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ALAIN SERGE BIKINDOU

Docteur au grand coeur

Médecin ORL à l'hôpital de Loandjili à pointe-Noire, Congo. Médecin conseil pour Gras Savoy, Alain Serge Bikindou, ce Docteur au grand coeur nous a chaleureusement accueillit entre deux consultations.


Alain serge Bikindou
Alain serge Bikindou
Question: Dr. en deux mots qui êtes vous?
Dr. alain:
Je suis le Doctor alain Serge Bikindou, j’ai 40ans, je suis médecin spécialiste en oto-rhino-laryngologie (ORL), j’ai une double formation, j’ai commencé ma formation à la faculté de médecine de Brazzaville où j’ai obtenu après sept ans d’étude mon diplôme de médecine. Ensuite, après six mois d’exercice en Côte d’Ivoire, j’ai poursuivi pendant quatre ans ma spécialisation en oto-rhino-laryngologie. Je suis fiancé, disons marié coutumièrement, père de deux enfants, un garçon et une fille.

Basango: Que représente la famille pour vous?
Dr. Alain:
La famille, c’est le noyau, c’est le cœur de la vie. Tout ce que nous réalisons, tout ce que nous faisons en principe doit être au service d’un bonheur partagé en famille pour les accompagner à grandir, à aimer et se respecter. Notre raison de vivre est de donner les meilleures conditions de vie à nos enfants pour réussir sereinement leurs vies et passer ainsi le flambeau à cette nouvelle génération.

Basango: Que doit-on attendre d’un service public, tel qu’à l’hôpital de Loandjili?
Dr. Alain
: Ma vision du service public hospitalier est de permettre à la population la plus démunie d’accéder à une meilleure qualité de soins à moindre coût, pour ne pas dire gratuitement. C’est ainsi que malgré les appels de sirènes des cliniques privés de la place où comme vous pouvez l’imaginer mes revenues serait plus confortables, j’ai choisit de consacrer plus de 70% de mon temps professionnel à l’hôpital de Loandjili. Ma vocation première est de répondre aux besoins de ses patients désemparés, faute de soins appropriés. Rappelons qu’une grande partie de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, mon engagement est l’accès aux soins spécialisés pour tous pour avoir les mêmes chances de vivre que les plus aisés.


Basango: Comment définiriez vous l’hôpital de Loandjili?
Dr. Alain:
La structure initiale du bâtiment de L’Hôpital de Loagili est le fruit de la coopération Sini-Congolaise. Ensuite, heureusement, cette structure a été enrichie par de jeunes médecins volontaires ayant une éthique plus profonde de leur mission et se sont investis personnellement dans des actions citoyennes. Ils ont donc mouillé le maillot pour cela et ont obtenu le respect de leurs pères et le respect des populations par rapport à leur savoir faire et leurs abnégations au service de la nation. Ce sont aujourd’hui de grands médecins confirmés et reconnus pour leur participation active à l’édifice d’une si grande institution du service public et continuent de se battre pour une meilleure prise en charge de la santé du peuple congolais

Basango: Tous formés au Congo?
Dr. Alain:
La majorité formés initialement au Congo comme moi même, 70 % des médecins ont été formés au Congo, les médecins généralistes, il y en a quelques un qui ont été formés à Kinshasa et à Cuba. Compte tenu du manque d’infrastructure permettant la formation de cadres spécialisé au Congo, la majorité des spécialistes sont formés à l’étranger.

Basango: Pensez-vous que l’on puisse dire que le médecin congolais est qualifié?
Dr. Alain:
Bien sûr que le médecin congolais est qualifié ! Il connaît son travail, cependant le manque d’équipements médicaux opérationnels le désavantage.
Nos spécialistes souffrent à leur retour des mauvaises conditions de travail pour bien exercés leurs métiers. Il y a certes parfois une diminution de leur efficacité non pas par une mauvaise formation, mais par les mauvaises structures mise à leur disposition pour pratiquer leurs hautes spécialités.

