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CARL HANCOCK RUX

L’artiste spoken word

Ecrivain, poète et comédien, l'artiste spoken word à la voix de baryton est polyvalent comme son œuvre est universelle. Né à Harlem, élevé par des parents adoptifs férus de jazz dans un Bronx en proie aux secousse du Hip Hop, Carl Hancock Rux a ensuite vécu au Ghana avant de s'installer quelques temps à Paris.


CARL HANCOCK RUX
CARL HANCOCK RUX
2004 fut incontestablement l'année de Carl Hancock Rux. Ce trublion issu de la scène spoken word ( il a débuté au légendaire Nuyorican Poet Cafe ) avait déjà montré l' étendue de son talent en publiant en 1999 Pagan operetta , recueil de prose poétique qui témoignait d'un goût précoce pour les passerelles entre les genres, et Rux Revue , premier disque en forme de manifeste qui rédimail la musique noire de ses péchés R'n'B.

Trois ans plus tard, il faisait une entrée remarquée dans le théâtre Off de Broadway grâce à Talk , une pièce célébrée partout et dont il était tout à la fois l'auteur et l'un des interprètes principaux. Alors qu'il reste pratiquement inconnu sous nos latitudes, le New York Times l'avait pourtant dès 1994 distingué comme l'un des artistes de moins de 30 ans susceptibles d'exercer une influence sur la culture américaine au cours des trentes prochaines années. Une fois n'est pas coutume, il semblerait que le célèbre quotidien, a priori peu réputé pour son sens de l'avant- garde, ne se soit pas trompé.

L'an passé, Carl Hancock Rux, désormais âgé de 37 ans, a abordé sa phase de maturité créatrice.
Bien accueilli par la presse, son premier roman a révélé au printemps un vrai tempérament d'écrivain. Portrait d'un génération perdue, Asphalt est centré autour d'un alter ego fictionnel, racine, jeune homme introverti de retour de New York après avoir échoué dans la production musicale à Paris. Rux a aussi prêté sa plume à un ouvrage collectif coordonnée par le critique du village Voice Greg Tate, Everything but The Burden , qui disserte savamment sur le détournement de la culture noire par des artistes blancs : il y analyse pour sa part le cas du nouveau « nègre blanc », Eminem, à la lumière de la tragédie grecque et notamment de l'antihéros d'Euripide, Pentheus.

Décidement présent sur tous les fronts, il triomphait en octobre dernier à la Brooklyn Academy of Music, en tête d'affiche de la dernière production de Bob Wilson, une fantaisie gospel adaptée de la tentation de Saint-Antoine de Flaubert. Enfin et surtout Carl Hancock Rux a sorti son deuxième disque tant attendu, Apothecary Rx , qui élargit encore les horizons du précédent.

Pourtant, en dépit des apparences, rien ne relève chez lui d'une stratégie d'occupation ou d'une dispersion tous azimuts. Chacune des pratiques dans lesquelles il a choisi de s'exprimer interagit au contraire avec toutes les autres. « Quant tu écris une chanson, c'est comme quand tu écris un texte : tu entends les voix de différents personnages dans ta tête. Le travail en studio m'a permis, notamment par l'utilisation d'overdubs, d'explorer les différents registres de ma propre voix et de recomposer cette diversité qu'elle seule ne peut traduire sur scène. D'autant que mon chant est associé à une tessiture assez spécifique, celle de baryton basse, que je voulais nuancé sur ce disque », confit-il à l'heure du déjeuner dans un café de son quartier de fort Green : « J'écoutais les gens parler, la rumeur de leur voix et je voulais être capable de chanter comme ça. »

Bénéficiant d'une production remarquable, Apothecary Rx mêle textures, sonorités et pulsations urbaines en une sorte de flux organique d'où jaillit la voix incroyablement profonde du chanteur, telle la harangue d'un prophète des rues. Si Gill Scott-Heron n'avait pas sombré dans la dope, il enregistrerait sans doute aujourd'hui un disque comme celui –ci. Mais la musique de Carl Hancock Rux n'est pas simplement le pamphlet politique d'un Afro-Américain en butte aux difficultés de son temps, c'est aussi une œuvre aux proportions universelles où, comme il le dit lui-même, « les chants de moines tibétains entendus à Union Square font écho aux cœurs gospel de mon enfance. »


Carl Hancock Rux, Apothecary Rx ( Giant Step / RecRec )

Damien Bonelli / vibrations.ch
Rédigé le Dimanche 13 Février 2005 à 15:13 | Lu 3160 fois | 0 commentaire(s)





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