Connectez-vous
BASANGO
Accueil
Envoyer à un ami
Version imprimable
Partager

Il était une fois le Wharf

La raison de l’existence n’en est pas toujours le sens…’’ Cette citation tibétaine définit tant bien que mal le Wharf de Pointe-Noire. Construit en 1967 dans l’exclusif but d’acheminer du minerai de potasse vers des minéraliers pour le compte de la Compagnie des Potasses du Congo (C.P.C.), le Wharf s’est vu attribuer un destin des moins prévisibles, mais des plus extraordinaires.


Le Wharf, Pointe-Noire © Wilfrid Massamba
Le Wharf, Pointe-Noire © Wilfrid Massamba
La raison de l’existence n’en est pas toujours le sens…’’ Cette citation tibétaine définit tant mieux que mal le Wharf de Pointe-Noire. Construit en 1967 dans l’exclusif but d’acheminer du minerai de potasse vers des minéraliers (bateaux spécialement conçus pour l’embarcation des minerais) pour le compte de la Compagnie des Potasses du Congo (C.P.C.), le Wharf s’est vu attribuer un destin des moins prévisibles, mais des plus extraordinaires.
Le 16 juin, alors que l’activité minière connaissait de beaux jours, une catastrophe inattendue survint à la mine d’exploitation de potasse située à Holle, à une quarantaine de kilomètres de Pointe-Noire. Le Jeffrey qui creuse la galerie de reconnaissance de la carnalite avait percé dans la nappe phréatique entraînant ainsi, six jours plus tard, la noyade de la totalité de la mine. Fallait-il croire au mir acle de la résurrection à opérer par les autorités de l’époque au nom du développement industriel et économique?

Peut-être bien que Oui ! Du moins, c’était le souhait d’une nation en proie à un devenir. Mais, un accident de cette envergure n’offrait aucune autre alternative que l’abandon du site. Ainsi était scellé le destin industriel du Wharf seul épargné de la catastrophe parce que se trouvant à des kilomètres de là, sur la côte sauvage de Pointe-Noire. Une page venait d’être fermée, celle d’un industriel qui témoignait d’importantes richesses minière que possède le peuple Congolais. Puis s’ouvrait, pour le jeune quai à minerai de potasse à l’allure fière et imposante, celle d’une existence contribuant de manière plus que considérable à la valorisation de la première ville touristique du Congo. Avec sa structure de béton et de fer qui partait de la terre ferme en surplombant une partie du quartier M’Pita pour se dresser majestueusement sur les eaux de l’Océan Atlantique grâce à ses énormes piliers métalliques aux bases bétonnées.

Ce fendant dans un décore des plus exotique qu’offre la Côte Sauvage avec sa plage au sable blanc parsemé de cocotiers et caressé par les vas et viens des vagues d’une étendu bleu qui semble flirter avec le ciel sur la ligne de l’horizon, le Wharf faisait la fierté des pontenégrins tout en suscitant de la curiosité et de l’admiration de la part des étrangers et vacanciers en séjour à Pointe-Noire. Il relevait presque du sacrilège pour ses derniers de quitter la ville sans une photo souvenir du fameux Wharf. Certains, désireux de côtoyer le géant allaient jusqu’à défier la peur en longeant le quai qui n’offrait aucune garanti sécuritaire parce que dépourvu de rambardes jusqu’à son extrémité. En quête de sensations fortes, d’autres plongeaient du haut du quai qui se tenait à une hauteur d’environ 9 à 10 mètres des eaux profondes de l’Océan Atlantique. On pouvait aussi observer des amateurs de pêche à la ligne assis sur le Wharf, aux bouts de leurs mains des cannes. dont les lignes disparaissaient dans Les eaux à la recherche du plus gros poisson.

Avec sa structure longitudinale, ses admirateurs l’appelaient chaleureusement : « Le Pont Wharf ». Pourquoi ‘’Pont’’ ? Cette question trouvait sa réponse quand arrivait le couché du soleil, car il n’était plus inédit de voir des couples d’amoureux prendre d’assaut le Wharf comme pour être aux premières loges d’un spectacle des plus splendides qu’offrait dame nature. Il permettait ainsi aux tourtereaux de franchir, comme un pont l’aurait fait, l’obstacle d’une réalité pas toujours facile à vivre pour atteindre les terres fertiles du rêve sinon de l’imaginaire procurant ainsi un on ne sait quel confort. Aux files des temps, le jeune Wharf avait réussi à se faire une place de choix dans le quotidien des pontenégrins, mais surtout dans l’histoire de cette vieille ville en devenant un véritable édifice symbole aux côtés de ‘’sa cousine’’ la gare centrale de Pointe-Noire. Avec une telle représentativité, il aspirait à être aussi célèbre que la tour Eifel de Paris en France et la statue de la liberté de New-York aux Etats Unis d’Amérique. Les années passant, au bout d’une trentaine d’année, le jeune Wharf avait pris de l’âge Sa structure se fragilisait au gré du temps, ennemi numéro 1 de nos acquis, sous le regard impuissant sinon insouciant de ses ayants droit.

