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ANTONIO CARLOS JOBIM

Avant 1958: aux bars de la plage

Il inventa la bossa nova lors de soirées bien arrosées. Aujourd'hui, il est mort mais sa musique reste vivace, l'objet d'hommages plus ou moins inspirés, de trop de malentendus. Lui, c'est Antonio Carlos Jobim, un des plus grands compositeurs du siècle


ANTONIO CARLOS JOBIM
ANTONIO CARLOS JOBIM
Quand un beau jour de juillet 1958, celui que l'on surnomme déjà Tom connaît enfin la consécration, il n'est plus un jeunot. Il a trente ans, une femme, un fils et déjà pas mal bourlingué, de Copacabana à Ipanema. Antonio Carlos Brasileiro de Almeida Jobim est un carioca pur sucre. Il est né le 25 janvier 1927, à Tijuca dans la zone nord de Rio de Janeiro. Sa famille déménage vite pour Ipanema, quartier plus au sud, plus bourgeois. Son père Jorge, fonctionnaire aux Affaires étrangères, poète à ses heures, quitte sa famille, puis ce monde. Antonio a huit ans. Il joue de l'harmonica chromatique et de la guitare. Rien d'exceptionnel pour celui qui avait coutume de dire que «tous les Brésiliens naissent guitaristes». Les choses sérieuses commencent en 1941 quand il prend des leçons de piano avec Hans-Joachim Koellreuter, un Allemand versé dans le dodécaphonisme. En 1946, il suit des études d'architecture. Qu'il s'empresse de quitter pour aller faire ses gammes dans les bars et les boates. Entre Copacabana et Ipanema, la vie est tout sauf un long fleuve tranquille et lui tire le diable par la queue dans les inferzinhos, les petits enfers!

Depuis le 3 octobre 1955, Kubitschek est à la tête d'un Brésil qu'il veut novo. Ce président bâtisseur et réformateur, en phase avec les aspirations modernes qu'incarne Jobim, est aussi guitariste amateur et se plaît à filer en douce la nuit écouter ces joyeux alcooliques pour la plupart encore anonymes qui inventent la bossa nova, la bande-son idéale de cette révolution de velours. Il y a Vinicius de Moraes, diplomate et poète, l'homme qui va ciseler ses lettres de noblesse à la bossa. Il vient d'en terminer avec son grand oeuvre, «Orfeu da Conceiçao», transposition du mythe d'Orphée qu'il a rédigée entre 1940 et 1955. Tom Jobim met le spectacle en musique. C'est un triomphe au théâtre municipal de Rio le 25 septembre 1956. Cette paire d'as n'a pas fini de gagner. Il y a aussi Joao Gilberto, un jeune Bahianais alors inconnu, un chanteur dont le phrasé et le timbre diffèrent des voix de l'époque. Il y a Newton Mendonça, un ami de Jobim, une plume aussi sûre que fine qui nourrira la musique du pianiste. Il y a Nara Leaosera leur muse, celle qui les accueille nuit et jour chez ses parents, au 2856 Edificio des Champs-Elysées. On murmure que c'est là que s'est inventée la bossa, lors de séances de travail rythmées à grands coups de bière et de scotch. Dans cette bande d'allumés, aux côtés d'un Jobim qui ressemble au Marlon Brando de «Sur les quais», on trouve Roberto Menescal, Ronaldo Boscoli, Carlos Lyra, Baden Powel...

Bossa nova certes, mais il ne faut pas gommer les influences plus anciennes. Si Jobim a délaissé les tracés bien rectilignes de ses études d'architecte, l'univers qu'il va bâtir reposera toujours sur de solides fondations. Les maîtres de sa génération viennent de tous horizons. Bien sûr des Brésiliens: Johnny Alf, un pianiste de bar mulâtre qui hante le club Plaza de Copacabana, qui va initier Jobim à la bohème et au jazz cool; Dorival Caymmi, inventeur d'un samba cançao plus relax avec lequel Jobim enregistrera en 1964 une formidable «Saudade de Bahia»; Ary Baroso, l'auteur de l'essentiel «Aquarela do Brasil» qui, avec la place accordée aux cordes, son rythme plus léger et le traitement de la voix, peut être considéré à juste titre comme l'hymne précurseur de la nouvelle vague; sans oublier l'écriture raffinée d'Heitor Villa-Lobos. D'autres influences viennent de plus loin: du jazz West Coast - «Julie Is Her Name», disque de variété jazzy avec Barney Kessel, est fondateur aux dires de tous; du classique aussi, à commencer par Debussy et les impressionnistes français dont Jobim ne cessera de se réclamer, prétendant même avoir des origines normandes! Sans parler des romantiques. Le thème «Insensatez» ne paraphrase-t-il pas le Prélude en mi mineur de Chopin? Et comment ne pas citer le «Dans mon île» signé dès 1946 par Henri Salvador. Guitariste et chanteur chez Ray Ventura, le Guyanais a passé au Brésil le plus clair des sombres années 40.

