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GEORGE CLINTON

Psychédélique man !!!

George Clinton est né à Kannapolis, le 22 juillet 1941. Il forme son premier groupe, Parliament, en 1955. Il enregistre ses premiers disques à la fin des années cinquante, mais ne perce réellement qu'à la fin des années soixante. Il reprend à son compte l'extravagance musicale du mouvement psychédélique qu'il associe à une rythmique soul. Son premier succès est I Just Wanna Testify, en 1967.


GEORGE CLINTON
GEORGE CLINTON
Vous aviez 14 ans quand vous avez fondé The Parliaments?
George Clinton : 13 ans. Je suis d'ailleurs toujours en contact avec un des musiciens qui était dans le groupe et qui aujourd'hui est en prison. On parle ensemble de l'époque, des choses que j'ai oubliées. Ça remonte à loin. Déjà à l'école primaire, on chantait ensemble. Il était en sixième quand on a formé le groupe. Et jusqu'au collège, on a chanté ensemble.

Vous avez tout de suite baptisé le groupe The Parliaments?
George Clinton : Tout de suite.

C'était en référence à la cigarette du même nom?
George Clinton : Oui. Il y avait des groupes qui s'appelaient The Chesterfields, The Kits, etc. Il n'y en avait que pour les voitures et les cigarettes à cette époque.

Et les oiseaux.
George Clinton : Et les oiseaux, exactement! (rires) Les voitures, les cigarettes et les oiseaux. Alors on a choisi The Parliaments. On a sorti notre premier disque en 1957 ou 58.

«Party Boys»?
George Clinton : «Party Boys» et «Poor Willie». Sur APT Records, un label affilié à Paramount. On était lié à une compagnie de production dirigée par une femme, Bea Kessler. Elle s'occupait de groupes comme Shepherd and The Limelights, les Heartbeats, les Pastels, les Monotones. Ils étaient tous de mon quartier.

The Parliaments était juste un groupe de studio ou vous donniez des concerts?
George Clinton : Non, non, on jouait partout, dans des boîtes, des bars, des cabarets.

A la même époque, vous étiez coiffeur au Uptown Tonsorial Parlor.
George Clinton : Dites donc, vous en avez des informations! Uptown Tonsorial Parlor... (il savoure le nom). C'est là qu'on travaillait tous. Calvin Simon , Grady Thomas et moi, on travaillait à Newark comme coiffeurs. C'était le truc à faire à l'époque.

Les coiffures incroyables, c'est quelque chose qui est resté jusqu'à aujourd'hui. Le style est apparemment quelque chose d'important pour vous.
George Clinton : C'est pour ça que quand j'ai vu les premiers rappers arriver, j'ai trouvé qu'ils n'avaient aucun style. Ils ressemblaient à des ploucs, ou à des adolescents blancs avec leur langage des mains. Ça venait en droite ligne des années 50, tu sais, ces types qui marchaient l'air cool en se tenant l'entrejambe. Les rappers le faisaient de façon si nonchalante que vous ne le remarquiez même pas. La plupart d'entre eux tenaient juste leurs poches. Puis ils sont descendus graduellement plus bas. Puis ils ont mis LES DEUX MAINS, comme si leur truc était trop lourd! Je trouvais ça vraiment stupide. J'avais envie de leur dire: «Par pitié, mettez vos mains dans les poches!» Heureusement, certains avaient un bon look. Flavor Flav de Public Enemy était cool, il bougeait bien. Tous les autres utilisaient ce truc des mains. Mais mon préféré, c'est Rakim. Il ne danse pas, il ne sourit pas. C'est ça être cool. C'est comme mon personnage Sir Nose: il ne danse pas, il ne transpire pas, il ne baise pas. Si vous voulez être cool, il faut l'être au énième degré. Rakim est comme ça. Un jour je demandais à mon fils: «Est-ce que quelqu'un a déjà défié Rakim?» Il m'a regardé comme si j'étais devenu fou. «Ne pense même pas à le défier», m'a-t-il répondu. Bon, je savais bien que personne ne pensait à le défier, mais je me disais que puisqu'ils aimaient tellement s'envoyer des trucs à la face des autres, eh bien peut-être que quelqu'un aurait eu le courage de le faire. Mon fils m'a dit: «Il ne faut même pas penser à un truc comme ça. Personne n'ose y penser.»

