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DJIBRIL KACHIDI

Une griffe à porter

Djibril Kachidi est un styliste modéliste qui inscrit son nom dans le monde de la mode au Congo. La couture est une façon de s’exprimer au sein de la société, c’est pour cette raison que j’ai choisi de faire ce métier dit-il. Avec onze années de pratique de son art, entre création et défilé, Djibril ne s’arrête pas, il nous parle de son parcours et de sa nouvelle collection
« TENTATION », un nouveau défilé prévu en juin 2012 à Brazzaville. Il s’annonce très chaud, tendance classe avec un pagne aux motifs Kachidi.


Faire asseoir le stylisme au Congo est l'une de mes ambitions

Djibril Kachidi
Djibril Kachidi
Djibril Kadichi, qu’est-ce que la mode et que représente-telle pour vous?
Pour moi, la mode est une culture, une façon de pensée, bref un art. Elle représente une valeur profonde qu’on ne peut pas dissocier de l’homme. La mode est l’essence même de la communauté, c'est-à-dire que sans elle, il n’y pas d’harmonie. C’est un choix artistique pour moi et une opportunité parce qu’elle me donne une occasion d’exprimer mes pensées.

Depuis combien de temps faites- vous ce métier ?
Je fais ce métier il ya de cela donc 11 ans déjà. Tout a commencé par un poème, me sentant amaigri, j’ai pris le pseudonyme de "Kachidi" qui veut dire en Français « qu’il a maigri ». C’est en lisant un jour, un magazine qui parlait de Sergio Taschini que j’ai eu le déclic. Je me suis dit pourquoi ne pas devenir Styliste comme lui ? Aujourd’hui, je fais du prêt à porter avec la griffe de Djibril Kachidi, je voudrai conquérir et satisfaire un public plus large.

Quelle formation avez-vous suivi ? Parlez nous aussi de vos débuts?
Je n’ai pas suivi une formation appropriée dans la mesure où le stylisme est pour moi une vocation. Cependant j’ai fait quelques stages. Mes expériences professionnelles sont les défilés que j’ai eu à organiser personnellement et ceux auxquels j’ai participé.
Mes débuts dans la mode ont commencé par des difficultés, étant donné que le stylisme est un système fermé, il était difficile d’aborder les anciens. J’ai des obstacles à réaliser des défilés de mode par manque des sponsors, sous-estimation chez certains partenaires qui ne croyaient pas en moi certainement.

Comment avez-vous commencé pour présenter vos collections par des défilés et quel est le défilé le plus abouti, c’est-a-dire celui qui a le plus marché?
Mon premier défilé a eu lieu en juin 2007, avec ma première collection "Yassa" à l’occasion du Festival des arts du palais au C.C.F actuellement Institut française du Congo (Brazzaville) qui comportait quinze modèles avec pour thématique la gastronomie. Ce défilé fut une initiative de la cafète du C.C.F. Parmi tous les défilés, le plus aboutit est la Griffe de KACHIDI".

Quel sont tes bons souvenirs à titre professionnel à ce jour ?
Mes meilleurs moments dans le métier sont : Le défilé de mode «La griffe de KACHIDI en 2008 au centre culturel française ; le cinquantenaire du Congo Brazza en 2010 à L’hôtel Olympique ; le défile de mode Vlisco le 24 janvier 2012 à Kinshasa. A l’avenir, j’aimerai bien participer à l’événement de mode « Molato na Brazza » pour présenter aussi mes créations à cette rencontre.

Y a-t-il des différences entre l’idée que l’on se fait du métier et la réalité ?
Oui il y a des différences entre l’idée que l’on se fait du métier et la réalité. En réalité le styliste n’est pas un couturier, mais il est un créateur de mode c'est-à-dire un concepteur de mode. Son travail consiste à dessiner pour donner vie à un vêtement qui sera réalisé par un modéliste. Il doit donc savoir bien dessiner. L’idée que j’ai de ce métier c’est de créer une marque de vêtement assortie d’un brevet industriel.

