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Éducation

La Culture noire à l’école au Brésil

LA LOI Nº 10 639, APPROUVÉE EN JANVIER 2003 PAR LE PRÉSIDENT LULA DONNE DES RÉSULTATS: DES MILLIERS DE JEUNES NOIRS ET BLANCS FONT L’APPRENTISSAGE DE LA CULTURE ET DE L’HISTOIRE AFRO-BRÉSILIENNES, APPRENNEBT À VIVRE ENSEMBLE ET À RESPECTER LES DIFFÉRENCES.


PHOTO RAFAEL CUSATO
PHOTO RAFAEL CUSATO
RACONTER L’HISTOIRE DE LA SAMBA, des cours de coiffure afros, la confection de vêtements pour des présentations artistiques, des chansons de congo, des jeux typiques des villages africains, tambours, littérature, des recettes gastronomiques typiques, des affiches sur les animaux de la savane... Les expressions artistiques sont des plus libres. À Juiz de Fora, MG, les sœurs Fernanda, Amanda et Iana, élèves de l’École Municipal José Calil Ahouagi attendait le retour des activités du projet “Afrique-Brésil”, qui regroupe les activités tournées vers la communauté du quartier Nova Califórnia. A travers le théâtre, la danse, l’artisanat et principalement la créativité des élèves de l’école, les contes et les légendes africaines trouvent une nouvelle interprétation. Et la place des noirs au Brésil devient sujet de discussion. La responsable du projet est la professeure Andréa Borges de Medeiros, directrice de l’école depuis cinq ans. Elle raconte que tout a commencé en 1999, pendant sa recherche de maitrise. “i[L’intention était de promouvoir l’égalité. Un des découverte est que les enfants avaient une faible estime de soi du fait de la non acceptation ethnico-raciale, ce qui commençait à affecter la performance scolaire et les relations sociales au collège]i”, indique-t-elle. D’un travail individuel, le projet “b[África- Brasil]b”a gagné de nouveaux adeptes: professeurs, élèves et parents. Tous en tant que membres participant aux activités culturelles organisées par l’école. Dans une période ou le débat sur la diversité prend de l’ampleur, l’École Municipale José Calil Ahouagi peut effectivement se considérer comme pionnière dans ce cadre. Au point où elle a suscité l’intérêt de chercheurs de l’Université Siegen en Allemagne, qui ont visité l’institution au premier semestre 2007. Andréa Medeiros était encore parmi les trois finalistes du Prix National “Educar para a Igualdade Racial” (Éduquer pour l’Égalité Raciale) sur 393 travaux inscris, en provenance de 23 états brésiliens. L’unanimité a prévalu au Centre d’Études des Relations de Travail et des Inégalités de São Paulo : la première place a été attribuée au travail de la directrice. La reconnaissance de l’école a été complète avec la médaille Nelson Silva remise par la Conseil Municipal de Juiz de Fora aux personnes ou institutions qui travaillent en faveur de la valorisation de la culture noire. b[RESPECT DE LA LOI]b Beaucoup d’élèves ont déjà compris qu’une grande partie de ce que l’école leur a enseigné jusqu’à présent sur la culture afro-brésilienne était du folklore ou des clichés. Les petits livres qui n’allaient pas au-delà des senzalas et des navires négriers furent remplacés par la littérature, la politique, l’art et l’histoire. Tout cela garanti par la Loi nº 10 639. Elle dit que toute institution d’enseignement de base – fondamental et moyen, public et privé doit inclure le sujet dans le curriculum. Approuvée en janvier 2003, la loi gagne en force. Les livres didactiques qui existaient sont un exemple crucial de cela: ils omettaient l’histoire noire et restreignaient les personnalités politiques uniquement à la figure de Zumbi. La loi est à la base du changement de l’imaginaire brésilien. Pour le coordonnateur du siège central d’Educafro, Douglas Belchior, la promulgation de cette Loi fut une grande avancée du point de vue politique