Quelle a été votre réaction quand un groupe comme Digital Underground s'est mis à copier le style Funkadelic?
George Clinton : Je les connaissais avant que leur disque ne sorte. Toute cette équipe de Berkeley, en particulier le DJ The Uhuru Maggot, m'avait donné des cassettes quand ils étaient tout jeunes. C'était un vrai groupe avant qu'ils ne fassent du rap, vous savez. Alors quand c'est sorti, je n'ai pas été surpris. Ceux qui m'ont surpris c'est De La Soul. Plein de gens nous avaient samplé avant, mais on ne savait pas qu'il fallait qu'ils payent pour ça, jusqu'à ce que De La Soul sample «One Nation». Comme je possède les droits de «One Nation», Warner les a envoyés jusqu'à moi et c'est là qu'on a compris. «Ah bon, on est payé pour ça?» Pendant tout ce temps, les maisons de disques, elles, avaient été payées.

En réécoutant Funkadelic, je pensais aux paroles de «Jimmy's Got A Little Bit Of Bitch in Him» où vous parlez de l'homosexualité d'une façon que les rappers n'ont jamais osé aborder.
George Clinton : Cette chanson était à propos d'un ami à moi qui travaillait dans un magasin de disques. Ce type se «cherchait», comme on dit. Nous on lui disait: «Mais tout le monde s'en fout de ça!» Il était totalement asexué, il n'avait jamais fait l'amour de sa vie. Moi je lui disais que la pire chose, c'était de n'avoir jamais essayé, de ne pas pouvoir le faire. On plaisantait ensemble à ce propos. C'est marrant, il trouvait qu'on était cool avec lui, vachement cool même, en comparaison avec sa famille. On n'arrêtait pas de lui dire: «En tout cas compte pas sur nous pour coucher avec toi».

Parlez-moi de la genèse du personnage de DJ de l'espace sur l'album «Mothership Connection».
George Clinton : Je m'étais rendu compte que les DJ changeaient de statut, ils passaient sur la FM, ils devenaient honorables. Ils parlaient avec une voix basse, calme et séduisante: «Bonsoir, Mesdames et Messieurs.» Fini le style (il prend une voix criarde, énergique): «Salut tout le monde! Prêt à déconner un bon coup?» Ce genre me manquait, alors je l'ai réhabilité sur mes propres disques, en particulier sur «Mothership Connection». Avec ce disque, on était revenu aux costumes de Parliament, mais on ne pouvait pas vraiment revenir aux vieux costumes, pour ressembler à Earth Wind & Fire ou aux Ohio Players. C'était plus possible. On voulait revenir en arrière mais en montrant qu'on allait de l'avant. On s'était fait un maximum d'argent avec les disques précédents et la moitié du groupe était partie parce qu'ils pensaient qu'on avait travaillé dur et qu'on méritait de se payer des maisons et des bagnoles. Je leur ai dit: «Vous vous offrez soit la maison soit la voiture, pas les deux parce qu'on doit s'acheter un vaisseau spatial!» Alors la plupart d'entre eux se sont offert une Seville et une fois que la mode est passée, ils étaient bien emmerdés! (rires). Il y en a pas mal qui sont partis, même s'ils sont revenus plus tard. C'était dur, mais si l'on veut en jeter plein la vue, alors il faut en jeter plein la vue avec du brillant de première qualité. Pour moi, c'est ça le show business. Une fois que la nouveauté est passée, c'est difficile de divertir le public. Je dirais même qu'une fois qu'il vous connaît, ça devient difficile. Ce qui était bien avec nous, c'est que le public ne connaissait aucun d'entre nous, juste le nom des groupes. Quand Parliament est revenu, c'était comme un tout nouveau groupe. On a gardé les costumes pour deux ou trois albums et ils ont été surpris quand «One Nation» est sorti sous le nom de Funkadelic. Les gens se demandaient ce qui se passait, on allait sans cesse d'un groupe à l'autre. Parliament, c'était le glitter, le strass. Quand on a eu le vaisseau spatial, j'ai dépensé le reste de l'argent à faire de la publicité autour de ça, parce qu'il fallait annoncer au public qu'on avait dépensé tout cet argent. L'argent appelle l'argent. C'est nul mais c'est comme ça. Et ça s'est pas trop mal passé puisqu'on a eu des articles dans Time, People, Newsweek. Tout le monde s'y est intéressé. Un journaliste est venu faire une interview et m'a dit: «Bon, ce truc c'est vraiment n'importe quoi, c'est de la merde, mais au moins c'est vous qui l'avez payé.» Ce journaliste m'a plu! Tout le monde m'avait dit qu'il était vraiment agressif, qu'il allait me coincer. Je lui ai dit: «C'est moi qui l'ai payé, personne d'autre.» Il m'a répondu: «Je vous aime encore plus. Au moins ce n'est pas une idée de la maison de disques, vous l'avez payée de votre poche. Vous savez comment ce business marche, n'est-ce pas?» «J'espère que ça marche de cette façon», lui ai-je dit.

