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L’africainité des Amériques

La relation historique entre des indigènes et afrodescendants a été complexe, intéressant et très peu étudiée. Cependant, on sait que les deux populations se sont parfois faites complices pour affronter les envahisseurs, selon l'anthropologue américaine Sheila Walker.


L’africainité des Amériques

En tant que membre du Groupe Barlovento et représentante d'Afrodiáspora Inc., Walker a ouvert le cycle des conférences ouvertes au public dans le cadre de la Quatrième Rencontre internationale du Groupe le Barlovento qui s’est tenue du 18 mai au 24 mai.


Walker a expliqué que tandis qu'un million d'Européens sont venus peupler les terres américaines durant la période coloniale, 5,5 millions d'africains sont venus (contre leur volonté) travailler sur ce continent.

La productivité des noirs réduits en esclavage a été telle que l’on estime qu'entre 1650 et 1850, 75% de toutes les marchandises qui arrivaient en Europe étaientt produites par des africains ou des afrodescendants.

Selon Walker, les africains sont arrivés avec des connaissances technologiques qui leur étaient propres et des pratiques culturelles concrètes auxquelles ils ont donné une continuité. Les Européens connaissaient également la dextérité des peuples africains pour avoir fait des affaires licites avec ceux-ci avant la diaspora.


Par exemple, les portugais ont réduit en esclavage les africains du Ghana ou de la Côte d'Ivoire, parce qu'ils étaient au courant de leurs connaissances en matière de recherche et de traitement de l'or, pour les emmener dans les mines d'Ouro Preto au Brésil.

Les colonies britanniques quant à elles demandaient des esclaves sachant cultiver du riz, une pratique et des connaissances accumulées par le peuple noir de Sénégambie.

Walker affirme que cela montre qu'il n’y a pas simplement eu une migration forcée des bras pour travailler en Amérique, mais également une migration forcée des têtes avec la technologie et les connaissances que les américains et les Européens ignoraient.

Quand les africains sont arrivés sur les terres tropicales de l'Amérique, ils ont dû chercher ceux qui avaient des connaissances de l'agriculture dans ces conditions. Ils se sont alors liés aux indigènes qui étaient connaisseurs de ses écosystèmes de vie.

“Je veux parler des relations entre africains et indigènes. Dans toute Amérique ils étaient dans la même position à l'égard des envahisseurs, alors il y a beaucoup d’endroits où ils étaient complices dans des rébellions contre les Européens; dans toute Amérique il y a également eu beaucoup de mariage ou de procréation entre les deux peules”, a indiqué l’anthropologue.

Malgré le mélange culturel, on ne peut pas non plus nier que les colonisateurs ont utilisé certains indigènes pour opprimer et détruire des communautés de marrons (des esclaves fugitifs), et vice versa.

Malgré tout, l'influence de la culture noire survit jusqu'à nos jours dans plusieurs domaines de la vie quotidienne des pays latino-américains, de la gastronomie à la musique, en passant par les visions particulières du monde, de la vie et de la mort.

Walker suggère que ces évidences montrent une “continuité culturelle de l'Afrique dans les Amériques”, au point où en Amérique du Sud, il n’existe pas un pays sans afrodescendants. Et même là où les afrodescendants sont une minorité, comme au Nicaragua, il est également possible de sentir la présence d'objets culturels d’origine africain comme le marimba ou le mondongo (tripes de bétail).

Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga

http://www.pieb.com.bo/sec_dossier.php?idn=3900&id=3906&c=2

Guy Mbarga
Rédigé le Mercredi 3 Juin 2009 à 04:28 | Lu 1032 commentaire(s)




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