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La plus grande collection africaine d’art contemporain prend ses quartiers au Portugal


"You Love Me, You Love Me Not - Contemporary art in the collection Sindika Dokolo" opens in Portugal
"You Love Me, You Love Me Not - Contemporary art in the collection Sindika Dokolo" opens in Portugal
Au cœur des jardins du Palacio de Cristal, à Porto, la Galeria Municipal Almeida Garrett accueille jusqu’en mai prochain une partie de la collection Sindika Dokolo, la plus grande collection d’art contemporain basée en Afrique, à Luanda (Angola), pensée par trois Africains : le collectionneur, homme d’affaires congolais, l’artiste Fernando Alvim et le commissaire Simon Njami.
Sur les quelque 3 000 pièces que compte le fonds, 80 sont présentées à Porto. « Choisir parmi tant d’œuvres, c’était vertigineux », avoue l’Angolaise Susanna Souza, l’un des deux commissaires de l’exposition avec le Portugais Bruno Leitao. « Nous avions plusieurs objectifs : montrer des artistes importants comme le photographe malien Seydou Keïta, avec des plus jeunes comme Mustafa Maluka dont les œuvres puisent leur force à la fois dans la culture pop occidentale et le street art sud-africain. Il est représentatif de la nouvelle génération d’artistes qui ont une influence globale. C’est ça le continent aujourd’hui ! »

Dans la foule des grands soirs d’inauguration, jeudi 5 mars, on repère quelques artistes phare, comme le Sud-Africain Abrie Fourie, dont l’une des installations accueille les visiteurs. Il y a aussi une partie de la jeune garde angolaise, le photographe Edson Chagas, Lion d’or à Venise en 2013, ainsi que le photographe Delio Jasse, le plasticien Bynelde Hyrcan, le performer (mais pas que) Nástio Mosquito, qui seront tous les trois exposés à la prochaine Biennale de Venise. Beaucoup de caméras et d’appareils photo traquant Sindika Dokolo, qui l’après-midi a reçu la médaille du mérite de la ville de Porto et que la presse portugaise décrit le plus souvent comme « le mari d’Isabel Dos Santos ». Car, ces dernières années, c’est plutôt elle qui fait la « une » des journaux : fille aînée du président angolais, la femme d’affaires investit en masse au Portugal dans des secteurs stratégiques comme la banque.
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Sindika Dokolo répète à l’envi : il ne construit pas une collection d’art contemporain africain mais une collection africaine d’art contemporain, qui accueille aussi des artistes comme Miquel Barcelo (Espagne), Mario Benjamin (Haïti), Andy Warhol ou encore Kehinde Wiley (Etats-Unis). Et ce sont d’ailleurs les géants vaudouisant de l’Américain Nick Cave qui ouvrent l’exposition. Dans ce même espace : une des dernières séries du photographe Samuel Fosso, des autoportraits bourrés de second degré sur les rapports Chine/Afrique, le musée imaginaire de l’Angolais Paulo Kapela et les portraits géants du Sud-Africain Mustafa Maluka, mix de techniques et d’influences. Ce premier moment est une bonne introduction à l’esprit de l’exposition : faire côtoyer de grands noms et des artistes plus émergents, offrir une belle place aux artistes angolais et ne pas exposer que des Africains. Toutes les œuvres, en revanche, ont un rapport à ce que Sindika Dokolo appelle « l’africanité ». Ainsi, les œuvres en papier découpé de l’Américaine Kara Walker, aussi délicates que violentes, où les silhouettes de Noirs et de Blancs sont stéréotypées à l’extrême et se reflètent dans un jeu d’ombres glaçant.

« Pièces irrévérencieuses »

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On y savoure aussi la rigueur des photographies du Sud-Africain David Goldblatt, le rideau de perles monumental du Camerounais Billi Bidjocka – qui reprend les codes de la royauté française – et les créations textiles engagées du Malien Abdoulaye Konaté. Et des pièces « irrévérencieuses », comme le souligne Paulo Cunha e Silva, responsable de la politique culturelle de la ville. Dans « Not about orange », l’Egyptienne Ghada Amer brode un motif que l’on n’aperçoit pas au premier regard : une femme en train de se masturber. Quant au Sud-Africain Kendell Geers, il recouvre un mur de « Fuck you » tellement stylisés qu’on pourrait ne pas y faire attention… Les pièces s’entrechoquent plus qu’elles ne se parlent. On a l’impression d’être pris dans une partie de ping-pong géante, ce qui n’est finalement pas désagréable, même si on peut regretter un déséquilibre entre les deux espaces d’exposition : le premier, très chargé, le deuxième un peu trop dépouillé. Quelques faiblesses, comme la prédominance d’œuvres au mur, certains artistes qui reviennent à plusieurs reprises sous différentes formes et un fil directeur qui se perd parfois dans la masse.
La grande force de l’exposition, c’est d’offrir un panorama. Un voyage aussi bien dans les techniques (de la vidéo à la broderie), que dans l’espace (des Etats-Unis à l’Afrique du Sud) et dans le temps (des portraits de studio des années 1950 de Seydou Keïta à des œuvres produites en 2013). « Je suis fier d’être dans une collection aussi importante basée en Afrique. Et qui a une vraie exigence de regard, de fabrication, de production », note le plasticien malgache Joël Andrianomearisoa, qui expose une de ses belles pièces textiles, toute de noir vêtue, comme à son habitude.
Comme un manifeste

C’est la toile de la Kényane Wangechi Muchu qui donne son titre à l’exposition, « You Love Me, You Love Me Not » (2007). Deux portraits de femmes à la fois fascinantes et repoussantes, faites de peinture, de matières végétales non identifiées, de collages, de perles. « Le titre est approprié. Cette exposition révèle une partie de ce que nous sommes et a pour but d’enrayer les clichés sur l’Afrique », a expliqué Sindika Dokolo dans son discours inaugural.

L’exposition sonne pourtant comme un manifeste. Il s’agit d’affirmer la place des artistes africains et de la diaspora dans l’histoire de l’art contemporain. La fin de l’exposition, d’ailleurs, enchaîne les clins d’œil : les dessins grands formats du Sud-Africain Cameron Platter, dont les titres sonnent comme autant d’appels : « Change Your Life Forever », « Add Hope » et « You You » (2012). Suit l’installation « Waiting Room » d’Ingrid Mwangi/Robert Hutter (Kenya/Allemagne) : quatre chaises recouvertes de toile blanche, fantomatiques, qui représentent l’attente mais aussi une certaine hostilité. Enfin, le « Knife Fight » du Sud-Africain Michele Mathison : une sculpture murale à base de machettes. Pour continuer à croiser le fer… « C’est plus qu’une collection, c’est une idée, résume Ingrid Mwangi. Elle donne une voix à ceux qui ne l’ont pas forcément. »
La collection de Sindika Dokolo est stockée pour le moment entre Luanda et Bruxelles, en attendant la construction du futur Centre d’art contemporain voulu par le collectionneur dans la capitale angolaise. A Porto, il a aussi peut-être trouvé la future base permanente en Europe de sa collection. « Cette exposition n’est pas l’aboutissement mais le début d’un projet important entre les deux villes », a expliqué Paulo Cunha e Silva.

Source lemonde.fr

Par Olivia Marsaud
Rédigé le Vendredi 20 Mars 2015 à 13:39 | Lu 914 fois | 0 commentaire(s)






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