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Des femmes afroéquatoriennes se regroupent pour devenir propriétaires

Equateur

Le recensement de la population de 2001 a établi que les afroéquatoriens représentaient 4.9% de la population. En 2006, selon l’Enquête sur les Conditions de Vie (Encuesta de Condiciones de Vida - ECV), la population afro représente 5.7% des équatoriens. En cinq ans, l’auto affirmation identitaire afro a augmenté de 0.8 points.


Des femmes afroéquatoriennes se regroupent pour devenir propriétaires
Le taux de chômage des femmes noires de l’Équateur atteint 17,5%. C’est le taux le plus élevé par rapport aux autres ethnies, puisqu’il n’atteint que 4,7% chez les indigènes.

En Équateur, 5.7% de la population s’auto définit comme afro, ce qui veut dire qu’au pays, on trouve au moins 741.000 personnes de cette ethnie. Cependant, les conditions dans lesquelles ils vivent les situent parmi les habitants devant survivre dans des conditions précaires.

Ainsi, 48% des afroéquatoriens vivent en dessous du seuil de pauvreté du point de vue de la consommation, et par conséquent, leurs autres besoins, comme le droit à un logement ne sont pas satisfaits.


Plus précisément, en ce qui concerne le logement, on constate une discrimination persistante à l’endroit de cette population. Selon le Système Intégré des Indicateurs Sociaux de l’Équateur ( Sistema Integrado de Indicadores Sociales del Ecuador - SIISE), jusqu’en 2007, 38% de la population afroéquatorienne et 25% de la population indigène ne possèdent pas de logement. Et seulement 15.3% des femmes afroéquatoriennes et 10% des femmes indigènes possèdent une maison.

Face à cette réalité, 130 femmes habitants le secteur de Carcelén Bajo à Quito ont formé l’Organisation des Femmes Actives Afroéquatoriennes dont l’objectif principal est d’impulser le développement humain, économique et social et renforcer la culture afro. Et dire non à la discrimination dans toutes ses formes contre leur ethnie.

María Teresa Suárez, présidente de l’organisation affirme que le premier objectif concret qu’elles se sont fixé est "d’arriver à une situation où toutes les femmes membres aient la possibilité de posséder leur propre maison, un logement digne pour elles et leurs enfants".

Pour atteindre cet objectif, un accord a été signé entre les femmes, la Corporation de Développement Afroéquatorien (Codae) et le Conseil Provincial de Pichincha qui encourage l’accès au logement des femmes Afrodescendantes.


Elles doivent pour commecer ouvrir un compte de 300 dollars. À cette base, une somme de 1000 dollars leur est d’abord ajoutée, provenenant du Codae et servant à payer les frais et à financer la construction d’un logement. Jusqu’à présent, 80 femmes bénéficient de cet argent.

50 autres femmes recevront par la suite 25 000 dollars du Gouvernement de Pichincha pour la construction entière de leurs foyers. Pour faire partie du projet, elles devront réunir 10% du coût du logement et recevront par la suite le bon.

José Chalá, secrétaire exécutif du Codae indique qu’il est nécessaire que l’État apporte son soutien à cette initiative des femmes afrodescendantes pour qu’elles obtiennent un logement digne, "car il s’agit d’un des droits les plus violés".

Il explique que le problème d’accès au logement s’accentue au sein de ce groupe social étant donné qu’elles "subissent une triple discrimination en étant des femmes, de race noire et pauvres . Tout cela fait que très souvent, on ne leur permet même pas de louer un logement décent, car les propriétaires des maisons ne veulent pas louer aux noirs".

Le projet, à caractère social vise à procurer un logement à des personnes ayant de faibles revenus, mais qui s’associent


En effet, avoir un logement digne est un des autres objectifs de l’initiative féminine, puisque l’Enquête des Conditions de Vie de l’Équateur 2006 ( Encuesta de Condiciones de Vida del Ecuador 2006) a révélé que les indigènes et les afroéquatoriens sont ceux qui possèdent le plus grand pourcentage de logements construits avec du matétiel non récupérable (36,4% et 21,5%). De plus, la construction de tas de logements désordonnés atteint les 49% chez les indigènes et 38.8% chez les afrodescendants.

