Connectez-vous
BASANGO
Accueil
Envoyer à un ami
Version imprimable
Partager

INVICTUS

RUGBY, Clint Eastwood se jette dans la mêlée sud-africaine

En 1995, l'Afrique du Sud remportait la Coupe du monde de rugby, organisée sur son sol. Cette épopée
a inspiré le réalisateur Clint Eastwood, qui a choisi de la mettre en images dans le film Invictus, dont la
sortie en France est prévue le 13 janvier 2010.


INVICTUS
Nombreux sont ceux qui ont décrit la victoire des Springboks, lors de la Coupe du monde de 1995, comme un conte de fées. Les contes de fées se terminent bien – tout comme celui-ci –, mais la victoire de l’équipe sud-africaine a été bien autre chose que le simple coup de chance qu'on associe souvent aux histoires tirées par les cheveux. Nelson Mandela avait planifié dans ses moindres détails sa campagne en faveur de l’équipe nationale. Il avait pris conscience du rôle que pouvait jouer le sport dans la réconciliation d’une société fracturée, en particulier dans un pays aussi passionné de sport. A la fin des années 1980 et au début des années 1990, l’Afrique du Sud était au bord de la guerre civile, mais Mandela a astucieusement employé la Coupe du monde comme un outil pour faire connaître son pays au monde entier.

Ce conte de fées, qui raconte le cheminement du pays vers la démocratie, peut maintenant en inspirer d’autres. C'est ce que raconte Clint Eastwood dans son film appelé, non sans hésitation, The Human Factor il s'agissait du nom provisoire du film. L'écrivain sud-africain Anthony Peckham a adapté le scénario à partir de l'ouvrage de John Carlin Playing the Enemy: Nelson Mandela and the Game That Made a Nation Déjouer l’ennemi : Nelson Mandela et le jeu qui a sauvé une nation, publié en français aux éditions alTerre. Chester Williams, ailier de l'équipe victorieuse de la Coupe du monde en 1995 [le seul joueur noir] et conseiller technique pour le film, estime qu'Eastwood a fait du bon boulot et a réussi à dépeindre les événements avec justesse.
"Ils font vraiment l’effort de s'assurer que tout est aussi fidèle que possible à la situation telle qu’elle était en 1995, confie Williams. Le film traite surtout de Nelson Mandela et de la perspicacité dont il a fait preuve en employant la Coupe du monde comme outil de réunification du pays - toute l'équipe du film cherche à s'assurer qu'il décrit bien cet aspect."

Mandela, joué par Morgan Freeman, lauréat d'un oscar [en 2005, pour son rôle dans Million Dollar Baby], avait soigneusement prévu comment lui et les Boks pourraient favoriser la réconciliation de la nation arc-en- ciel. Bien qu’à l’époque de nombreux joueurs ne l’aient pas su, Mandela avait imaginé, alors qu’il était en prison, d'utiliser le sport comme instrument d'édification de la nation sud-africaine. Et c’est le rugby, en 1995, qui a servi cet objectif.

Hennie Le Roux, qui jouait au sein de la même ligne de trois-quarts que Williams, ne s'attendait pas à ce que les Boks exercent un tel rôle. "A l'époque, nous n'étions pas tout à fait conscients des problèmes
auxquels était confrontée l’Afrique du Sud, raconte Le Roux. Si le film a été réalisé, c’est pour refléter
l’impact que cet événement a eu sur l’ensemble du pays, et pas seulement dans le monde du rugby - mêmesi la victoire a évidemment aidé."
François Pienaar, n'était pas seulement destiné à encourager le capitaine et ses joueurs, mais adressait un message à l'ensemble du peuple.

Mandela a tout de suite séduit la foule, majoritairement blanche. A son entrée sur le terrain, à Ellis Park, elle criait : "Nelson ! Nelson !" Selon Le Roux, si Mandela ne s’était pas servi des Springboks de cette façon bien particulière et si l’équipe n'avait pas remporté la victoire, l’avenir de la nation arc-en-ciel aurait pu être complètement différent. "Ce n'était pas seulement un moment fort du rugby, explique-t-il. Nous avions besoin de quelque chose de commun, au-delà des races, de la culture et des croyances. Nous avions besoin de quelque chose qui puisse nous rassembler, et le sport ne connaît pas de race ou de limite."