pour le mouvement noir. Mais, il fut plus important pour la société. Le racisme, le préjugé et la discrimination contre la communauté afrodescendante ont été institutionnalisés par l’État brésilien durant ces plus de 500 ans. À mesure que les pouvoirs constitués approuvent une loi de cette nature, ils assument leur erreur historique. Cela, pour cette seule raison est déjà une grande avancée. Mais, comme nous sommes au Brésil, il faut toujours se souvenir: le droit est une chose, la condition et l’opportunité d’accès au droit en est une autre. “i[Le travail avec l’histoire et la culture afro, s’il est fait tôt dans l’enfance et l’adolescence, modifiera avec certitude les habitudes vicieuses qui nous conduisent à la pratique et à l’alimentation du racisme. L’affirmation de notre identité nègre, avec fierté et amour est l’un des plus grands gains possibles partant de la pratique effective de cette Loi]i ”, souligne Belchior. b[UN MONDE D’INFORMATIONS]b À São Paulo à l’école du secteur public Professeur Benedito Tolosa, qui reçoit 2 200 élèves de l’enseignement de base, moyen et EJA (supplétive) dans la région nord de la ville depuis deux ans est en train de développer le projet “Afro – Brasilidades – Um Olhar sobre a Comunidade Tolosiana” (Afro-Brasilités - Un regard sur la Communauté de l’École Tolosa) avec des activités liées à la culture et à l’histoire afrobrésilienne. Le projet a été développé par l’équipe de direction de l’école et vise à détruire les paradigmes et à développer l’harmonie dans les relations au quotidien et le respect entre tous malgré les différences. Récemment, une exposition sur l’Afrique a été organisée en salle de classe par les élèves avec des vidéos, de la danse, de la musique, la nourriture, les arts et les vêtements. Les enfants Elimar Aparecida da Silva, Layene, 12 ans et Victor Hugo 4 ans ont participé aux répétitions de danse. Habitante du quartier Dom Bosco, la cuisinière trouve que le projet est une grande nouveauté. “i[Je n’avais jamais vu quelque chose de pareil avant. Je pense qu’il est très bien que mes enfants aient participé, car plutôt que de rester dans la rue, ils vont à l’école”,]i affirme Elimar fièrement. La non moins cuisinière Etelvina Maria Gonçalves Lima, qui travaille à José Calil Ahouagi depuis 13 ans va dans le même sens. “i[Les petits restent ici la journée entière. Des fois, ils arrivent à 7h30 et ne partent qu’à 16h. Ils déjeunent même avec nous. Ça c’est nouveau]i.” Pour la professeure Sueli Jesus Fanganiello Martins, une des coordinatrices de l’exposition, l’engagement des élèves est très grand. “i[Ils découvrent un monde d’informations méconnues et extrêmement intéressantes et importantes. Au-delà de l’aspect culturel, on perçoit le changement de comportement : ils commencent à se respecter et à regarder les camarades noirs d’une autre façon ]i”, dit-elle. Près de 400 élèves entre 13 et 17 ans ont pris part au projet. “i[Nous cherchons à détruire les paradigmes selon lesquels le blanc est bon ou que l’un est meilleur que l’autre pour que les élèves puissent vivre ensemble et accepter les différences. Dans ce processus, recouvrer la fierté de la communauté noire, l’émancipation des afrodescendants et l’estime de soi sont des points fondamentaux. En même temps, on fait que le blanc connaisse la vraie histoire et apprenne à respecter le noir. Avec le projet de cette école, nous réussissons à calmer les conflits ethnique et raciaux”]i, affirme le directeur de l’école Antônio Sérgio dos Santos Gutierrez. b[LA CONTRIBUTION DES AFRICAINS ]b Jessie Valeska de Brito e Silva, 13 ans abonde dans la même veine. L’élève de 7ième (quatrième secondaire) aime beaucoup acquérir plus de connaissances sur l’histoire et la culture