Connectez-vous
BASANGO
Accueil
Envoyer à un ami
Version imprimable
Partager

ISMAËL WONDER, NOBLE RASTA

Percée française du reggaeman de Sakassou

Après trois enregistrements cantonnés uniquement à l'Afrique de l'ouest, Ismaël Wonder livre enfin un album en France. Intitulé Pharaon, ce disque met en lumière un reggae mandingue salutaire. Jeune autodidacte ivoiro-malien, il reprend le flambeau de ses aînés avec noblesse et humilité.


Pharaon
Pharaon
Le reggae représente la sagesse africaine, c'est pour cela que j'ai choisi cette musique pour m'exprimer car elle est propice aux messages" , affirme Ismaël Wonder. Avec son visage d'adolescent, ce jeune rasta de 29 ans, né en Côte d'Ivoire, a naturellement écouté Bob Marley, Alpha Blondy et Tiken Jah Fakoly dès son plus jeune âge. Une influence qu'il a mise à profit pour se forger sa propre identité, comme en témoigne son quatrième enregistrement Pharaon, premier album distribué en France. Douze titres au beat jamaïcain bien carré mais enrichi par des couleurs traditionnelles ouest-africaines.

Le résultat donne un reggae d'obédience mandingue assez novateur :"Avec un père ivoirien et une mère malienne, je suis le fruit d'un mélange de cultures. J'essaye donc de faire ressortir ce brassage dans ma musique en ajoutant à la section guitare, basse et batterie, des instruments acoustiques aux sonorités griotiques, comme le n'goni, le tamani ou la flûte peule . Un plus qui donne une certaine élégance à son style, à l'image de ses origines.

De son vrai nom Cisse, il est descendant de nobles et de grandes familles de marabouts connus dans la sous-région. Des racines qui, dans son cas, n'ont pas constitué un atout culturel mais plutôt un handicap. En effet, n'étant pas issu de la caste des griots, la coutume lui interdisait de devenir musicien. Un dilemme qui l'oblige à quitter sa famille afin d'assouvir sa passion pour la musique. Parti seul à l'adolescence de Sakassou -son village natale au centre de la Côte d'Ivoire, connu pour la légende de la reine Abla Pokou-, Ismaël commence son apprentissage musical dans les rues d'Abidjan. Il rencontre alors une coopérante européenne dans les quartiers qui l'encourage. "Je me souviens de cette dame blanche. A chaque fois qu'elle me voyait, elle me surnommait le petit wonderfull ! C'est à partir de là que j'ai cru en moi et pris comme pseudonyme Wonder" explique le chanteur en herbe. Persévérant, le reggaeman sort son premier album à 17 ans, et finit par se réconcilier avec ses parents.

Aujourd'hui, le noble rasta n'a pas oublié ces années de galères abidjanaises qu'il a connues aussi en France, sous une autre forme, dès son arrivée. D'où la chanson Sans papiers sur son dernier CD. "J'ai écris ce texte par rapport à ma propre expérience.Je me suis battu pendant cinq ans à la préfecture pour obtenir une régularisation administrative, alors que je suis venu à Paris pour travailler en tant que musicien. C'est un véritable parcours du combattant quand on est un immigré !" déplore l'auteur-compositeur-interprète. En français ou en dioula, son écriture s'inscrit dans la droite ligne de ses prédécesseurs. C'est-à-dire engagée dans un combat socio-politique. Le titre Pharaon qui rappelle que l'Afrique a besoin d'un sauveur comme Moïse pour délivrer son peuple, en est une illustration. Tout comme le morceau Allah an dème ("Que Dieu nous aide") dont le propos dénonce la différence de traitement, pour trouver un emploi, entre les jeunes diplômés issus de familles riches ou pauvres. Idem pour Laïdou, une chanson en forme d'interpellation au président Amadou Toumani Touré afin qu'il respecte ses promesses pour la démocratie au Mali.

