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COCO MANIOC

Ma vie au Congo

Vivre dans la forêt, entouré d’arbres et d’animaux, marcher sans chaussures, pécher dans le fleuve, manger le poisson frais et les fruits cuellis des arbres, cela pourrait être le rêve... Mais pour Thierry Guillamot, cela ne représente rien de spécial. C’est la vie qu’il connait depuis son enfance il y a plus de cinquante ans, la vie choisit par son père forestier.


Thierry GUILLAMOT
Thierry GUILLAMOT
Thierry a un statut particulier, de Congolais d’origine française, car il est né il y a 48 ans à Les Saras un petit village entre Pointe-Noire et Dolisie, une gare sur le chemin de fer Congo-Océan. Sa famille et lui étaient les seules blancs résidant de manière permanente dans ce village à l’époque.
La vie de Thierry a subitement changé le jour où son père a accepté de remplacer un colon français comme forestier dans les bruges. Tout de suite il est tombé sous le charme des paysages, des personnes et de la terre du Congo. Ensuite sa mère est arrivée pour connaître le village. Pour Thierry et son frère, il n’y avait rien à connaître ni à expliquer. Le Congo c’était son pays la terre qui les a vu naître et grandir, les congolais ses amis et la forêt sa maison.
Dans son petit village, à 100 kilomètres de Pointe-Noire, il était le mundele. « Ou on jouait avec les enfants du village, ou on ne jouait pas avec eux. Mon frère et moi allions à l’école africaine. A cette époque-là l’école française n’existait pas, surtout pas dans un petit village». Thierry affirme n’avoir jamais senti le racisme. Seulement par curiosité tout autour de nous les gens du village appréciaent logiquement la différence entre la peau blanche et la peau noire. Hormis cela, il était comme tous les autres. Comme tous les autres enfants du village, il accompagnait sa mère pour chercher de l’au à la rivière. Il a connu les coupures d’électricité. Il a couru pieds nus dans le village: «on avait pas l’habitude de porter des chaussures. Un jour que maman voulait nous enmener en ville, elle a dû nous imposer que nous portions les chaussures».
A 7 ans Thierry déménage avec sa famille à Pointe-Noire. Devant eux se découvrent la grande ville, l’école française et toute la cité ponténégrine. Dès lors, Thierry a commencé à devenir un des personnages les plus connus de Pointe-Noire, surtout que beaucoup de gens ont commencé à l’appeler par le pseudonyme de «Coco-manioc». Ce surnom vient de son goût pour la cuisine congolaise. « C’est parce qu’un jour dans un restaurant congolais où je suis allé manger avec des amis à la cité, ils ont commandé du poisson grillé et des plats occidentaux, tandis que moi j’ai commandé le plat typiquement congolais appelé coco manioc (un mélange de poisson salé ou fumé et de légumes typiques qui sont des feuilles de brousse coupées en très fines tranches dans une sauce de pâte d’arachide). Cela remonte à vingt ans en arrière. Depuis on m’appelle Coco Manioc. Du nom de

COCO MANIOC
ce plat que j’avais choisi. Quand il arrivait à la famille de Thierry de retourner en France, ils le faisaient par bateau. L’avion coûtait cher et il mettait trois jours pour arriver à destination. Par bateau, il fallait un mois pour arriver en France et un mois pour retourner au Congo. Thiery et sa famille voyageaient par bateau. Il ne se souvient plus exactement de cette expérience. «La première fois que je suis allé en France c’était un choc. Il faisait froid, tout était différent et moderne et il n’y avait pas de végétation. Je me rappel un jour, j’étais avec ma mère dans le supermarché et je vis un Noir, à l’époque il n’y avait pas beaucoup de Noirs dans ce coin de Bretagne, je me suis détaché de la main de ma mère et je suis aller embrasser cet homme. Ma mère lui a expliqué qu’on habitait au Congo et que je pensais qu’il était de ma famille ».
Mais dans la réalité, les membres de sa famille française autour de lui étaient curieux de savoir comment étaient les personnes au Congo, ce qu’on y mangeait, les animaux qu’on voyait, comment on se déplaçait et où l’on allait. Ils pensaient que Thierry habitait dans un gourbi de paille, cela ne le dérangeait pas outre mesure. Il savait qu’il était difficile que des Français imaginent ce qu’est la vie des gens habitant l’autre bout du monde. Ce qu’ils ignoraient c’était la sensation de liberté et la capacité de se mouvoir partout, surtout sur les plages congolaises».

Thierry doit son surnom Coco Manioc à un plat typiquement Congolais

Thierry est resté plusieurs années en Frances, pour ses études. Cependant il avait toujours en tête l’idée de retourner travailler au Congo. Il choisit un métier qui lui permettrait de rester vivre au Congo. Sur les conseils de son père, il fit des études de froid et climatisation.Aujourd’hui, Thierry possède une société de climatisation à Pointe-Noire au Congo. Il se délecte à admirer l’allure simple et décontractée des Congolais et Congolaises, à comtempler le coucher du soleil de sa maison de Diosso. Il en profite aussi pour découvrir et connaître la géographie du Congo. Thierry au Congo a connu des jours fastes et des jours néfastes. C’est à Pointe-Noire qu’il a fait la connaissance de sa femme dans les années 90. Ici il a ses amis et ses compagnons de voyage. Ici aussi est mort son père. Dans ce même pays, il a connu la guerre. «La guerre de 1997 nous a surpris», raconte t-il. «Personne n’avait prévu ce qui arriverait. On a vu soudain l’ambassade de France élever des murs de protection autour de ses bâtiments, on s’est douté de quelque chose. Ces moments de guerre ou de tension nous ont montré que nous étions égaux. « Ici je suis africain. Un africain blanc on a compris que la guerre c’était inévitable ». Coco Manioc a passé des journées terré dans sa maison, sans pouvoir se ravitailler ni en eau ni en nourriture. Une sorte de solidarité se tissait entre des gens vivant une même tragédie.

Rédigé le Samedi 10 Novembre 2012 à 12:33 | Lu 4143 fois | 0 commentaire(s)






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