Au coeur et sommet de la bossa, on trouve toujours la signature de Jobim. Il n'est pas sur le devant de la scène. Mais depuis 1953, son nom est derrière tous les simples qui creusent toujours plus profond le sillon de cette nouvelle musique. Engagé comme copiste par la firme Continental en 1952, il signe des arrangements, des compositions, des textes pour les chanteurs du cru. Il met la main à la pâte, accompagnant de sa touche unique au piano les vains efforts de chanteurs guère à la hauteur de ses visions. Plus conséquente est son association avec Billy Blanco, dont il faut retenir «Teresa Di Praya» et plus encore «Sinfonia do Rio de Janeiro», onze sambas gravées en 1954. «My First Steps And Measures», une compilation du label Revindo, regroupe la plupart de ces faces cachées de la carrière de Jobim. Sur le même disque, on retrouve les 78-tours qu'il signera dès 1956, dès le succès de «Orfeu da Conçaceao», pour le compte d'Odeon. Et c'est en qualité de directeur artistique qu'il impose Joao Gilberto.

1958/1964: des plages de Rio au jazz

Le 10 juillet 1958, Joao enregistre «Chega De Saudade», paroles de Vinicius de Moraes, musique de Jobim. L'histoire retiendra cette date. Le titre avait déjà été enregistré par Elizete Cardoso avec la même équipe quelques mois plus tôt. Mais Joao n'était alors qu'à la guitare. Subtile nuance. Le 10 novembre de la même année, Jobim et Gilberto remettent ça avec «Desafinado». Texto: «désaccordé»! Newton Mendonça signe une déclaration d'intention. Il y est question d'anti-musique, comme les sambistes qualifient cette bossa qui utilise la quinte diminuée à l'image du be bop quinze ans plus tôt à New York. A cela, une réponse: «Les sentiments et la voix que Dieu m'a donnés.» Cette saudade, douce mélancolie, ballade métisse héritière du fado et de l'afro, allonge le pas quand le semba le presse, mélodie faussement nonchalante et rythmique vraiment pas évidente. En 1959, la fine équipe a tout d'une nouvelle sainte trinité dans ce Brésil qui aime tant les icônes. Ils sont les nouveaux prophètes de la musique populaire brésilienne. C'est à Jobim, tel un autre Job assis sur son tas de fumier, que l'on doit en grande partie ce parfum doux-amer, cette respiration inspirée. A Rio, les ondes et les rues ralentissent la cadence. Au festival de Cannes, «Orfeu Negro» est Palme d'or. De nouveaux fruits de la passion qui remontent vite jusqu'au nez de New York.

Là haut, «Jazz Samba» de Charlie Byrd fait un carton, Dizzy et Lalo Schifrin mettent le feu à Antibes en reprenant des thèmes de Jobim... Le jazz vire bossa nova et quarante ans plus tard ne s'en lasse toujours pas, avec quelques hauts (Archie Shepp, Joey Baron, Shirley Horn), bien trop de bas (Ella Fitzgerald, Herbie Hancock). Pas facile pour les virtuoses de la triple croche de prendre le pouls d'une musique plus alanguie, moins sportive. Pendant ce temps, Mendonça est mort et Jobim enregistre pour Atlantic en 1962 avec Joao Gilberto et le flûtiste Herbie Mann. Il reste surtout attablé avec son double Vinicius. Ils enregistrent bien un disque, mais surtout prennent le temps de respirer, de regarder la vie qui leur sourit, le temps qui passe. Et c'est ainsi que naît la «Garota de Ipanema», cette jeune métisse qu'ils voient passer chaque jour à 15 heures, le temps d'une bière au bar Veloso. Fille d'un général, elle s'appelle Heloisa Eneida Menezes Paes Pinto, elle ne répond pas à leurs avances. On connaît la suite de la chanson.