Basango: comment arrivez-vous à concilier votre vie de famille et votre vie de médecin?
Dr. Alain:
C’est très difficile, j’ai la chance d’avoir une compagne compréhensive qui est avec moi depuis la faculté de médecine et qui connaît très bien la vie contraignante d’un médecin. Elle a su s’accommoder de la vie qu’offre un médecin dévoué à ses patients, et sait se contenter du temps que je lui consacre. Je pense que nous somme en accord par ce principe de vie et ne s’étonne pas quand on m’appelle à 2 heures ou 3 heures du matin, elle ne s’énerve pas quand je ne peux pas aller à un anniversaire ou un mariage avec elle parce que il y a une urgence, parce que j’ai des obligations médicales, que la vie de quelqu’un est en jeu, je pense que de ce côté là on est en harmonie.

Basango: Que gardez-vous de vos années de Fac de médecine?
Dr. Alain:
Il y a eu des moments de souffrance, des moments de plaisirs, voir de joie, c’est un mélange de tout cela. Vous savez, on dit toujours qu’une femme qui va accoucher, que les douleurs de l’enfantement lui font crié au diable. Elle jure de ne plus jamais recommencer, mais une fois l’accouchement fait, elle oublie toutes les douleurs de l’accouchement, heureuse que son bébé soit là, qu’elle admire en souriant malgré les douleurs qu’elle a enduré, 1an,2ans après elle recommence dans les mêmes conditions d’enfantement. C’est un tout petit peu cela, on oublie une fois que l’on a son diplôme en main que l’on peut soulager les gens, que l’on peut enfin les soigner et apaiser leurs souffrances. Toutes les insomnies, toutes les nuits blanches, toutes les déceptions, tous les sacrifices sont oubliés. On ne se rappelle que du jour où l’on vous a remis le diplôme en main et ses mots d’encouragements : « Voilà les armes que l’on vous a donné ; soulager vos patients ; soignez les et faites du mieux que vous pouvez. »

Basango: Etes-vous choqué d’entendre que la situation sanitaire du Congo ne soit pas la priorité des priorités?
Dr. Alain:
Je suis choqué, d’autant plus que ceux qui le disent, n’en croient pas un mot. Ce sont les premiers à sauter dans un avion pour se faire évacuer au moindre bobo, donc je pense qu’ils savent bien l’importance de la prise en charge adéquate des gens. Etant donné, qu’ils ne se mettent pas dans la peau de celui qui ne peut pas être évacué, ils oublient que c’est une priorité majeur !
Un habitant ou un électeur ou une personne en mauvaise santé ne peut pas travaillé comme il se doit, du coup économiquement, il y a un impact social négatif majeur et malheureusement ils l’oublient.

Basango: Quels sont les projets sur lesquels vous aimeriez travailler?
Dr. Alain:
J’aimerai participer à la réalisation d’une mise en place d’un système de sécurité social pour la prise en charge médicales des congolais aux revenus très faibles. Nous sommes confrontés tous les jours à la misère du peuple qui ne peut acheter des médicaments, un malade qui a une pathologie curable mais qui va mourir fautes de ne pouvoir acheter des médicaments, La non assistance d’achat de médicaments est un vrai problème au Congo.

Basango: On a souvent dit de vous que vous étiez Quelqu’un…?
Dr. Alain:
Je pense que les amis, les gens qui sont autour de moi, les malades, sont sensible à l’attention que je leur porte, je ne les prend pas en charge seulement comme des malades mais je les prends en charge comme des êtres humains, avec leur force et leur faiblesse. Je les écoute, je leur parle, je les accompagne en me montrant toujours disponible. Sans doute, ils savent que je suis là pour eux, ils sont bienveillants à mon égard et se demande pourquoi je prend tout mon temps pour les soulager de leurs maux sans intérêt pécunier que mon dû est le sourire d’un enfant malade la veille et qui court le lendemain dans le cabinet de consultation et la gratitude d’une maman qui n’a rien à vous donner qu’un sincère remerciement.
Je pense que c’est cette richesse là qui m’importe le plus , la satisfaction d’avoir accompagner dans ses souffrances un malade qui guérit, parce que tous les malades ne guérissent pas malheureusement, mais ses malades plus que jamais ont besoin d’être soutenus face à leur épreuve d’avoir la satisfaction d’être accompagné par un médecin compatissant qui les écoute, les comprend, en les aidant à accepter la vérité.

