Connectez-vous
BASANGO
Accueil
Envoyer à un ami
Version imprimable
Partager

Ibrahim Ferrer

Buena Vista Social Club

Le chanteur du Buena Vista Social Club s'est éteint alors qu'il était sur le point de réaliser son rêve le plus cher: enregistrer un disque de boléros. Son producteur Nick Gold lui rend hommage


Ibrahim Ferrer
Ibrahim Ferrer
MON PREMIER SOUVENIR remonte à l'enregistrement du Buena Social Club. Ry Cooder était à la recherche d'un chanteur avec une voix plus douce que celle des interprètes de boléros habituels. Quand Ibrahim Ferrer est entré dans le studio, il était magnique. Il avait cette façon très souple de se déplacer, un peu comme un chat, mais un chat avec énormément de classe. En même temps, il était mal à l'aise, car il ne comprenait pas très bien ce qui se passait. Les autres musiciens qui était déjà dans le studio et le connaissaient tous se sont mis à jouer le morceau " Candela ". Il s'est immédiatement mis à chanter et s'est détendu. Le chant était complètement naturel chez lui. C'était quelqu'un de très humble, sans prétention, ce qui se voit d'ailleurs très bien dans le film. Il ne jouait pas.

Sa voix venait directement du coeur, elle avait du volume sans se forcer. Elle vous attirait alors que beaucoup de voix de chanteurs de boléros ont tendence à vous crisper un peu. S'il fallait la comparer à quelque chose, je la comparerais à un saxophone de, à celzi de Lester Young que j'adore. Comme lui Ibrahim Ferrer avait cette capacité d'improviser sur des tempos rapides. C'est d'ailleurs pour ses talents d'improvisateurs qu'il était reconnu à Cuba. Personne ne le voyait comme un chanteur de boléros à cause de la tessiture de sa voix. Cette dernière tournée le montrait vraiment sous ce jour. on devait d'ailleurs entrer en studio dans deux semaines pour enregistrer ce disque de boléros dont il rêvait depuis toujours. J'ai des démos où il y a de très belles choses, mais je ne sais pas ce que je vais en faire. J'aimerai être fidèle à sa mémoire, mais par dessus tout je désire publier quelque chose qui soit à la hauteur de ce qu'il faisait habituellement.

Je l'ai revu pour la dernière fois dix jours avant sa mort. Il donnait un concert à Londres dans un parc où les gens viennent en famille pour des pique-niques. Il était préocupé par le fait que sa musique intimiste ne soit pas appropriée à ce genre d'endroits. Quand on m'a appris son décès, j'étais sous le choc, puis j'ai réécouté sa musique et j'y ai trouvé du reconfort. La BBC lui a rendu un bel hommage. Ils ont passé " Los gardenias " . J'ai pleuré. Est-ce que sa mort signifie la fin du Buena Vista Social Club ? Depuis le début, il s'agissait d'un projet sans lendemain. Il a connu un succès planétaire, mais c'est et cela restera une chose unique. De toute façon, je vais continuer à enregistrer des disques à Cuba.


Source Vibrations .ch

Nick Gold
Rédigé le Lundi 12 Septembre 2005 à 07:45 | Lu 2556 fois | 0 commentaire(s)





À lire aussi :
< >

Lundi 9 Mars 2015 - 07:02 Aké Béda

Mercredi 4 Février 2015 - 14:33 Nappy, ce mouvement conquérant de la planète afro

L'OEIL DE BASANGO | LISAPO | TAM-TAM | TENTATIONS | ÉCONOMIE | DÉCOUVERTE | BASANGO TV | BONS PLANS









Afropunk célèbre la créativité des cultures afro

La dernière édition parisienne du festival underground américain a révélé toute l'étendue des cultures afro-descendantes.

Un foisonnement de couleurs et de motifs influencé par l'Afrique
Né à Brooklyn en 2005, le festival alternatif Afropunk a essaimé aux quatre coins du monde, d'Atlanta à Londres, de Paris à Johannesburg en l'espace de treize ans. Présent pour la quatrième fois dans la capitale le week-end dernier, l'événement célèbre l'affirmation des cultures noires décomplexées et dénonce toutes formes de discriminations raciales, physiques ou sexuelles. « Ce mouvement traduit la volonté de dire que les Noirs ne sont pas associés à un type de musique en particulier », précise l'essayiste et documentariste Rokhaya Diallo qui a animé une des deux journées. « C'est une manifestation extrêmement bienveillante qui prône une forme de liberté que l'on croise dans le public », poursuit-elle. « J'adore m'apercevoir que le spectacle est autant parmi les festivaliers que sur scène, dans les looks des gens se dégagent quelque chose de spectaculaire. » Ouvert absolument à tout le monde, le succès de la formule repose sur un savant mélange d'une programmation musicale éclectique mêlée à la mode, l'art et la ripaille avec une vingtaine de food trucks. Preuve du succès, la manifestation a déménagé du Trianon à La Villette l'année dernière et affichait complet pour cette édition avec 8 000 personnes aux styles vestimentaires pointus. Poids plume à côté du mastodonte new-yorkais et de ses 90 000 spectateurs, la déclinaison française attire déjà les voisins, du Benelux à la Grande-Bretagne, puisque près de 40 % du public est étranger.

ROGER MAVEAU
28/11/2018





Facebook
Instagram
Twitter