Connectez-vous
BASANGO
Accueil
Envoyer à un ami
Version imprimable
Partager

AFRICANDO, COMBO PANAFRICAIN

Porte-drapeau des rythmes afro-cubains.

En dix ans d'existence, Africando s'est imposé comme étant le groupe-phare de salsa africaine. Ce joyeux combo panafricain revient aujourd'hui sur le devant de la scène pour défendre Martina, son sixième album. Un enregistrement marqué par de nouveaux invités parmi lesquels figure Ismaël Lô.


Ibrahima Syllart

AFRICANDO, COMBO PANAFRICAIN
Fondé en 1993 par le producteur sénégalais Ibrahima Syllart, véritable dénicheur de talent, Africando est aujourd'hui une institution, dont le but est de fédérer les cultures noires à travers la musique afro-cubaine. Une histoire qui est née de la rencontre entre des musiciens cubains installés à New York et des chanteurs sénégalais passionnés de salsa. La suite n'est qu'une succession d'albums réussis malgré les changements périodiques de l'équipe initiale. Rencontre avec la voix béninoise, Gnonnas Pedro, qui officie dans l'orchestre depuis 1996.


Rfi musique: Le tout nouvel album d'Africando se nomme Martina. Pourquoi avoir choisi un prénom féminin pour titrer ce sixième enregistrement de votre groupe ?
Gnonnas Pedro: Etant donné que je fais partie des chanteurs d'Africando, je suis un peu le porte-parole de tous les solistes qui interviennent sur cette dernière production. Du premier au dernier morceau, nous avons constaté que, tous, nous clamons la beauté de la vie africaine. Or, comment magnifier notre continent sans faire référence à la splendeur de la femme africaine. C'est tout simplement comme cela que nous avons trouvé ce titre Martina qui n'est autre que le prénom d'une femme.

Martina a été enregistré entre Dakar, Abidjan, New York et Paris. C'est une manière de rappeler qu'Africando est un véritable trait d'union transatlantique ?
Vous savez Africando signifie l'Afrique en marche, l'Afrique unie, l'Afrique et toute sa diaspora, main dans la main. Pour nous, le fait d'enregistrer cet album a été vécu comme un moment magique. Nous avons réussi à nous retrouver ensemble pour ce projet, malgré les emplois du temps de chacun en dehors du groupe. En ce qui concerne les différentes sessions d'enregistrement, nous avons simplement profité de la technologie d'aujourd'hui. C'est-à-dire que techniquement, il est possible de faire une prise à Abidjan, une autre à Dakar, et de réaliser la mise en boîte à Paris, avant de finaliser le tout à New York.

Il y a un certain nombre d'invités sur ce CD, comme par exemple, Ismaël Lô. Que vous ont apporté toutes ces collaborations extérieures ?Là encore, cela reflète l'esprit d'Africando, qui consiste à rassembler les artistes africains marqués par la musique afro-cubaine. Pour ce disque, nous avons voulu réunir la génération des années 60 et la relève. Parmi les invités, outre Ismaël Lô qui reprend Lote Lo, un titre de 1983, il y a par exemple, un jeune chanteur sénégalais nommé Seka. Un nom à retenir qui s'est illustré dans l'ancien Royal Band de la ville de Thiès.


Le style d'Africando estampillé salsa africaine

AFRICANDO, COMBO PANAFRICAIN
En ce qui concerne les membres permanents d'Africando, c'est un travail d'équipe où chacun apporte son savoir-faire ?
Tous les artistes regroupés dans Africando sont en fait des ambassadeurs de leur pays respectif. Le Sénégal est représenté par Medoune Diallo, le Burkina-Faso s'illustre par Amadou Balaké, la Guinée-Conakry brille grâce à Sekouba Bambino, les Etats-Unis sont gratifiés par Ronnie Barro et moi, je défend les couleurs du Bénin. Mais il ne faut pas oublier deux autres personnalités, sans qui le groupe n'existerait pas: l'orfèvre malien de l'arrangement Boncana Maïga et le talentueux producteur sénégalais Ibrahima Syllart.

