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Femmes au pouvoir

Le culte de la fertilité féminine.

Dans la province de Yunnan, en Chine, il existe un peuple paisible gouverné par des femmes. Ce peuple, protégé par la Montagne enneigée du Dragon de Jade, vit et se nourrit depuis des siècles de ses croyances ancestrales. Tous les naxi ont un ancêtre commun : Tabu qui les aida à rompre la coquille d’un oeuf au pouvoir magique et depuis lors s’est instauré et perdure le culte de la fertilité féminine.


Femmes au pouvoir
Quand une fille naxi devient femme, elle va vivre seule dans une nouvelle maison appelée Axia, qui signifie Amis (noté le pluriel !). Dans cette maison, un homme choisit par sa famille, la rejoindra pour sa première nuit d’amour. L’homme en question ne deviendra pas pour autant son mari, il sera appelé ami, d’autant plus qu’au petit matin il rentrera chez lui dans sa famille. Si la femme n’était pas satisfaite de cette première rencontre, elle lui signifiera la fin de la relation, simplement en fermant la porte de l’Axia le jour suivant. Libre à elle de choisir alors un autre homme.

Les couples naissent ainsi d’histoires d’amour qui se font et se défont sans peine ni jalousie. Les enfants qui naissent de ces relations vivent dans la maison maternelle sans jamais connaître, ni savoir qui est leur père biologique, c’est une tante qui en assumera le rôle. Ces petits, fruit de différentes nuits d’amour, recevront tous le nom de famille maternelle et seule les filles en hériteront la fortune et les biens. Ainsi la lignée maternelle et son pouvoir sont perpétuée.

Les femmes naxi s’occupent donc de l’éducation des enfants ainsi que des lourds travaux des champs et de la vente au marché. Les ornements des matriarches reflètent l’importance du rôle social, elle porte pardessus leur blouse une cape du firmament : sept disques représentant les sept étoiles de la constellation de la Grande Ourse. Accrochées et croisées au niveau de la poitrine, des bandes larges se terminant sur le dos leurs permettent de transporter enfants ainsi que paniers lourdement chargés. Le rôle secondaire des hommes ce reflet par des vêtements bien plus simples, ils ne restent pour eux que les travaux plus légers et faciles et le bonheur du dolce farniente.

Le plus étonnant de cette histoire ce n’est pas qu’elle soit vraie, car au fond… à quelque détail près, n’est-ce pas…. Et bien que non reconnu socialement, dans bien d’autre partie du monde le rôle et l’importance des femmes ne diffère pas beaucoup des naxis. Voir par exemple dans certains pays d’Afrique ou d’Asie, où les femmes éduquent leurs multiples enfants, travaillent durement dans les champs et s’occupent de la vente des produits aux marchés. J’ai vu personnellement des femmes indoues construire des routes, taillant les pierres et transportant-le tout dans de lourd panier placé en équilibre sur leur tête. Dans la plus part des marchés en Afrique se sont les femmes qui règnent et marchandent et plus tard retournent chez elles pour s’occuper de leurs enfants et de leur mari.

Ce qui rend cette histoire surprenante c’est qu’elle se passe de nos jours et en Chine. Pendant des siècles, les Han, une des ethnies majoritaires en Chine, ce qui signifie an passant plusieurs millions de chinois, tuaient leurs nourrissons filles à cause de leur manque total de valeur au sein de la société. Ne travaillant pas assez, nécessitant de la dot pour se marier, avoir une fille chez les Han était considérée comme une vraie malédiction. Parfois, c’est dans les déserts plus aride que naît la plus parfumée des fleurs.


ETM / Cartagene
Rédigé le Mercredi 26 Février 2003 à 00:00 | Lu 601 fois | 0 commentaire(s)





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