Basango: Qui vous inspire?
Dr. Alain:
c’est difficile, je ne sais pas bien, peut être des médecins de famille d’une certaine époque comme celle du Docteur Mayonda, un ami de la famille, un ami des parents et qui a été notre médecin de famille, le vrai médecin de famille qui a des cheveux blanc, qui sent bon, qui a toujours le mot pour rassurer, qui vous fait une injection alors que vous en avez horreur, mais ne vous en rendez même pas compte. Il transformait la consultation médicale en moment de plaisir. C’est ce genre de personne qui m’inspire. Et la médecine est une vocation, depuis l’enfance on me disait que je serais soit avocat soit prête par mon don d’écoute et de compassion envers les plus faibles, on me conseillait de cultiver cette qualité, finalement je suis devenu médecin, ce n’est pas trop mal !

Basango: Vous auriez aimé être autre chose?
Dr. Alain:
Je ne pense pas, je m’épanouie pleinement dans ma profession, je ne sais pas, c’est difficile à dire parce que je ne sais quel plaisir les autres métiers peuvent procurer, le plaisir que me procure ma profession je ne sais pas si il ya d’autre profession qui peuvent me donner autant. Je ne sais pas, je suis content tel que je suis aujourd’hui. Sans aucun regret.

Basango: Qu’est que vous aimeriez laisser derrière vous?
Dr. Alain
: La dynamique, c’est une force qui est entrain de naître, personnellement, je l’ai vécu à l’hôpital de Loagili, cet hôpital est né devant moi et nous nous sommes exténués pour l’agrandir et le développer.
Cette énergie est entrain de s’étendre, et s’accroît aujourd’hui avec les jeunes médecins qui arrivent et qui par notre exemple reprennent cette lumière intérieure qui nous anime tous.
L’espoir est là, et il faut qu’il soit encourager par les pouvoirs publics afin d’inciter nos semblables à agir de la même manière.

C’est vrai que le médecin a fait vœux de…je ne vais pas dire voeux de pauvreté et inviter mes confrères de l’étranger à venir soigner les autres dans la misère, bien au contraire, c’est de faire sortir cette misère par tous les moyens !
Et ne pas oublier pourquoi on a été formé, ce qui est essentiel dans notre métier. Si la médecine n’est que source convenable de revenu alors pour moi, on a perdu l’essence même de la médecine, le malade est un client, c’est une catastrophe !

Basango: Vous sentez vous plus homme ou médecin?
Dr. Alain:
Laborieux à dissocier, je suis un homme sensible et la médecine a augmenté ma réceptivité en me fortifiant face à la souffrance de l’autre ce qui fait que je me sens assuré de mieux répondre aux attentes de mes patients tout en me protégeant de trop grande sensibilité pour une meilleure efficacité.
L’homme et le médecin sont indissociables.


Par Wilfrid MASSAMBA
Rédigé le Lundi 29 Juin 2009 à 03:06 | Lu 1876 fois | 2 commentaire(s)






1.Posté par Den. le 18/07/2009 20:53 | Alerter
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hello Alain,

Celà fait plaisir de savoir que tu as choisi un metier qui te permet de te devouer aux autres... Va de l'avant!
On s'est connu au lycee leclerc et parfois aux bringues d'eric nankam.... guess

bien des choses

2.Posté par Darvey Claribel Pedro le 26/11/2009 10:42 | Alerter
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C'est vraiment toi mon frère je te reconnais là, je te felicite et te souhaites beaucoup de courage pour la suite que DIEU te benisse car tu es bon Medecin.

Beaucoup de courrage

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