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Hamed SOUANE

"Mon rêve est d'offrir à la Côte d’Ivoire son premier studio de cinéma!"

Il est beau, ivoirien et surtout talentueux, Hamed Souane est l'un des acteurs les plus connus du cinéma africain. Le choix de sa profession artistique est un rêve de gosse. Sur les planches ou sur les plateaux de tournage, il a un seul objectif, bien rendre son rôle, marquer de ses empruntes les personnages qu'il incarne. Hamed Souane tourne actuellement le plateau de "Saga des héritiers" un téléfilm de 104 épisodes, dans lequel il joue le rôle d’un commissaire de police, chargé d’élucider le meurtre d’un richissime homme politique. Voici une longue interview qu'il nous a accordée.


Commissaire de Police, un nouveau rôle pour Hamed Souané dans "La Saga des héritiers".

Hamed SOUANE
Hamed SOUANE
Hamed Souané, vous menez une très belle carrière dans cinéma africain, il se trouve aussi que vous êtes aussi comédien de théâtre, lequel des deux préférez-vous?
(Rires) C’est comme me demander entre papa et maman qui choisir ! J’aime les deux formes d’art mais…. peut-être un peu plus le théâtre parce que là, il y a un contact direct entre le public et moi, un échange de chaleur, une espèce de connexion…

Depuis quand êtes-vous dans le monde artistique ? Dans quelle discipline précisément et quelles impressions gardez-vous de ces débuts?
Mon arrivée dans l’art se confond avec mon enfance. Depuis la classe de CE1 (Cours Elémentaire 1ère année) à l’âge de 10 ans, j’ai intégré la troupe théâtre de mon école primaire. C’étaient des sketchs de 10 -15 mn qu’on préparait pour la fête de fin d’année. Ces débuts ont été déterminants pour la suite par les encouragements de mes maîtres d’école.

Comment s’est passé votre premier casting au cinéma? Et quel était votre premier rôle ?
J’ai été invité par un ami à venir à une séance photo pas plus. A la fin il me dit que c’était un casting pour un film. Environ un mois après le même ami m’annonce que j’ai été retenu pour le rôle d’un gérant de salle de cinéma dans le film « Roues Libres » : c’était mon 1er rôle dans un film.

Avez-vous suivi une formation par la suite ?
J’ai participé à des ateliers de formation aux techniques théâtrales et cinématographiques.

Dès les premières années, vous n’avez jamais douté que c’était votre destin? Quel était, selon vous, votre principal atout pour arriver à votre succès actuel?
Faire du cinéma a toujours été mon ambition donc je n’avais aucun doute. Mon atout c’était je pense, ma foi en ce que je voulais faire.

De tous les films auxquels vous avez participé, quel est celui que vous retenez tout particulièrement ?
C’est assurément « CARAMEL » de Henri DUPARC .

Y-a-t-il une grande différence entre votre travail de comédien au théâtre et celui d'acteur au cinéma ?
La différence se situe surtout au niveau du jeu : tandis qu’au théâtre il faut amplifier tout en restant sobre, au cinéma la camera s’occupe de l’amplification donc pas assez d’effort. De plus, à force de répétitions et de représentations on épouse mieux le personnage qu’on interprète qu’au cinéma où les contingences liées à la production font qu’on ne creuse pas souvent assez certains traits de caractère d’un personnage. Et du coup le théâtre demande plus de travail que le cinéma.

Comment abordez-vous un personnage pour l’incarner parfaitement ? Vous basez vous sur le texte de l’auteur ou vous avez un petit secret ? Si oui lequel ?
(Rires) Non pas de petit secret. J’aborde un nouveau rôle avec un esprit de challenge.

Parmi tous les personnages que vous avez joués, tant au théâtre qu’au cinéma, il y en a-t-il un dont vous vous sentez très proche, qui vous ressemblerait ?
Hummm…. Je ne vois pas trop…où peut-être Mulube dans la pièce l’étudiant de Soweto.

Dans quel genre de personnage vous investissez vous plus dans vos rôles de cinéma ?
Les personnages qui soient à la fois un mélange de justicier et de romantique avec un brin d’humour.

Quel a toujours été votre rôle favori au cinéma et pourquoi?
Beh… celui de redresseur de torts parce que j’ai toujours révolté contre l’injustice quelle qu’elle soit.

Est-ce qu’au théâtre vous trouvez cette même fascination pour les personnages ?
Je dirais même beaucoup plus au théâtre qu’au cinéma.

Lorsque vous jetez un coup d’œil dans votre parcours artistique, quelles sont les choses dont vous êtes le plus fier et éventuellement, celles dont vous l’êtes le moins… ?
Je suis fier d’avoir été de la génération de ceux qui ont donné la preuve qu’on pouvait allier théâtre et études comme ailleurs on allie sport et études. Et également de la génération de ceux qui ont véritablement mis le cinéma ivoirien sur orbite au niveau national et international.
Par contre suis déçu que nos pouvoirs publics ne donnent pas à l’Art la place qui lui sied dans leur programme de gouvernement et ça c’est vraiment regrettable.