Avec le recul, comment jugez-vous les derniers albums de Parliament comme «Gloryhallistoopide» et «Trombipulation». A l'époque, les critiques étaient dures. George Clinton : Mais ce sont aujourd'hui les plus populaires! Cette popularité est due uniquement au fait que l'on est si loin de ce son qu'il est possible aujourd'hui de l'apprécier. J'ai moi-même commencé à l'apprécier quand Humpty [de Digital Underground] et Ice Cube sont arrivés. Ils n'arrêtaient pas de sampler ces disques, ce sont leurs préférés. On avait peut-être changé trop vite à l'époque. Pour «Gloryhallistoopid», je pensais vraiment qu'il était temps pour nous de nous reposer. Alors j'ai rassemblé une série de chansons que j'aimais. Je dis toujours qu'on réalise les meilleurs albums quand on a des problèmes. Je me disais qu'on avait eu trop de hits, que de toute façon ils allaient nous virer, peu importe comment sonnerait l'album. Je pensais que notre période d'obsolescence planifiée était arrivée, que même si ça sonnait bien, ils allaient nous dire de foutre le camp! Je pensais que «Gloryhallistoopid» serait ce disque. En fait quand le disque est sorti, les gens ont vraiment bien aimé (il chante) «My name is the one....» C'était le genre de truc que j'avais chanté au micro en deux minutes. Et ça marchait! Un autre album dont je pensais que personne n'aurait eu même l'idée d'acheter, c'était «The Agony Of Defeet». Même dans un million d'années... C'est sur ce disque que j'ai donné à Sir Nose son rôle principal. (Sir Nose DVoidfunk est un personnage que Clinton a inventé et qui représente celui qui ne danse jamais et qui n'a pas le funk; il est présent dans ses concerts à partir de 1976, nda). Il revient sur terre pour retrouver ses ancêtres. Et moi je me repose.

Votre approche du travail en studio a toujours été tournée vers le travail d'équipe, ce que de nombreuses personnes dans votre position ne font pas. Ils pensent: «Je sais mieux que tout le monde.»
George Clinton : Mais je ne veux pas de cette responsabilité, je n'ai pas besoin de ce job! Je me marre toujours quand je vois les artistes arriver dans le studio et dire littéralement à tout le monde ce qu'ils doivent faire. La seule personne dont vous avez à vous occuper est vous-même. Je suis content de venir au studio, de m'asseoir dans le salon et de monter toutes les deux heures voir ce qui se passe. Comme ça j'ai des oreilles fraîches et je peux faire mon choix. Mais si je reste tout le temps dans le studio, je vais être créatif une fois toutes les cinq minutes et la mayonnaise ne va jamais prendre. Au bon vieux temps, on passait 24 heures sur un son de batterie. Et une fois qu'on avait le son, on se rendait compte que le reste ne s'adaptait pas à la batterie qui était trop massive! Qu'ils aillent se faire foutre avec ça! (rires) Laissez l'ingénieur du son s'en occuper et ensuite seulement vous pouvez dire ceci et cela. C'est beaucoup plus facile. Evidemment certaines personnes comme Sly ou Prince savent ce qu'ils veulent avant. Ils ont besoin de savoir. Mais pour moi ça revient à freiner la spontanéité. Je ne veux pas freiner ma spontanéité. b[

GEORGE CLINTON
GEORGE CLINTON
Ça semble être une attitude très jazz.
George Clinton : C'est bien pour ça que ça s'appelle le «funk»! Le funk est un terme venu du jazz. Il signifie: «Faites du mieux que vous pouvez et dans le doute, improvisez». Si vous vous lancez tout de suite dans une improvisation, le producteur va dire: «On est où, là?» (il tape sur la table) «En do!» Mais tout le monde veut savoir et personne ne veut admettre qu'il ne sait pas. Ou bien ils croient qu'ils doivent savoir pour justifier leur engagement. C'est l'unique raison: la plupart croient qu'ils doivent justifier leur travail. Pour moi, produire revient à trouver les bons ingrédients et les laisser... (il s'interrompt) Je ne veux même pas savoir ce que fait Bernie ou ce que fait Bootsy! Je sais seulement que c'est Bernie ou Bootsy, donc je sais qu'il n'y a rien qui ne sera pas correct au niveau du timing ou des accords.