Au Bon gourmet, à Rio, Jobim, Gilberto et De Moraes créent de nouvelles chansons dont «So Danço Samba». Le succès les poursuit. Le 22 novembre 1962, c'est tout le gotha de la bossa qui débarque au Carnegie Hall de New York à l'invitation du président d'Audio-Fidelity. Ces quelques notes de guitare, ce doux chabada, ce zeste de swing élégant, ces murmures de voix, cette touche de piano, bref ce grain de sable qui fait la bossa ne se prête pas au lieu. C'est un désastre artistique. Mais le début d'une nouvelle ère pour le boss de la bossa.

Tous les cariocas s'en retournent sur leur terre nourricière. Tous, sauf deux: Joao Gilberto et Antonio Carlos Jobim. Stan Getz veut enregistrer avec eux. Ce sera le succès que l'on connaît (87 semaines de suite dans les charts pop!) pour la fille d'Ipanema, Astrud Gilberto, et la plus grande escroquerie du jazz. La voix de Joao est coupée pour le single radio et le nom de Jobim figure en tout petit. Pourtant, ce «Getz/Gilberto» réalisé à la mi-mars 63 ne vaut rien sans eux! Qu'importe, Jobim a trouvé le moyen de conquérir l'Amérique et rencontré à cette occasion le producteur Creed Taylor et le parolier Gene Lees, qui mettront leur talent à son service.

En mai 1963, Jobim signe son premier disque sous son nom, tout seul. Et encore... L'album s'intitule «The Composer of Desafinado Plays». Jobim est enfin reconnu pour ses talents multiples, pianiste aussi minimaliste que décisif, compositeur génialement prolixe, guitariste dans le ton. Pour superviser ces séances instrumentales, Claus Ogerman entre en piste. Pendant plus de quinze ans, cet arrangeur venu du classique va donner un nouvel écho aux mélodies de Jobim. Son truc, c'est les cordes, le contrepoint, l'accord parfait. Les longs violons, ce pourrait être une catastrophe. C'est une pure merveille.

1964-1980: An American Dreamer

ANTONIO CARLOS JOBIM
ANTONIO CARLOS JOBIM
Au début de 1964, le Brésil vit la fin de ses illusions avec le coup d'Etat du général Castelo Branco. Joao Gilberto divorce et se retire un temps du monde des affaires. Vinicius continue sa bohème. Jobim, lui, se prend au jeu à l'américaine. Même s'il passe plus de temps à Rio, il garde un appartement sur la 86e rue Est. En Creed Taylor il a rencontré un producteur attentif. En Claus Ogerman un surdoué des voicings. D'autres s'y essaieront. En 1965, Nelson Riddle s'en tire avec moins de finesse pour «The Wonderful World», n'évitant pas une grandiloquence qui fait franchir le gouffre à cette musique supposée restée au bord. Le guitariste Eumir Deodato s'y colle aussi, lui avec une grande souplesse et de vraies trouvailles rythmiques. Il suffit d'écouter sa version de «Bonita» parue sur «Love, Strings And Jobim» en 1966 pour Warner. Mieux encore, les deux albums enregistrés pour A&M-CTI, «Stone Flower» et «Tide».

Plusieurs tons au-dessus survole cependant la science d'Ogerman. Ce qui était perceptible dès 1964 se confirme deux ans plus tard avec «A Certain Mr Jobim». Les orchestrations mettent en lumière l'arc-en-ciel thématique de Jobim, en relief les mouvements de flux et reflux qu'exige la bossa. Ecoutez l'entrée du thème «Estrada Del Sol» par touches successives. Ogerman, ce n'est que de la valeur ajoutée. Même si selon Edu Lobo qui tiendra lui aussi le rôle d'arrangeur, «malgré tous les mérites de Claus Ogerman, qui est un génie de l'orchestration, quand il écrit pour Tom, c'est Tom que vous entendez. Toujours». Jobim, chanteur juste contrairement à Astrud, mais aux moyens plus modestes que Joao, prend de l'ampleur, une dimension. Le minimalisme du pianiste qui ne jouait que d'un doigt distrait mais précis s'en trouve d'autant mieux souligné. Et l'esprit de la saudade est toujours là, n'en déplaise aux bossistes de la première heure.

