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Jann Halexander

L'ambiguïté assumée

...Loin des Gros Médias, l'artiste pianiste métis Jann Halexander construit une bien étrange carrière qui étonne souvent. Si certains magazines lui ont fait les yeux doux, c'est surtout grâce à internet que le chanteur s'est fait un nom, lui qui se produira à plusieurs reprises à Paris, en province et au Sentier des Halles le 20 octobre 2006. Joli coup pour un outsider.


Jann Halexander
Jann Halexander
Le chanteur indépendant (autoproduit) Jann Halexander naît le 13 septembre 1982 dans un hôpital de Libreville (Gabon). On sait peu de choses sur lui, si ce n'est qu'il est issu d'un couple mixte-père gabonais, mère française, lointaines origines sénégalaises- ce qui se fait ressentir au travers de ses créations.

Le 16 septembre 2004 sort un Maxi CD 3 titres, intitulé L'Ombre Mauve. 3 titres de piano/voix minimaliste, oscillant entre le blues et la chanson française d'un songwriter égaré, se succèdent, traitant de douleur, de mort et de race au travers de la filiation maternelle homme métis / mère Blanche.

Aucune promotion et le Maxi, aux tirages confidentiels est uniquement en vente sur internet ou sur demande au chanteur, proche de son public. Peu importe, tous les cds sont vendus.

Le 3 novembre 2004 sort un Maxi Démo 4 titres intitulé Brasillach 1945, tiré à... 8 exemplaires. Encore une fois, quasiment pas de promotion, et tout se vend, le dernier exemplaire trouvant acquéreur sur un site aux enchères en février 2005. Dans ce maxi, le chanteur va plus loin en chantant sur un rythme agité la plongée aux enfers de l'écrivain français Robert Brasillach, homosexuel antisémite, partisan de la collaboration et fusillé au lendemain de la Guerre. Sujet franco-français, rarement traité en chanson, qui suscite le malaise, agace ou fascine. Utilisant les technologies du web et le bouche à oreille, le chanteur poursuit sa route. Entre temps un universitaire lui consacre quelques pages sur un site consacré à l'écrivain Brasillach, rappellant la fascination que cet écrivain et son œuvre exerce encore de nos jours sur certaines personnes.

Le 6 avril 2005, le chanteur sort son premier album, HALEXANDER SONGS en indépendant (peu de distributeurs sont en effet enclins à le distribuer, le chanteur ne faisant pas de scène et créant des musiques marginales). Les thèmes sont les mêmes, sur 10 titres simples, piano/voix. Dans ses délires névrotiques, Jann Halexander parle du métissage sans en faire l'apologie, l'ambivalence sexuelle- il n'a jamais nié sa bisexualité-, la folie et la Mort, fidèle amoureuse. Peu d'espérance au gré d'un album qui cette fois, ne laisse pas indifférent le quotidien Ouest France, suivi aussitôt en peu de temps de chroniques sur des sites culturels français et belges, et d'autres journaux. Jann Halexander est aussi actuellement le seul chanteur de couleur dans un créneau très particulier, la Chanson Française. Il est parfois soupçonné par ses pairs de faire des névroses un fond de commerce. L'album se vend. Ventes confidentielles, mais réelles et considérables pour un autoproduit : Jann Halexander n'est pas un chanteur virtuel mais solidement établi avec un style musical qui lui est propre, dans le paysage musical francophone. Et dont la notoriété s'affirme jour après jour, notamment dans les sphères variées de l'internet en dépit d'une relative absence médiatique, en France, Belgique, Luxembourg, Suisse, Algérie, Canada...ainsi en septembre, le chanteur totalise plus de 1.000 exemplaires écoulés, score honorable au regard de sa situation (autoproduit privé de distribution physique), et se produit à Paris.

En juin 2005, le pianiste est exclu d'une association de musiciens indépendants, en raison des thèmes exceptionnellement sombres, voire malsains de ses chansons, de son univers. Mais le public est déjà là et certains fans de la première heure n'hésitent pas à envoyer des messages de protestations.

Le 15 et 16 septembre, Jann Halexander se produit au sous-sol de la vieille salle du Magique, à Paris. Une salle d'une capacité de 30 à 40 personnes. Si le 15, il chante devant une dizaine de personnes à peine (l'artiste est encore peu connu, et le concert n'a pas bénéficié de promotion),le 16, il chante devant le double (voire plus). C'est en effet sur scène que l'artiste prend toute sa dimension et rappelle qu'il n'est pas virtuel. Dans une mise en scène parsemée de symboles (statuettes, globes terrestres), et sous une lumière bleue, l'artiste en chemise mauve et aux lunettes à montures noires, chante son répertoire tout en racontant une histoire. L'ambiance évoque alors les cabarets allemands des années 20, 30, notamment lorsque l'artiste entonne Brasillach 1945, aux paroles dignes d'un Bertold Brecht.

Novembre 2005 marque un tournant. Alors que l'Amant de Maman, le nouveau maxi du chanteur doit sortir le 26 janvier 2006 dans une édition limitée, l'artiste doit faire face à la multiplication des pré-commandes et à un nouvel intérêt des médias. C'est ainsi qu'une revue de luxe, Préférences, lui consacre un dossier intégral de quatre pages tandis que la presse régionale du grand ouest lui fait de nouveau les yeux doux, suivie par l'Express. L'Amant de Maman, chanson sur l'adultère voyage hors de France, encore une fois, grâce à internet et circule, avec le Noir, le Juif et la Croix, sur des blogs québecois. La nouvelle production de l'artiste est chroniquée sur des sites canadiens, des nouveaux exemplaires de Halexander Songs se vendent en Hollande et en Afrique du Sud. L'artiste outsider s'est crée un public qui ne cesse de s'agrandir et peut compter sur un cercle restreint de fans qui lui consacrent des blogs et des groupes de discussions sur internet. La chanteuse française Robert reconnait également avoir aimé la reprise par l'artiste d'un de ses titres, écrit par Amélie Nothomb lors d'une interview radio, la reprise intitulée l'Appel de la Succube figurant en cinquième position sur le maxi l'Amant de Maman.

Le cas Halexander déclenche le scepticisme, le malaise ou la fascination. Par son parcours particulier qui fait de lui une web-célébrité, puisqu'il doit sa notoriété toute relative à l'outil internet. L'artiste prend peu de risques en choisissant de sortir de façon systématique des éditions limitées (renforcant la valeur de l'objet et favorisant d'une certaine façon, sans conteste un culte de la personnalité), et privilégie progressivement la scène.


Discographie
16 septembre 2004 : L'OMBRE MAUVE - Maxi 3 titres ( L'Ombre Mauve- La Dame Blanche- Alien Mother)
03 novembre 2004 : BRASILLACH 1945 - Maxi 4 titres (Brasillach 1945- Brown Man- Apoplexia- Brasillach la Fin)
06 avril 2005 : HALEXANDER SONGS - Album 10 titres.
26 janvier 2006 : L'AMANT DE MAMAN- Maxi 5 titres.

JB


jeff-communication3@hotmail.fr
Rédigé le Lundi 26 Décembre 2005 à 00:00 | Lu 2073 commentaire(s)




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