Vous mentionniez que le funk est un terme venu du jazz .
George Clinton : L'improvisation, c'est: «Bon, on a joué le morceau, c'est très bien, mais voyons maintenant où on peut aller avec, et je vous revois dans un moment à la coda.» Même chose pour le blues. Le bluesman dit: «On joue dans quelle tonalité?» Et puis il joue. Maintenant il y a tous ces petits groupes tout mignons qui vous disent: «Ils ne connaissent pas nos arrangements.» Ils en sont là alors qu'ils ne savent même pas s'ils sont musiciens. Cette attitude vous aide mentalement plus que tout. Ce n'est pas une obligation d'être correct ou juste. Ce qui fait flipper la plupart des gens, c'est d'être triste ou inquiet que ça ne marche pas ou que ça ne sonne pas juste. Vous n'arriverez jamais à ce que ce soit «juste» avec cette mentalité. Quand vous êtes sur scène, les gens pensent que vous êtes toujours «justes». Tout ce qu'on fait, les gens pensent qu'on avait l'intention de le faire. En fait, la seule manière d'être «juste» est de faire croire que vous n'aviez pas l'intention de le faire!

J'ai une liste de noms à propos desquels j'aimerais que vous réagissiez en quelques mots. Vous êtes prêts? MC5.
George Clinton : Des Nègres blancs.

Wayne Shorter.
George Clinton : Il habitait au coin de ma rue dans le New Jersey. Lui et Larry Young. Quand on les entendait jouer, on pensait que Larry faisait des gammes avec son orgue et que Wayne s'entraînait. On ne savait pas qu'ils jouaient de la musique, on ne savait pas encore ce qu'était le jazz. J'ai dit ça à Miles, vous savez. (il fait quelques sons bredouillés, des demi-notes) Wayne Shorter, ouais c'est un putain de musicien!

Chuck D.
George Clinton : Quand on parle de tonalité dans le rap, il n'y a que lui. Lui et Rakim.

Ice T.
George Clinton : C'est un gars des quartiers, il vient de Newark. J'aime bien son attitude et j'ai appris à aimer le ton de sa voix. Mais quand «Reckless» est sorti, je détestais ça.

Prince.
George Clinton : Il est bien meilleur que la plupart des gens ne pensent. Il est même meilleur que la plupart des gens ne le sauront jamais. S'il se met à sortir les trucs qu'il a en boîte... Peut-être le fera-t-il maintenant qu'il s'est paraît-il retiré. (l'interview a été réalisée en 1993 quand Prince avait abandonné son nom et s'était retiré de la scène, nda)

James Brown.
George Clinton : Je ne sais pas comment ce salaud s'en est sorti à l'époque avec juste ses «Uh, good, God!», mais aujourd'hui, je suis content qu'il n'en ait pas dit davantage, parce que s'il avait eu QUELQUE CHOSE à dire, on serait probablement tous morts d'overdose. Ce «Uh, good God!» était déjà suffisant pour nous tuer tous.

Miles Davis après «Bitches Brew».
George Clinton : A chaque époque, Miles Davis a été audacieux. J'ai toujours admiré sa capacité à changer de styles et de se ficher de ce que ses contemporains pouvaient dire ou penser. Même quand les musiciens qui l'entouraient pensaient qu'il n'aurait pas dû faire ceci ou cela, il restait de marbre. Il pouvait faire ce qu'il voulait. Et il avait l'oreille aussi. Il jugeait immédiatement une musique, même la plus nouvelle, et n'avait pas peur de s'en emparer.

Sun Ra.
George Clinton : (il rit) Vous savez, je ne connaissais rien de lui il y a encore six ou sept ans. Même plus longtemps que ça. Je connaissais son nom, c'est tout. Depuis, j'ai rencontré de nombreux musiciens qui jouent avec lui, j'ai vu leur calibre. Cela ne m'étonne pas qu'il pouvait jouer autant, parce que ça ressemble à ce qu'on fait: c'est facile de jouer autant quand on a de si brillants musiciens avec soi. Il était capable d'écrire une composition devant eux, comme on écrit une lettre.

