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John Coltrane

Hommage. 1ère partie

A cette date, il y a quarante ans, s’éteignait le saxophoniste. Nous republions pour l’occasion un reportage du correspondant américain de Vibrations. John Lewis s’était rendu en 1999 à Hamlet (Caroline du Nord) dans la ville natale de John Coltrane. Il y avait trouvé un fantôme.


PHOTO: CHUCK STEWART/IMPULSE!/UNIVERSAL MUSIC JAZZ FRANCE
PHOTO: CHUCK STEWART/IMPULSE!/UNIVERSAL MUSIC JAZZ FRANCE
J’ai roulé pendant plus de dix heures et je me retrouve devant un immeuble au coin de Bridge Street et Spring Street à Hamlet, une petite ville près de la frontière sud de la Caroline du Nord. Comme un invraisemblable tombeau, l’immeuble en briques rouges est dépourvu de tout style architectural, il ressemble plutôt à une boîte à chaussures géante. Des enseignes faites main pour le salon de beauté Mary et les fournitures pour fêtes Renee sont clouées à même la façade. Un arrangement de fleurs en papier, fanées et détrempées, est posé sur le trottoir. Dans un coin, une plaquette indique que John Coltrane est né ici il y a 72 ans.

Je regarde fixement la bâtisse en essayant de ressentir quelque chose. Peut-être suis-je engourdi par le voyage, mais je me sens très loin du pèlerin arrivé à destination. De retour à la voiture, je me promène dans la ville à la recherche d’hommages au titan du jazz. Je traverse la rue principale presque déserte, je passe devant la mairie, la bibliothèque, la poste, des magasins vides, une piscine et les bureaux de la Confrérie internationale des conducteurs de locomotive. Aucune bannière, aucune statue en vue. La seule chose que j’associe au saxophoniste, c’est la désolation et le calme mystérieux qui règnent dans la ville, une atmosphère que l’on retrouve dans les solos de “Village Blues” et “Alabama”. Finalement, je parque la voiture et j’aborde des types qui prennent un café au drugstore. Il ne leur faut pas longtemps pour m’expliquer qu’ils ne se sont jamais intéressés à Coltrane, parce qu’il était Noir.

“Les Noirs, soit ils vous volent, soit ils vous saignent”, dit un des hommes. Les autres acquiescent. Je grimace, les laisse à leurs idées racistes et je continue mes recherches à pied. Au bureau de poste, un employé fait mine de ne rien savoir du timbre à l’effigie de Coltrane émis il y a quelques années. A la bibliothèque, les rayons réservés à l’histoire locale l’ignorent complètement, la responsable prétend qu’il n’existe aucune biographie qui lui soit consacrée. Effrayé, je lui écris les titres de trois ouvrages disponibles. Le magasin de disques du coin n’a aucun de ses albums en stock. Le type derrière le comptoir m’explique que ses clients écoutent du hip hop, pas du jazz.

http://vibrationsmusic.com

Par John Lewis
Rédigé le Mardi 17 Juillet 2007 à 16:41 | Lu 2375 commentaire(s)




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