Que répondez-vous à qui prétend que la couture fait parti des petits métiers ?
La couture ne fait pas partie des petits métiers. Il est d’ailleurs un métier noble qui tire ses origines de l’Egypte antique. De génération en génération elle a toujours été un moyen d’exprimer des classes sociales. C’est une fierté pour moi d’être styliste aujourd’hui. C’est évident que le participe au processus de développement du Congo comme est un opérateur économique à travers mon métier.

Selon vous, quelles sont les compétences nécessaires à avoir pour réussir dans votre métier?
Pour réussir dans le styliste, il faut avoir l’esprit de l’art associé aux compétences techniques sociologiques. Il y a aussi les qualités personnelles qu’il est bon de posséder dont l’honnêteté, la patience, le courage, l’amour du travail bien fait, etc.….
Mon métier a des avantages; celles de se faire découvrir, découvrir, et se créer des relations. Les inconvénients arrivent lorsque les modèles ne plaisent pas au public, on est l’ombre de soi-même.

Quelle image comptez-vous donner de la mode congolaise aujourd’hui?
La mode congolaise doit être une mode universelle, c’est-à-dire un métissage de cultures pour former une seule culture. C’est ce que j’appelle
« la meelting culture ou la meelting mode »

Les sapeurs congolais préfèrent les habits des « grand » couturiers européens, es-ce que cela vous fait-il réagir ?
Les sapeurs congolais devaient être un atout dans la valorisation du stylisme africain en général et congolais en particulier. Malheureusement,
ces derniers brillent par un renoncement de soi-même pour faire la promotion des couturiers blancs.

Parlez-nous de la nouvelle collection ?
Ma nouvelle création s’appelle TENTATION, une étape de l'immaturité à la maturité. Car, on peut pas prétendre devenir mature sans frôler la tentation ». Cette nouvelle collection vient allonger la liste de mes plusieurs autres créations. Elle sera présentée au public en juin 2012 à Brazzaville. Les préparatifs sont en cours et le défilé s’annonce chaud, tendance, classe avec la présentation du pagne aux motifs de KACHIDI. J’invite donc le public à venir admirer mes nouveaux modèles et surtout de s’habiller avec ma griffe.

A qui s’adressent vos créations et qui sont vos clients ?
Mes créations s’adressent à toutes les catégories de clients pour évacuer l’incompatibilité entre ceux qui ont des moyens de s’offrir mes vêtements et ceux qui n’en ont pas. Mon travail consiste à satisfaire tous les consommateurs en leur offrant des tenues de qualité selon leur niveau de vie. J’ai la vision d’habiller tout le monde.

Vous avez déjà travaillé en collaboration avec d’autres grands couturiers africains ou européens ?ou vous travaillez seul ?
Non, je travaille seul mais, j’ai toujours eu envie de travailler avec d’autres couturiers dans le cadre d’un échange d’expérience. Je souhaite travailler un jour avec chéri Esam de la R.D.C, Martial Tapolo du Cameroun et Gilles Touré de la Côte-D’ivoire. Parmi les stylistes que j’aime particulièrement figure Anderson D.

Vous faites un métier qui nécessite un renouveau constant. Quelles sont vos sources d’inspirations ?
Mes sources d’inspirations sont la nature et le quotidien. Je m’inspire beaucoup de ce qui m’entoure, de ce qui se passe dans la vie de tous les jours. J’utilise aussi toutes les matières dans mes créations. Actuellement, je m'exprime sur le cubisme, c'est-à-dire, des figures géométriques mélangées pour donner une quelconque image, ainsi que l'a fait Picasso ».

Es-ce que Kachidi vit de son métier ?
Je vis plus ou moins de ce métier.

Avez-vous une devise ?
Ma devise est « discipline-travail-prospérité »

Un dernier mot à nos lecteurs intéressés par le métier de la mode?
A tous ceux qui s’intéressent aux métiers de la mode, je leur exhorte à être courageux, persévérants, et surtout à être plus imaginatifs.


Lauryathe Bikouta
Rédigé le Mardi 15 Mai 2012 à 01:10 | Lu 1305 fois | 1 commentaire(s)






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