Lui qui avait longtemps fait la fierté et le bonheur de toute une ville, se voyait plongé dans une solitude digne des jours de deuil. Plus une visite, plus une photo souvenir… Les cartes postales, les tableaux ainsi que les timbres postaux disparaissaient peu à peu du marché. Sa célébrité s’éteignait telle la flamme d’une bougie consumée. Lui qui, de par son symbolisme, ne pouvait passer inaperçu, semblait tout d’un coup faire l’effet de parents pauvres. Victime d’un vent marin qui l’attaquait avec férocité en favorisant la corrosion de ses piliers métalliques, Le Wharf défiait vents et marées sans jamais s’avouer vaincu. On aurait dit qu’il refusait de connaitre le même sort que ‘’sa défunte mère’’ la mine d’exploitation de potasse et surtout espérait qu’un jour, l’Homme se souviendrait de lui et se pencherait sur son cas en vu d’une possible conservation en tant que patrimoine national. Hélas ! Le dicton qui stipule que quiconque vit d’espoir meurt de faim avait fini par avoir raison du ‘’Pont Wharf’’. Et bientôt, tel un château de carte, bloc après bloc, sous l’impulsion acharnée des vagues de l’étendue bleu et du vent, le Wharf s’écroulait pour disparai tre complètement dans les profondeurs de l’Atlantique en 2012 tout comme le paquebot transatlantique britanique de la White Star line, le célèbre Titanic un siècle plus tôt au large de Terre-Neuve dans ce même Atlantique dans la nuit du 14 au 15 avril 1912.

Une histoire est arrivée à sa fin, celle d’un quai qui, pour le compte de la C.P.C., n’a été productif que de 1969 à 1977 avec à son actif un chargement de plus d’un million de tonnes de potasse traitée et commercialisable.
Côtoyant la plage et les eaux de la côte sauvage, les autochtones ainsi que les vacanciers n’ont plus, à ce jour, qu’à constater avec amertume la disparition de se géant de l’industrie converti en grand allié du tourisme congolais. Une disparition si brutale qu’on aurait dit que le Wharf n’était qu’un mirage. Lui qui se voulait présent pour une participation conséquente au futur prometteur d’une nation sur le chemin du développement, la réalité s’est voulu autre en l’inscrivant sur les lignes de l’histoire… L’histoire qui trouve sa raison d’être dans le passé et puise toute sa valeur dans nos mémoires.


Par Michel-Agathon NOTE
Rédigé le Mercredi 17 Février 2016 à 07:20 | Lu 2489 fois | 0 commentaire(s)






À lire aussi :
< >

Mercredi 18 Novembre 2020 - 23:19 Honor Toudissa

Mercredi 28 Novembre 2018 - 02:20 À Lagos, les mille et une tenues de l'homme

L'OEIL DE BASANGO | LISAPO | TAM-TAM | TENTATIONS | ÉCONOMIE | DÉCOUVERTE | BASANGO TV | BONS PLANS









Afropunk célèbre la créativité des cultures afro

La dernière édition parisienne du festival underground américain a révélé toute l'étendue des cultures afro-descendantes.

Un foisonnement de couleurs et de motifs influencé par l'Afrique
Né à Brooklyn en 2005, le festival alternatif Afropunk a essaimé aux quatre coins du monde, d'Atlanta à Londres, de Paris à Johannesburg en l'espace de treize ans. Présent pour la quatrième fois dans la capitale le week-end dernier, l'événement célèbre l'affirmation des cultures noires décomplexées et dénonce toutes formes de discriminations raciales, physiques ou sexuelles. « Ce mouvement traduit la volonté de dire que les Noirs ne sont pas associés à un type de musique en particulier », précise l'essayiste et documentariste Rokhaya Diallo qui a animé une des deux journées. « C'est une manifestation extrêmement bienveillante qui prône une forme de liberté que l'on croise dans le public », poursuit-elle. « J'adore m'apercevoir que le spectacle est autant parmi les festivaliers que sur scène, dans les looks des gens se dégagent quelque chose de spectaculaire. » Ouvert absolument à tout le monde, le succès de la formule repose sur un savant mélange d'une programmation musicale éclectique mêlée à la mode, l'art et la ripaille avec une vingtaine de food trucks. Preuve du succès, la manifestation a déménagé du Trianon à La Villette l'année dernière et affichait complet pour cette édition avec 8 000 personnes aux styles vestimentaires pointus. Poids plume à côté du mastodonte new-yorkais et de ses 90 000 spectateurs, la déclinaison française attire déjà les voisins, du Benelux à la Grande-Bretagne, puisque près de 40 % du public est étranger.

ROGER MAVEAU
28/11/2018





Facebook
Instagram
Twitter