noire. “i[J’apprends et je comprends des choses que je ne savais pas malgré le fait que je suis noire. Personne ne m’avait expliqué jusqu’à présent. J’ai toujours été très timide. Mais depuis le début de ce projet, j’ai commencé à me relâcher un peu plus. Les gens ont commencé à discuter avec moi, à me poser des questions sur le préjugé et divers autres sujets. Pour moi, c’est merveilleux, j’ai réussi à beaucoup avancer. Après cette expérience, je suis certaine que j’affronterai la situation sans peur]i”, raconte l’élève. Kabengele Munanga, titulaire du département d’Anthropologie de l’Université São Paulo et Directeur du Centre des Études Africaines, pense que la loi constitue une avancée notable pour le Brésil en général et pour la population noire en particulier. Par la Loi, la contribution des africains et de leurs descendants à la construction de la société brésilienne est officiellement reconnue, non seulement par le travail d’esclave, mais également et principalement dans la construction de l’économie coloniale du pays, au peuplement de son territoire, à la construction de sa culture et de son identité nationale. “i[L’identité noire est reconnue dans l’univers des identités ethniques qui composent l’identité nationale plurielle. La manière la plus noble de reconnaitre l’histoire d’un des segments ethniques qui forment le Brésil est d’enseigner cette histoire aux jeunes brésiliens, futurs responsables du pays.”]i Seulement dans l’État de São Paulo, il y a 5.400 écoles et 5 millions d’élèves. Les données du recensement scolaire de 2006, réalisé par l’Institut National d’Études et d’Enquêtes en Éducation (Instituto Nacional de Estudos e Pesquisas Educacionais, INEP) démontre que près de 19 millions d’élèves de l’enseignement de base et moyen se déclarent noirs ou métisses. Selon Maria Margarete Santos, coordinatrice des Études et des Normes Pédagogique du Secrétariat de l’État São Paulo, toutes les écoles de l’État disposent d’un curriculum officiel qui cadre avec les spécifications de la loi São Paulo: Éduquer par la différence pour l’égalité, un partenariat du SEE avec l’Université fédérale de São Carlos (UFSCar) qui forme et informe les professeurs. “i[Au premier semestre de 2006, j’ai terminé la formation. Il y a également une formation en géographie africaine et afro-brésilienne administré par le professeur Dr. Rafael Zanzio dos Santos, de l’Université Fédérale de Brasília]i. b[LA PERCÉE DE LA LOI]b Selon l’avocat Renato Ferreira, du Laboratoire des Politiques Publiques - UERJ et Coordinateur du Programme Politiques de Couleur, il y a une discussion et des activités de formation ponctuels. Beaucoup de professeurs veulent se former, mais il n’existe pas une politique publique dans ce sens. “i[La loi constitue une avancée significative pour deux points: elle permet qu’un sujet de grande pertinence soit traité tel qu’il le mérite. C’est une reconnaissance de la part de l’état brésilien de la nécessité de l’application de politiques affirmatives pour promouvoir l’égalité raciale. La loi n’est pas seulement bonne pour le noir, elle est un outil pour la promotion de la diversité comme une valeur nationale. Dans un pays pluriel tel que le nôtre, cette loi nous oblige simplement à empêcher que l’éducation soit donnée seulement par la matrice européenne. Cette loi est en retard de 100 ans au moins ]i”, souligne-t-il. http://racabrasil.uol.com.br/Edicoes/115/artigo64733-2.asp PAR b[BRENO DA FONSECA ]bET b[SILVANA REGINA INÁCIO]b Une traduction de b[Guy Everard Mbarga]b


Guy Mbarga
Rédigé le Dimanche 30 Décembre 2007 à 00:22 | Lu 2185 commentaire(s)




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Vendredi 5 Juin 2009 - 16:33 CHILI

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