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Jo-Wilfried Tsonga

Un géant

Il vient de gagner le plus grand tournoi de sa carrière devant sa famille, ses amis et ses entraîneurs, chez lui à Paris. Il vient de battre (6-3, 4-6, 6-4) le tenant du titre et roi de l'indoor, David Nalbandian


Jo-Wilfried Tsonga
Jo-Wilfried Tsonga
Il vient de se qualifier pour la Masters Cup de Shanghaï. Il vient de saluer le public, les larmes aux yeux. Il vient d'embrasser ses parents, son frère, sa soeur, son coach Eric Winogradsky et ses amis. En attendant la remise du trophée, assis sur sa chaise, Jo-Wilfried Tsonga a l'air absent. A quoi pense-t-il ? « J'imagine que mes grands-parents m'ont regardé, avoue-t-il en pleurs dans une salle de presse, tétanisée par l'émotion. Je pense à eux. C'est grâce à eux, à ces gens qui me portent, même ceux qui ne sont plus là. Dans les moments difficiles, je pense à eux et cela m'aide à avancer.»

Cette générosité et cette force dans l'adversité façonnent le champion et expliquent son premier titre en Masters Series. Le Manceau évoque son métissage avec «l'excentricité de l'Afrique et le calme de l'Occident». Il retourne toujours aux sources, il n'oublie personne dans les remerciements, il possède la mémoire du coeur et sur le court, il joue avec et pour tous. Dans cette finale, le dernier jeu demeure comme un symbole. Mené 0-40 sur son service à 5-4 dans la troisième manche, il va chercher les points, tente sa première amortie du match, enchaînée par une volée gagnante, claque un énième coup droit décroisé, inscrit son 25e ace et voit la libération sur un coup droit de l'Argentin qui atterrit dans le filet après deux heures de combat.

Il revient de si loin après sa multitude de blessures, ses années de galère où il regardait l'âme en peine ses copains briller sur les courts. Ce ne sont pas quelques "petites" balles de break (8 sur 9 sauvées) qui vont terrasser le colosse qui est arrivé à Bercy avec des douleurs partout à la cuisse, à l'épaule entre autres. De ses saisons de disette, il n'en a gardé aucune aigreur, mais il puise une partie de sa force. Juste une question d'éducation. Encore et toujours ce mélange de puissance et de sérénité, de force et de fragilité. «C'est dans ma nature. Mes parents m'ont toujours aidé à ne pas me lamenter et à aller de l'avant. Je viens d'une famille qui n'avait pas grand-chose au début, je me suis toujours tenu à finir mes assiettes, sourit-il aujourd'hui. Cela paraît ridicule, mais ce sont des petites choses qui font qu'au bout du compte, on est plus fort et on ne lâche rien.» Déjà avant le tournoi, Jo-Wilfried Tsonga avait confié qu'il y avait tous les ingrédients pour faire un bon repas. Pendant, il a prouvé qu'il avait de l'appétit, notamment contre Andy Roddick et Novak Djokovic, et en finale, il a montré qu'il était un bon fils qui écoutait ses parents. Sa famille peut être fière de lui. Il a fini son assiette. Et avec la manière.

Source L'équipe

Sophie DORGAN
Rédigé le Dimanche 2 Novembre 2008 à 22:50 | Lu 1893 fois | 0 commentaire(s)






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