María Margarita Chalá, collaboratrice de l’organisation des femmes soutient que le projet de construction de logements fonctionne grâce aux épargnes des personnes, aux bons et à la coopération. Les maisons seront construites à Ciudad Bicentenario, qui est un projet encouragé par la Municipalité de Quito.

Daniela García, conseillère de Ciudad Bicentenario, explique que l’association des femmes de Carcelén Bajo peut accéder sans problèmes aux logements du projet urbain grâce à l’aide du bon, car elles ont déjà choisi leurs maisons et leur coût varie entre 8000 et 18000 dollars, ce qui correspond à leur capacité d’endettement et à leurs besoins.

Ciudad Bicentenario offre l’espace pour l’emplacement des maisons, la main d’oeuvre et des matériaux à faible coût, "mais c’est de l’intérieur de l’association que les gens doivent organiser et définir leurs projets", précise la conseillère.

García ajoute que ce projet est à caractère sociale et vise à permettre à des personnes ayant de faibles ressources et qui sont organisées de devenir propriétaire d’un logement. Elle explique également que les crédits pour l’acquisition de ces maisons peuvent être obtenus par le biais de l’ IESS, du Bon du Logement que donne le gouvernement ou grâce à des financements privés.


Les femmes organisées sont soutenues par le gouvernement de la province et le bon du logement.

Selon Ana Espinosa, secrétaire de l’Ogranisation des Femmes, il s’agit là d’un effort de solidarité pour qu’elles puissent jouir de leurs droits. Et elle insiste sur le fait que même si 1000 dollars peuvent "paraître peu", c’est une somme importante pour l’association, car beaucoup de ses membres n’ont pas d’emplois.


Malgré le fait que 40% d’entre elles ont effectué des études universitaires, elles n’arrivent pas à obtenir un travail leur permettant de subvenir à leurs besoins. C’est la raison pour laquelle 95% de ces femmes travaillent en tant qu’employés domestiques, percevant ainsi de bas salaires.

De plus, les femmes faisant partie de l’organisation sont des mères célibataires qui ont par conséquent la responsabilité de nourrir leurs enfants, de payer pour leur éducation et payer des loyers.

La tâche est difficile, car il y a beaucoup de personnes qui font partie de l’organisation, et aucune décision ne peut être prise si elles ne sont pas toutes d’accord. De plus, explique-t-elle, le projet de propriétés de logement nécessite l’engagement et l’épargne de tous, "mais beaucoup d’entre elles ont d’autres obligagtions et des fois, il leur est difficile de disposer d’un montant d’épargne fixe; ce qui explique la raison pour laquelle le projet a un peu été retardé".

Cependant, indique-t-elle, dans une quinzaine de jours, il est prévu que les 130 femmes disposent du montant initial de 300 dollars, et la construction ainsi que la livraison des maisons pourra commencer.

C’est le temps que doit attendre Sofía, qui fait partie de l’organisation, pour enfin avoir sa propre maison, ce qui lui facilitera l’accès à d’autres droits.

"Une fois que l’on possède un logement digne de ce nom, on peut s’ouvrir des espaces pour l’obtention d’autres droits, comme le droit à l’éducation de nos enfants qui très souvent sont discriminés parce qu’ils sont afrodescendants et enfants de mères célibataires".

Selon le secrétaire du de la Codae, Chalá, le fait d’être propriétaire de son logement aidera les Noirs à abandonner les zones de pauvreté dans lesquelles ils ont été installés.

Lucía Real Hidalgo
lreal@telegrafo.com.ec
Reporter - Quito

Traduit de l'espagnol par Guy Everard Mbarga


Guy Mbarga
Rédigé le Dimanche 19 Octobre 2008 à 12:19 | Lu 1244 commentaire(s)




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