Comment définissez-vous le cinéma ivoirien?
Le cinéma ivoirien ne peut se définir différemment du cinéma en général. Ce que je peux dire c’est que le cinéma ivoirien doit jouer un rôle de 1er plan dans le développement global de la Côte d’Ivoire. Tout en reflétant les réalités culturelles, économiques et politiques de nos peuples, notre cinéma doit s’affirmer sur le plan international, nos productions doivent être présentes à tous les grands rendez-vous mondiaux du cinéma.

Dites-nous aussi quelle est la situation actuelle des acteurs ivoiriens des arts de la scène et ceux du 7ème art ?
C’est avec beaucoup d’amertume que je le dis, c’est une situation très peu enviable. Les comédiens ivoiriens qui ont choisi de faire de l’Art de la scène et du cinéma leur métier survivent. C’est l’image de la bougie qui éclaire la pièce tandis qu’elle même se consume. Les comédiens ivoiriens sont créatifs, talentueux. Ils procurent beaucoup d’émotions en Afrique, en Europe et même en Amérique mais ils n’ont pas la juste rémunération qu’ils sont en droit d’attendre de leurs créations. Les causes sont plurielles : peu de volonté politique, pas de statut juridique de l’artiste, piraterie des œuvres artistiques, droits voisins pas payés, quasi inexistence de financement des productions, etc.

Vous avez beaucoup de succès et d’admiration auprès des téléspectateurs africains. De votre côté, comment le vivez-vous ?
Je suis content de savoir qu’on apprécie ce que je fais à Dakar, Douala, Kinshasa, Libreville comme à Paris ou New York. C’est d’ailleurs le seul motif de satisfaction actuellement qu’on a de ce métier. Pour le reste je veux dire financièrement, c’est déprimant.

Comment se passe une journée de tournage avec un acteur comme vous?
Beh …. Comme tout autre. C’est le regroupement sur le lieu de tournage, la répétition avec les autres partenaires de jeu, le maquillage, les prises de vues avec leur lot d’interruption, de rigolades et d’énervement aussi (rires). Une ambiance de vie quoi comme partout ailleurs sauf que là on est dans le rêve…

Travaillez-vous actuellement sur un film ? Si oui, Lequel ? Et quel sera votre rôle ?
Oui, sur le film SAGA DES HERITIERS un téléfilm de 104 épisodes, dans lequel je joue le rôle d’un commissaire de police chargé d’élucider le meurtre d’un richissime homme politique.

Quand on sait le temps que cela prend de monter un projet de film, je me demande comment vous arrivez à jouer dans plusieurs films, et en plus à vous impliquer dans votre travail de fonctionnaire au BURIDA (Bureau ivoirien du droit d’auteur) ?
Je voudrais rectifier pour dire que je ne suis pas fonctionnaire du BURIDA. J’étais membre du Conseil d’Administration parce que maintenant je ne le suis plus le Conseil n’existant plus.
Ceci dit, une production cinématographique a plusieurs niveaux et différents acteurs à chaque niveau. Il y a le scénariste, le réalisateur, le producteur, les acteurs, etc. Donc sur un projet, chacun intervient dans son domaine et moi je suis plus acteur que tout autre. Cela ne me pose pas problème de jouer dans plusieurs films tant que les calendriers de tournage ne se chevauchent pas.

Hamed Souané est toujours de bonne humeur, qu’es-ce qui vous fait fâcher ?
Ce qui me fait fâcher c’est quand je n’ai pas d’argent (rires !!) Sérieusement, je me fâche quand on me prend pour un imbécile.

Un message à l’endroit de tous les amoureux du Cinéma africain et de tous ceux qui vous aiment.
A tous ceux qui aiment le Cinéma africain, je voudrais dire ceci : l’Afrique a d’énormes potentialités cinématographiques tant naturelles qu’humaines. Il suffit de croire en notre capacité à faire autant bien que les occidentaux. Pour cela chacun doit jouer son rôle : les politiques doivent en faire l’une de leurs plus grandes priorités, les investissements doivent être à la hauteur de l’ambition, des lois doivent protéger les créateurs et leurs créations contre toute forme de piraterie, les sociétés de droit d’auteur doivent payer aux artistes leurs droits et enfin, que les amoureux du cinéma comme vous le dites payent le juste prix des supports originaux des œuvres cinématographiques afin que les artistes ne vivent pas dans l’indigence et ne meurent dans la misère et ne soient enterrés dans l’indifférence.






Lauryathe Bikouta
Rédigé le Jeudi 21 Juin 2012 à 11:42 | Lu 963 fois | 0 commentaire(s)


Tags : Hamed SOUANE




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