Bob Marley.
George Clinton : C'est marrant, je le taquinais souvent au début quand on s'est connu. Je ne connaissais pas grand-chose au reggae, on fumait beaucoup d'herbe, on se défonçait et lui il n'arrêtait pas de parler de Haile Selassié. Je n'ai jamais réussi à le comprendre. Il essayait de m'expliquer et je lui disais: «Arrête ton baratin! tu es né dans le Maryland!» (rires) Pour moi Bob était comme un Sam Cooke versé dans la politique. Pendant longtemps, Sam Cooke était considéré par les Noirs comme Jésus, avant qu'il ne fasse «You Send Me» et ce genre de chansons, quand il était encore avec les Soul Stirrers. Marley lui fut à à la politique, en Jamaïque mais aussi partout dans le monde, ce que les Beatles ou Jimi Hendrix furent au psychédélisme. Il avait l'esprit en lui. Quand cet esprit vous traverse, vous ne pouvez rien faire. Il aurait probablement préféré jouer de la musique et se marrer, mais quand l'esprit vous traverse, vous êtes élu, vous ne pouvez vous échapper.

Connaissez-vous un producteur du nom de Lee «Scratch» Perry? Non? Parlez-moi d'Eddie Hazel alors.
George Clinton : Monsieur Maggot Brain. Sa musique sera toujours présente ici bas. C'était une boule de sensibilité, il ressentait tout.

Bootsy Collins.
George Clinton : Le plus funky de tous les putains de bassiste! Je lui disais tout le temps: «Surtout ne joue pas de lignes de basse sur le clavier!» Bootsy a un rythme différent des autres dans la peau, son frère Catfish aussi. Il ne reste plus tellement de rythmes que n'ait explorés Bootsy.

Bernie Worrell.
George Clinton : Woh. Difficile d'en parler en si peu de mots. Et en même temps, il n'y a pas beaucoup de mots qui conviennent pour parler de lui. Bernie est un peu tout à fois, il est tout ce que vous avez besoin d'être en musique. Il est tout ce qu'il a besoin d'être lui.

Smokey Robinson.
George Clinton : Mon idole. C'est lui qui m'a amené à glisser tellement de jeux de mots dans mes morceaux, parce que Smokey le faisait à mort dans ses chansons. Quand j'ai quitté Motown, je ne pensais qu'à ça, à comment faire et refaire resurgir le même concept, à trouver les synonymes, le antonymes. Smokey était le maître dans le domaine. C'est mon auteur-compositeur préféré.

Sly Stone.
George Clinton : Probablement mon artiste préféré de tous les temps. Je me refuse à penser ce qui serait arrivé s'il s'était sorti de son merdier... On ne pourrait probablement plus supporter ce qu'il fait. On aurait probablement tous fait une overdose comme j'ai dit à propos de James Brown. Quand il disait «Je m'en vais un moment», un esprit supérieur s'était emparé de lui, comme chez Bernie. Sly peut écrire des chansons qui sonnent comme s'il s'adressait à chacun de nous. Tout le monde croyait que Sly lui parlait. Et il reste une personne de la rue. Il est vrai.

The Beatles.
George Clinton : Vous nommez les bons. Sly, The Beatles. Je pense à eux comme je pense à Motown, à Sly, à Hendrix. Les Beatles ont attrapé la bonne vague au bon moment. Certains sont malins. Prenez Stevie [Wonder]. Il ne pouvait être que ce qu'il fut. Il a grandi au milieu de tous ces chanteurs, il était doué à 11 ans, il avait tout dès le début. Mais ensuite il a fait des études, alors on dit que c'est normal qu'il soit si génial. Moi, je suis supposé être bon aussi, parce que j'ai connu assez de musique dans des endroits différents pour être capable de m'exprimer. J'appelle ça être intelligent. Mais d'autres gens attrapent une vague et c'est ce qu'ont fait les Beatles. C'est un truc unique, impossible de le faire plus tard. Les circonstances ne sont plus les mêmes, c'est fini. Pour des raisons que j'ignore, Sly n'a pas réussi à le faire. Pour d'autres raisons tout aussi inexplicables, Motown ne peut pas le faire. Quand ce truc arrive, il arrive et tout ce que vous faites est juste.


Interview réalisée par John Corbett en 1993 et publiée dans Vibrations
en février 2000 - © John Corbett et Vibrations

John Corbett et Vibrations
Rédigé le Vendredi 1 Avril 2005 à 10:56 | Lu 3063 fois | 0 commentaire(s)





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