Le style d'Africando estampillé salsa africaine symbolise le rapprochement culturel de l'Afrique et de Cuba. Que représente pour vous ce cousinage ?
Personnellement, j'ai commencé à travailler sur cette musique afro-cubaine depuis fort longtemps. J'ai entamé des recherches à partir des danses africaines ancestrales et notamment les cérémonies animistes qui se perpétuent au Bénin, au Togo, au Nigeria et au Ghana. Dans ces pays du Golfe de Guinée, on retrouve des rythmes marqués par les tambours et les claves qui constituent la base même de ce que l'on appelle aujourd'hui la salsa. A partir de ce fondement rythmique rudimentaire, les Cubains et les Portoricains installés à New York ont ajouté la section de cuivres pour moderniser le son. En fait, tout est parti de la période de l'esclavage. A l'époque, les Africains déportés ont amené cet héritage de l'autre côté de l'atlantique et particulièrement à Cuba. A travers Africando, nous essayons d'apporter notre témoignage par rapport à cette histoire commune entre l'Afrique de l'Ouest et la Caraïbe. Nous voulons donner une dimension planétaire à ce creuset culturel. A ce titre, Africando n'est seulement un orchestre panafricain mais plutôt «panamondo», c'est-à-dire qu'il touche le monde entier!

Un mot sur Azo Nkplon, le titre sur lequel vous êtes le chanteur leader ?
Dans ma langue parlée au Bénin, Azo Nkplon, pourrait se traduire par «je vis du métier que j'ai choisi». Bref, cela veut dire que je n'envie pas mon prochain, je suis satisfait de gagner ma vie grâce au métier que j'ai appris.


Album: Martina (Syllart Production/Next Music)
Concerts: les 26 et 27 juin, à 20h30, au New Morning (Paris)









Daniel Lieuze / rfimusique.com
Rédigé le Mercredi 25 Juin 2003 à 00:00 | Lu 846 fois | 0 commentaire(s)





À lire aussi :
< >

Lundi 28 Mars 2016 - 12:05 Le jazz éthiopien ne meurt jamais

Mardi 11 Août 2015 - 17:19 "Tombouctou" le nouveau clip d'Inna Modja

A Lire | A Ecouter | A Voir | Life Style | Mémoires











Afropunk célèbre la créativité des cultures afro

La dernière édition parisienne du festival underground américain a révélé toute l'étendue des cultures afro-descendantes.

Un foisonnement de couleurs et de motifs influencé par l'Afrique
Né à Brooklyn en 2005, le festival alternatif Afropunk a essaimé aux quatre coins du monde, d'Atlanta à Londres, de Paris à Johannesburg en l'espace de treize ans. Présent pour la quatrième fois dans la capitale le week-end dernier, l'événement célèbre l'affirmation des cultures noires décomplexées et dénonce toutes formes de discriminations raciales, physiques ou sexuelles. « Ce mouvement traduit la volonté de dire que les Noirs ne sont pas associés à un type de musique en particulier », précise l'essayiste et documentariste Rokhaya Diallo qui a animé une des deux journées. « C'est une manifestation extrêmement bienveillante qui prône une forme de liberté que l'on croise dans le public », poursuit-elle. « J'adore m'apercevoir que le spectacle est autant parmi les festivaliers que sur scène, dans les looks des gens se dégagent quelque chose de spectaculaire. » Ouvert absolument à tout le monde, le succès de la formule repose sur un savant mélange d'une programmation musicale éclectique mêlée à la mode, l'art et la ripaille avec une vingtaine de food trucks. Preuve du succès, la manifestation a déménagé du Trianon à La Villette l'année dernière et affichait complet pour cette édition avec 8 000 personnes aux styles vestimentaires pointus. Poids plume à côté du mastodonte new-yorkais et de ses 90 000 spectateurs, la déclinaison française attire déjà les voisins, du Benelux à la Grande-Bretagne, puisque près de 40 % du public est étranger.

ROGER MAVEAU
28/11/2018




Facebook
Instagram
Twitter