La Coupe du monde a joué un rôle majeur à un moment crucial de notre toute nouvelle démocratie. "La plupart du temps, en Afrique, un changement de cette ampleur [comme le fait de passer de l'apartheid à la démocratie] entraîne des violences graves ou des problèmes qui mettent le pays à genoux. Avec le recul, on se rend compte que nous avons vécu cette phase de transition de manière très positive. Tout le monde était en faveur du changement : Madiba surnom de Mandela
a montré la voie à suivre, et les Boks ont joué le rôle de catalyseur dans le processus de réunification du pays."

Pas de doute, cet épisode mouvementé de l’histoire sud-africaine contient tous les ingrédients d'un bon scénario hollywoodien. Mais sera-t-il raconté comme il se doit ? Parviendra-t-on à décrire les Sud-Africains - de toutes les couleurs - comme ils sont véritablement ? Ou perpétuera-t-on simplement les stéréotypes ? Williams est tout à fait confiant : il estime que le film décrira avec justesse la réalité.
"Je travaille comme conseiller technique pour les acteurs principaux et les figurants. Mon boulot, c'est de m'assurer qu’ils jouent leur rôle de la manière la plus juste et la plus réaliste possible dans les scènes de rugby, explique Williams. Je n’ai pas eu beaucoup à faire avec les figurants : ils ont tous déjà joué ou jouent actuellement au rugby."

Bien qu’il fasse une tête de moins que Pienaar, Matt Damon se glissera dans la peau du troisième ligne aile [et capitaine] des Boks. "Matt a dû travailler son rôle là-bas, aux Etats-Unis, parce que, lorsqu'il est arrivé ici, il savait exactement quoi faire, observe Williams. Je n'ai eu qu'à lui montrer des détails mineurs quant à son positionnement en mêlée, la manière de sauter en touche ou d'entrer dans une mêlée spontanée. Matt était vraiment fasciné par la passion des Sud-Africains pour le sport. Il s'est très bien adapté et je pense qu'il est certainement devenu un amateur de rugby."


Source : http://www.courrierinternational.com

Grant Ball et Andrew Worling
Rédigé le Vendredi 8 Octobre 2010 à 11:20 | Lu 968 fois | 0 commentaire(s)






À lire aussi :
< >

Jeudi 7 Janvier 2021 - 12:25 Henri Lopes

Mercredi 30 Décembre 2020 - 12:50 Le roi Moe Makosso IV s'en est allé

L'OEIL DE BASANGO | LISAPO | TAM-TAM | TENTATIONS | ÉCONOMIE | DÉCOUVERTE | BASANGO TV | BONS PLANS









Afropunk célèbre la créativité des cultures afro

La dernière édition parisienne du festival underground américain a révélé toute l'étendue des cultures afro-descendantes.

Un foisonnement de couleurs et de motifs influencé par l'Afrique
Né à Brooklyn en 2005, le festival alternatif Afropunk a essaimé aux quatre coins du monde, d'Atlanta à Londres, de Paris à Johannesburg en l'espace de treize ans. Présent pour la quatrième fois dans la capitale le week-end dernier, l'événement célèbre l'affirmation des cultures noires décomplexées et dénonce toutes formes de discriminations raciales, physiques ou sexuelles. « Ce mouvement traduit la volonté de dire que les Noirs ne sont pas associés à un type de musique en particulier », précise l'essayiste et documentariste Rokhaya Diallo qui a animé une des deux journées. « C'est une manifestation extrêmement bienveillante qui prône une forme de liberté que l'on croise dans le public », poursuit-elle. « J'adore m'apercevoir que le spectacle est autant parmi les festivaliers que sur scène, dans les looks des gens se dégagent quelque chose de spectaculaire. » Ouvert absolument à tout le monde, le succès de la formule repose sur un savant mélange d'une programmation musicale éclectique mêlée à la mode, l'art et la ripaille avec une vingtaine de food trucks. Preuve du succès, la manifestation a déménagé du Trianon à La Villette l'année dernière et affichait complet pour cette édition avec 8 000 personnes aux styles vestimentaires pointus. Poids plume à côté du mastodonte new-yorkais et de ses 90 000 spectateurs, la déclinaison française attire déjà les voisins, du Benelux à la Grande-Bretagne, puisque près de 40 % du public est étranger.

ROGER MAVEAU
28/11/2018





Facebook
Instagram
Twitter