Avec son reggae bien ficelé, Ismaël Wonder ambitionne de conquérir la scène francophone internationale. Un challenge quand on sait qu'aujourd'hui, ce ne sont plus les producteurs qui courent derrière les artistes mais l'inverse. Toujours est-il que le potentiel est là. Car derrière ce jeune homme humble se cache peut-être l'outsider d'Alpha Blondy ou de Tiken Jah Fakoly ? Sur cette question, Ismaël Wonder s'en défend : Vous savez, les artistes sont comme les cinq doigts de la main. Il n'y en a pas un qui peut prendre la place de l'autre, qu'il soit petit ou grand ! Alpha est là avec sa réputation, Tiken bénéficie de la notoriété et moi aussi, je joue mon rôle à mon niveau A suivre ...


Ismaël Wonder Pharaon (AWP/Atoll music) 2005

Source rfimusique.fr

Daniel Lieuze
Rédigé le Lundi 28 Novembre 2005 à 19:18 | Lu 2958 commentaire(s)





1.Posté par OUMALE Alik le 25/11/2006 16:21 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler
Hello Ismael,

Toumaak est mort pour laisser place à ALIK OUMALE, eh oui, c'est moi après toutes ces années, Comment vas tu??
Mamayé ne s'est pas vendu, mais c'est pas grave, on continue, on avance!!
Qu'est ce que tu deviens Toi?
Si tu passes pas Paris bientot, il faut qu'on se voie et qu'on mange ensemble,isn't it.

Tus ais que j'ai retrouvé toutes les coordonnées de vous tous qui etes venus chanter sur Mamayé, et que vous avez tout un site web, th'ats so great.
J'attends de tes nouvelles des que tu peusx , et tu peux m'écrire à : alik.oumale@club-internet.fr
Contact: 01 44 52 90 46 / 06 12 66 74 41
Prends soin de toi
Amitiés
ALIK-TOUMAAK

2.Posté par diakhaté le 05/07/2007 16:03 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler


À lire aussi :
< >

Vendredi 26 Mars 2021 - 19:59 Fiston MAKETA

Profil | Vue de Basango | Coup de coeur | Histoire de... | Le Festival











Afropunk célèbre la créativité des cultures afro

La dernière édition parisienne du festival underground américain a révélé toute l'étendue des cultures afro-descendantes.

Un foisonnement de couleurs et de motifs influencé par l'Afrique
Né à Brooklyn en 2005, le festival alternatif Afropunk a essaimé aux quatre coins du monde, d'Atlanta à Londres, de Paris à Johannesburg en l'espace de treize ans. Présent pour la quatrième fois dans la capitale le week-end dernier, l'événement célèbre l'affirmation des cultures noires décomplexées et dénonce toutes formes de discriminations raciales, physiques ou sexuelles. « Ce mouvement traduit la volonté de dire que les Noirs ne sont pas associés à un type de musique en particulier », précise l'essayiste et documentariste Rokhaya Diallo qui a animé une des deux journées. « C'est une manifestation extrêmement bienveillante qui prône une forme de liberté que l'on croise dans le public », poursuit-elle. « J'adore m'apercevoir que le spectacle est autant parmi les festivaliers que sur scène, dans les looks des gens se dégagent quelque chose de spectaculaire. » Ouvert absolument à tout le monde, le succès de la formule repose sur un savant mélange d'une programmation musicale éclectique mêlée à la mode, l'art et la ripaille avec une vingtaine de food trucks. Preuve du succès, la manifestation a déménagé du Trianon à La Villette l'année dernière et affichait complet pour cette édition avec 8 000 personnes aux styles vestimentaires pointus. Poids plume à côté du mastodonte new-yorkais et de ses 90 000 spectateurs, la déclinaison française attire déjà les voisins, du Benelux à la Grande-Bretagne, puisque près de 40 % du public est étranger.

ROGER MAVEAU
28/11/2018




Facebook
Instagram
Twitter