Ogerman va multiplier les versions et variations sur les nouvelles compositions qu'écrit Jobim le boulimique névrosé. «Matita Pere», recueil sous-estimé de chansons sombres sur Philips à la fin 73, tranche par son extrême sobriété. Jobim y brille cette fois à la guitare. Néanmoins, le tiercé gagnant de cette collection pourrait bien être «Wave» sur A&M en 1967, disque aromatique, «Urubu» en 1976 sur Warner, album crépusculaire résolument moins facile d'accès, et surtout «Terra Brasilis» en 1980 sur Warner, chef-d'oeuvre absolu, double LP plus que parfait, résumé de toutes les préoccupations de Jobim, jusque dans sa pochette d'un Brésil naïf et coloré, peuplé d'animaux rappelant cet oiseau qui illustrait «Urubu», cette girafe en couverture de «Wave». Intrumental et enchanté, en anglais et en portugais, classique et moderne, saudade et swing, bossa et samba, sensuel et intellectuel, accents graves et pointes légères, en solo et en grande pompe, tout ce qui a fait le génie et la classe de ce dandy suranné se trouve là. Même le bel Antonio n'a jamais chanté aussi juste, aussi à l'aise. La fille d'Ipanema est plus belle que jamais, on croit rêver. Dans le même temps, d'autres collaborations rythment la carrière de celui qui désormais peut aussi chanter en anglais. A commencer par celle avec Frank Sinatra! Selon la légende, c'est The Voice himself qui téléphonera à Tom Jobim, alors attablé comme souvent au Veloso à siroter des jus plutôt corsés. Résultat: deux albums sur Reprise, «Francis Albert Sinatra And Antonio Carlos Jobim» avec Ogerman suivi de «Sinatra & Company» avec Deodato. Sur le papier, deux dream teams. En musique, deux disques pas franchement immuables. Autrement plus important est le duo «Elis et Tom» sur Verve, enregistré début 1974 à Los Angeles. Elis Régina donne la réplique, habitant les compositions de son timbre si particulier, habillant les notes d'une diction précieuse et précise. Elle donne par exemple une des plus sûres versions du «Aguas de Marco», nouveau standard de Jobim bientôt repris lui aussi dans toutes les langues («Les Eaux de Mars»...). Avec le temps, la plume n'a rien perdu de sa qualité. Le secret? «Se lever à cinq heures du matin. Et vérifier ce que font les copistes, ils font toujours des erreurs.» C'est aussi simple.

1980-1994: sur scène, à l'aéroport et pour la vie

Avec le recul, «Terra Brasilis» sonne comme un chant du cygne, premier signe de lassitude d'une carrière ponctuée d'excès en tous genres. Vinicius de Moraes meurt le 10 juillet 1981, date-anniversaire du «Chega de Saudade». Une époque est révolue, d'autant que Claus Ogerman tire aussi sa révérence. Jobim perd ainsi deux amis, deux complices. Il reste bien Joao. Mais avec le sacré caractère de ce dernier, les relations sont depuis longtemps aléatoires. Claude Nobs, directeur du festival de Montreux, peut en témoigner lui qui, au milieu des années 80, eut la judicieuse idée de programmer sur la même scène les deux chantres de la bossa. Lequel allait ouvrir pour l'autre? Il fallut que José Barrense Diaz, guitariste brésilien vivant à Nyon, improvise pour meubler. Trois heures plus tard, c'est Joao qui craquait le premier. C'est à cette époque moins faste que Jobim va sortir son dernier disque de notoriété internationale. Entre-temps, il a participé à nombre d'albums, avec le guitariste Oscar Castro-Neves, avec Chico Buarque, avec Edu Lobo. Plus tard, il s'associera à Gal Costa pour «Rio Revisited». Rien de franchement décisif.

