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Juan Carlos Caceres

Carnet de voyage porteno

Le pianiste Juan Carlos Caceres Scrute les profondeurs mystiques du tango. Et rélève du même coup un pan de son histoire, jusque-là reniée.


Juan Carlos Caceres
Juan Carlos Caceres
JUAN CARLOS CACERES était l’une des attractions du 7ème Festival International de Buenos Aires qui n’accueillait plus seulement l’habituel tango « fort et sport », selon les dires du pianiste. Une bonne part de la programmation était dédiée au candombé et à la murga, les expressions noires de la musique argentine. Caceres n’a pas été invité dans son pays depuis 1989, date à laquelle il a exposé une série de toiles sur le bicentenaire de la révolution française. Puis il s’est remis à la musique. 2005 semble être l’année de la reconnaissance, tant en Argentine, où trois de ses disques sont déjà sortis, qu’en Uruguay, où il s’est produit pour la première fois à Montévidéo. Cette popularité nouvelle accompagne un intérêt grandissant des argentins pour un « autre tango ». « L’intérêt vient de la jeunesse et d’une partie des intellectuels qui reconsidèrent ce passé. C’est aussi une nécéssité populaire liée aux derniers évènements qu’a vécus l’Argentine. Actuellement, on ne peut plus s’enfermer dans une position intégriste, des points de vue formels et idéologiques. Gottan Project a ouvert une brèche importante : l’autre versant du tango, celui de la murga-candombé, est pratiqué par des milliers de jeunes », précise Caceres.

Plus qu’une pensée triste qui se danse

Juan Carlos Caceres
Juan Carlos Caceres
C’est en 1989 que Caceres, trompetiste et pianiste, mais aussi professeur d’histoire de l’art et peintre, se voit prédire le futur de sa destinée par une critique d’art aux pouvoirs médiumniques. « J’étais professeur, se souvient Caceres, je faisais de la musique en pantoufles. Je n’avais aucune urgence jusqu’au moment où est arrivée cette prédiction pour m’inciter à composer ma musique et à chanter. » depuis, Caceres explore les chemins du tango negro à travers de vieux enregistrement de candombé.
Cet intérêt pour les origines du tango remonte bien plus loin, dans les années 50 et 60 ( il est né en 1936 ), lorsque le jeune Caceres fréquente les Beaux-Arts et s’interroge sur les origines de sa culture. Cette réflexion en rejoint une autre, sur l’histoire oubliée de l’Argentine, celle des Noirs et le blanchissement de la population par l’immigration européenne. « J’ai toujours été curieux des origines de ma musique, explique Caceres, et tout cela restait mystérieux. » Caceres n’est pas un obsessionnel, ce qui lui importe, outre de rendre justice, c’est d’élargir les horizons
Et faire du tango autre chose qu’une « pensée triste qui danse ». Ses recherche l’on amené à montrer que le tango trouve ses racines dans le candombé brésilien et de la santeria cubaine.
Expliqué de cette façon, le tango semble avoir plus d’une accointance avec la samba brésilienne. D’autant que l’autre influence du tango, son côté festif et gouailleur, vient de la murga, une manifestation du carnaval. La murga a été interdite pendant la période militaire car elle possède un côté subversif : les textes manient la dérision, dénoncent le pouvoir en place et soutiennent les mouvements de grève. Elle a toujours eu une propension à ressurgir dans des moments de crise : la murga est redevenu aujourd’hui un élément indissociable de la culture populaire.

Murga argentina, le dernier album de Caceres, sorti avec la complicité de son ami Eduardo Makarrof, fondateur du label Manana, est une synthèse réussie de tous ces éléments autant que d’un parcours musical commencé il y a quinze ans. Est-ce un hasard s’il porte le nom du premier groupe venu se produire à Paris en 1900, Murga argentina, un clin d’œil à la situation d’expatrié de Caceres ? D’autant que ce nouvel album est le premier à avoir été enregistré en Argentine. Plus qu’un aller retour fertile, Murga argentina a des allures de carnet de voyage qui se conclut par « La retirada » : « Nous étions à Buenos Aires à la fin d’une nuit de carnaval, lorsqu’on a entendu une vieille murga dansée par un pas très lent. C’était très impréssionant, car aujourd’hui, ce genre a pris du carnaval son aspect rapide », précise Caceres. A travers ses chansons, il livre des images typiques de Buenos Aires, Comme le coin d’une rue de son enfance abîmée par les feux de al Saint-Jean, ou les fameux barbecues assado con cuelo où l’on fait grillé un vache entière.

SANDRINE TEIXIDO D’après les associés réunis/Vibrations.ch
Rédigé le Lundi 13 Juin 2005 à 14:13 | Lu 4753 fois | 0 commentaire(s)





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