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Bob Marley & The Wailers

Catch a Fire

Lorsque « Catch a Fire » sort en 1973, le monde est loin d’être préparé à la révolution « roots » qui se prépare : celle-ci n’en allait pas moins laisser sous dépendance, dix ans plus tard, une scène rock en pleine reconversion tiers-mondiste lors de la mort prématurée du chanteur de St-Anne,Jamaique(+11/05/81,Miami) C’est qu’entre-temps se sera en effet imposé sans contestation possible le groove hypnotique du reggae, sous l’influence décisive de cinq desperados au verbe haut et à l’engagement sans faille : les Wailers.


Bob Marley, Peter Mc Intosh, Bunny Livingstone, Aston(Familyman)Barrett, Carlton Barrett : il est convenu de dater le début de l’ascension extraordinaire des cinq hommes de leur premier opus pour la maison de disques Island. En réalité, leur activisme musical remonte à bien plus tôt. Ska, rock-steady, cantiques, reprises Soul ou doo-wop, cela faisait en réalité dix ans que les Wailers écumaient les studios de Kingston. Autant dire qu’en 1973, ils sont fins prêts pour faire le grand saut, et c’est Chris Blackwell qui leur tend la perche. Les cinq amis se rendent à Londres pour retravailler sous son contrôle les bandes de l’album originel enregistré en Jamaique un an auparavant. Des musiciens de studio rompus à ce type d’exercice (Wayne Perkins, guitare/ « Rabbit »Bundricks, synthétiseur,clavinet & piano électrique notamment ) garantissent la touche de sophistication susceptible d’accrocher le public rock. « Catch a Fire » ne devait obtenir qu’un succès d’estime auprès du public blanc. Avec des compositions aussi importantes que « Concrete jungle », « Stir it Up », « Kinky reggae » ou « No more trouble »,ça n’est que bien plus tard que l’on prendra conscience de son rôle véritablement fondateur dans l’essor artistique du groupe. Le disque est bien sûr depuis lors disponible de même que chacun des dix autres enregistrements de Marley. Le mérite de cette édition spéciale remasterisée est de rendre chacune des chansons à sa luminosité acoustique originelle. Elle est surtout de nous donner à entendre la version première et inédite de l’album, telle qu’enregistrée en 1972(Harry J. studios) par cinq amis en état de grâce qui s’apprêtaient sans le savoir à écrire un nouveau chapitre -majeur- de la musique noire. Et c’est un tel plaisir de retrouver Le chant habité de Bob habillé des merveilleuses harmonies soul de Rita Marley et Marcia Griffiths(rejoints bien souvent par Peter Tosh et Bunny Wailers) !...Les deux chansons inédites dont le premier disque nous offre la primeur sont de ce point de vue tout à fait exemplaires de l’ancrage R’n’B des Wailers, petites perles à l’évidence groovy interprétées sans fioritures dans un subtil alliage tout à la fois de langueur et d’efficacité rythmique(Thank you, Familyman !)...Bref, du grand art...A réecouter (ou à découvrir !) absolument.

Edmond Mouelle Koula / Afrikara.com
Rédigé le Lundi 4 Octobre 2004 à 00:00 | Lu 2818 commentaire(s)




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