une de ses jeunes.
''Tout d’un coup, Obama est arrivé et nous a fait passé à la phase suivante,'' dit-elle, de la sueur brillant sur sa face alors qu’elle montait son comptoir de snack sur la plage de Copacabana à Rio. ``Nous les noirs brésiliens en avons besoin autant que les (noirs) Américains.''

Le Brésil et les États-Unis furent deux des plus grandes sociétés possédant des esclaves dans les Amériques – quelques 4 millions furent conduits en bateau au Brésil et 500000 aux États-Unis. – et ce sontles deux pays ayant le plus bénéficié du commerce des esclaves.

Le Brésil a libéré ses noirs en 1888, le dernier pays à le faire en Amérique. Cette année là, il allait abolir toutes ses lois raciales, alors que les noirs américains durent se battre plus de 100 ans après leur libération pour obtenir de pleins droits en tant que citoyens.

Les noirs et les blancs brésiliens se mélangent facilement à la fois dans les mariages et les événements sociaux venues, du football aux clubs de samba. Au-delà de la moitié de la population qui est noire, la plupart des brésiliens ont des ancêtres de plusieurs races et ont une catégorie de recensement connue sous le nom de ``parda.''

Une telle catégorie n’existe pas dans le recensement aux États-Unis. Obama, qui est à moitié blanc et s’identifie comme un noir portrait s’auto-désigner pardo (métisse) s’il était brésilien.

Malgré l’aisance sociale du Brésil autour de la race, beaucoup affirment que ses noirs ont simplement passé des quartiers d’esclaves aux taudis.

Ils ne représentent que 3 % des diplômés d’université au Brésil. Un sénateur sur 81 est noir, ce qui reflète la réalité aux États-Unis, sauf que les noirs ne représentent que 13% de la population des États-Unis.

Douze des membres de la chambre basse du parlement brésilien sur 513 sont noirs, comparés à 46 représentant sur 435 aux États-Unis.

Avec l’histoire de gouvernement autoritaire et l’extrême pauvreté du Brésil, les noirs n’ont commencé à s’organiser qu’au cours des 40 dernières années, indique Reginaldo Lima, qui est noir et dirige AfroReggae qui travaille sur les problèmes raciaux et de violence dans les taudis de Rio. Il y a six ans, le pays a élu son premier président issu de la classe ouvrière, Luiz Inacio Lula da Silva, un homme blanc qui jouit d’un immense soutien auprès des noirs, mais seuls deux ministres de son gouvernement sur 28 sont noirs.

En 2003, le Brésil a nommé son premier ministre noir du Tribunal Suprême Fédéral, Joaquim Barbosa, considéré comme un futur candidat présidentiel. Barbosa a voyage aux États-Unis pour voir les élections américaines.

Beaucoup de blancs minimisent le degré de préjugé racial au Brésil, en disant que les inégalités sont économiques et non raciales.

''Nous ne voyons pas les gens comme noir ou blanc. On ne regarde pas les noirs en se disant ils ne sont pas aussi capables que les blancs,'' indique la secrétaire médicale Liliane Lyra, 43 ans. ``Il s’agit plus d’un problème social qui sépare les races ici, un manque d’opportunités pour les pauvres.''

Mais Alannah Xavier, 26 ans affirme que c’est sa peau noire, et non sa situation économique qui l’empêche de travailler comme top modèle au Brésil.

''Vous savez où je travaille le plus? En Allemagne ... une nation qui est supposé être raciste avec son passé Nazi,'' dit Xavier. ``Ici au Brésil, ils n’ont que du travail pour les blondes. C’est fou non?''

Depuis que le président Lula Da Silva est en poste, de nombreux changements positifs ont été opéré, notamment les actions affirmatives dans le système universitaire, indique Jose Vicente, un noir directeur de l’Université Ciudadana Zumbi dos Palmares.

''Barack Obama représente ce que chaque noir dans le monde a espéré: que le combat pour l’égalité raciale en Amérique du Nord puisse s’étendre au monde entier,'' indique-t-il.
D’autres doutent qu’il y aura un ``effet Obama.''

''C’est un pays très mélangé racialement, mais toutes les élites sont blanches. Les choses vont si mal depuis si longtemps, je pense que les gens ne font que l’accepter,'' indique Carlos Eduardo Antones, Noir, 21ans, serveur et étudiant à temps partiel.

Dans tous les cas, Emmanuel Miranda est heureux de savourer ce moment.
L’homme de 53 ans, policier à Rio de Janeiro de race noire, qui sirotait un expresso dans un café près de la plage de Copacabana alluma sa première cigarette de la journée et déclara une nouvelle ère.

''Les États-Unis sont un pays dont on doit rêver, et pour nous les brésiliens noirs, il est encore plus facile de le faire maintenant,'' dit-il. ``Que Dieu vous bénisse ainsi que votre beau pays.''

Par BRADLEY BROOKS/ASSOCIATED PRESS

Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga

http://www.miamiherald.com/579/story/799923-p2.html


Guy Mbarga
Rédigé le Lundi 8 Décembre 2008 à 04:50 | Lu 1146 commentaire(s)




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