«Passarim» est à ranger à part, en tout cas bien plus haut dans la pile. D'abord parce qu'il témoigne du travail accompli depuis quelque temps autour du maître par ce Nova Band peuplé des héritiers des familles Jobim et Caymmi. Ensuite parce qu'on y entend un répertoire renouvelé où des thèmes comme «Isabella» rivalisent avec les plus belles années. Enfin parce qu'il est coproduit et pour partie arrangé par Jaques Morelenbaum, qui apporte sa touche à la musique du maestro particulièrement sur les choeurs et les cordes. Ce Nova Band donne des raisons d'espérer. C'est à cette époque aussi que la nova bossa flirte avec les charts, que certains tropicalistes délaissent l'électricité, Caetano Veloso le premier. Tom vient de se remarier, il est papa d'une petite Maria Luiza Helena. Entre 1984 et 1987, tout porte à croire en des lendemains qui swinguent.

De nouveau départ, il n'y aura pas. Tout juste des retrouvailles plus ou moins inspirées comme «Antonio Carlos Jobim And Friends» (disque posthume sur Verve), le 27 septembre 1993 à Rio. Les jazzmen le saluent, ils le lui doivent bien. Jobim est visiblement las quand on le retrouve au Carnegie Hall dans une vaste soirée hommage le 6 avril 1994, alors même que sort «Antonio Brasileiro», un disque arrangé par ses soins avec en invités Sting et Ron Carter, un vieux complice. En attendant un éventuel succès, le Carnegie Hall le salue debout. Visiblement ému, Jobim offre un mano à mano avec cette diablesse de «Girl From Ipanema» qu'il abîme et un «Insensatez» avec Pat Metheny. Les versions ne sont pas les meilleures, loin s'en faut. Mais on s'en fout: ce soir-là, il se passe quelque chose. C'est cette dernière image qu'il livre, celle d'un musicien seul au milieu du monde. Un sentiment de saudade traverse la mémoire. L'hiver qui suit, le 8 décembre, la belle étoile s'éteint à l'hôpital Mont Sinaï de New York. Cancer de la vessie. Les hommages et rétrospectives peuvent commencer à pleuvoir. Le retour de son corps au pays est digne des plus grands. Un deuil de trois jours est décrété. Une procession l'emmène vers son tombeau, au cimetière saint Jean-Baptiste, non loin de Vinicius de Moraes. Le temps de ce dernier voyage, quatre heures durant, le carioca passera une dernière fois du côté de Corcovado, le long de la plage écouter les vagues s'écrouler, la vie s'ébattre de plaisir, le long du jardin botanique où il aimait flâner, sentir l'air du temps qui passe. Il laisse en héritage plus de 400 chansons douces, dont un paquet de standards repris sous tous les tropiques, pour le meilleur parfois, pour le pire trop souvent.

En 1999, sur un arbre plus que centenaire à l'ombre duquel il se repose, les cariocas ont posé une plaque: «espace Antonio Carlos Jobim». En 1999, l'aéroport international Galéao de Rio porte son nom. Curieuse ironie. Il ne faudra pas dire aux passagers que le 22 novembre 1962, le compositeur de «Samba do Aviao» avait failli ne jamais décoller vers New York sous prétexte que «les avions, c'est fait pour tomber».


Sources: «Chega de Saudade», de Ruy Castro (Ed. Companhia das letras); «Brasil Bossa Nova», de Jean-Paul Delfino (Ed. Edisud); le livret bien documenté de «The Man From Ipanema», l'excellente compilation en trois volumes parue en 1995 sur Verve

Par Jacques Denis, © Vibrations, octobre 1999
Rédigé le Lundi 7 Mars 2005 à 12:33 | Lu 5086 fois | 1 commentaire(s)





1.Posté par Sally le 15/10/2006 03:38 | Alerter
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Rectification:Vinicius de Moraes est décédé le 9/07/80 et non le 10 en 81;et à ma connaissance,Claus Ogerman est toujours parmi nous,d'autant plus qu'il a accompagné Diana Krall dans "Live in Paris"et participé dans certains de ses albums,donc dans les années 2000!!Voilà pour les rectifications et merci pour votre attention!

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