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Django Unchained

Le dernier film de Quentin Tarantino

S'il n'a pas renoncé au cinéma de pulsions dont il est le maître, on découvre un Tarantino plus réfléchi, moins infantile…


Un hommage au western italien ? Oui, sans doute, mais ce n'est pas là ce qui retient le plus durablement l'attention tout au long des 2h41 de « Django Unchained ». En effet, s'il plaît à Tarantino de jouer avec cette imagerie et ces codes et d'inviter à la fête Franco Nero, le Django de Sergio Corbucci, il place au premier plan un tableau de l'Amérique d'avant la guerre de Sécession, plus précisément de ce qu'il en était en ce temps-là des relations entre les Noirs et les Blancs, les premiers collabos parfois, les seconds très majoritairement racistes.

En cela, ce nouvel opus se présente comme l'inverse du précédent : dans « Inglourious Basterds », Tarantino se servait de situations historiques dont il ne retenait que les images livrées jadis par le cinéma hollywoodien, cette fois-ci il met son amour du western italien au service de son projet. Que le jeune Noir (Jamie Foxx, très bon) lancé à la recherche de sa femme, esclave comme il l'était lui-même dans la première scène, se prénomme effectivement Django relève ainsi essentiellement du clin d 'oeil, d'une même nature que celui qui conduit le cinéaste à désigner un personnage secondaire du nom de Léonide Moguy, réalisateur dont un film de 1943, « Paris After Dark », a pu servir de modèle à certaines séquences de « Inglourious ». On retrouve l'excellent Christoph Waltz qui, de nazi traqueur de juifs, devient un chasseur de primes déguisé en dentiste dont l'élégance, la culture et l'accent germaniques sont à l'origine de plusieurs des meilleurs moments du film. Sa confrontation avec Leonardo DiCaprio, richissime baron du Mississippi, éleveur de « mandingos » (esclaves contraints de se livrer des combats à mort auxquels Richard Fleischer consacra naguère un beau film), parfait salopard aux manières distinguées en plein dans la tradition tarantinesque, est la raison d'être de la seconde moitié de « Django Unchained », avant que Tarantino ne propose une ultime livraison de violence hystérique à ses inconditionnels, adeptes de ce cinéma de pulsions dont il est le maître, mais dont certains passages de sa nouvelle réalisation, plus réfléchis, moins infantiles, ont pu laisser entrevoir qu'il commençait peut-être à se lasser. Il vieillit, lui aussi, et ce n'est pas forcément une mauvaise nouvelle.

Source Nouvelle Obs

Par Pascal Mérigeau
Rédigé le Lundi 4 Février 2013 à 13:08 | Lu 1055 fois | 0 commentaire(s)






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