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À Lagos, les mille et une tenues de l'homme

Lors de la dernière Arise Fashion Week, les stylistes du continent et de la diaspora ont montré toute l'attention qu'ils portaient au vestiaire masculin africain.


Comme d'autres stylistes africains, Laduma Ngxokolo a été victime de plagiat : Zara a copié ses motifs sur une paire de chaussettes. © SDR
Comme d'autres stylistes africains, Laduma Ngxokolo a été victime de plagiat : Zara a copié ses motifs sur une paire de chaussettes. © SDR
Le grand retour de l'Arise Fashion Week (AFW), après une coupure de six ans, a réuni la crème des créateurs qui ont démontré leur savoir-faire tant pour le dressing féminin que masculin. Durant l'absence de l'AFW les plateformes rivales – locales, comme la Lagos Fashion Week ou l'Africa Fashion Week Nigeria, et régionales, comme la Dakar Fashion Week, la South Africa Fashion Week ou la South African Menswear Week – ont gagné en légitimité auprès des professionnels et du grand public. Une rude concurrence qui n’empêcha nullement l'AFW, fort de son prestige passé, de convaincre plus d'une quarantaine de stylistes au printemps dernier.

Le vestiaire masculin soutenait même la comparaison avec l'exubérance des collections féminines, preuve d'une certaine maturité et de l'intérêt des marques pour l'homme africain. À l'image de l'acteur de Nollywood Richard Mofe-Damijo qui défila en agbada brodée avec la sérénité d'un roi pour le label lagotien Taryor Gabriels. Ce dernier, créé par Adeyeye Adetayo en 2008, acclimate le dandysme aux réalités locales et rencontre un succès auprès de célébrités tel P-Square ou OC Ukeje. Le parcours du fondateur Adeyeye Adetayo, formé par son oncle, est représentatif de l'ascension des jeunes loups nigérians que rien n'arrête : « J'avais remarqué que les hommes portaient beaucoup de chemises de couleurs vives sous leurs costumes ternes. J'ai toujours pensé que je pourrais mieux faire. C'est ainsi que j'ai commencé à concevoir des vestes. »

Une kyrielle de stylistes redéfinissent le vestiaire de l'homme africain

Kola Kuddus a étudié la philosophie à Lagos avant de se former aux métiers de la mode à la London College of Fashion et à la Central Saint Martins. © SDR
Kola Kuddus a étudié la philosophie à Lagos avant de se former aux métiers de la mode à la London College of Fashion et à la Central Saint Martins. © SDR
Un autre prodige, Kenneth Ize qui a étudié sous la direction de Hussein Chalayan à Vienne, se remémore : « Quand j'ai commencé mon label, c'était un défi. Aujourd'hui, c'est excitant de faire partie d'une industrie de la mode nigériane en pleine croissance. Dans un secteur jeune comme le nôtre, vous pouvez être vraiment libre et expérimenter davantage, car vous avez moins à perdre. » Exactement ce que font les enfants terribles de la mode nigériane Tokyo James et Babatunde « Papa » Oyeyemi en proposant des collections anticonformistes unisexes ou androgynes. « Je ne suis jamais les tendances, je les crée. Je m'ennuie facilement, alors je cherche des moyens d'inventer de nouvelles choses », précise Oyeyemi, l'heureux créateur du label Maxivive, qui avoue néanmoins : « L’Afrique du Sud et d’autres régions africaines que j’ai visités sont plus réceptifs à mes idées. »

Ce bouillonnement créatif touche tous les labels du continent, du Nigérian Kimono Kollection au Franco-Ivoirien Laurence Airline en passant par le Sud-Africain Maxhosa. Ce qui fait dire à Kenneth Ize : « La mode africaine est définitivement sur la carte de la mode parce que nous ne cessons de créer. » Parfaitement lucide sur le chemin qui reste à parcourir, Chukwuma Ian Audifferen fondateur de Tzar conclut : « À mon avis, Lagos deviendra une capitale de la mode de classe mondiale dans dix ans. Une décennie car notre secteur nécessite beaucoup d'investissement pour que nos stylistes soient en mesure de rivaliser avec ceux à l'étranger et soient reconnus mondialement. »

Source : afrique.lepoint.fr

ROGER MAVEAU
Rédigé le Mercredi 28 Novembre 2018 à 02:20 | Lu 2845 fois | 0 commentaire(s)






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Afropunk célèbre la créativité des cultures afro

La dernière édition parisienne du festival underground américain a révélé toute l'étendue des cultures afro-descendantes.

Un foisonnement de couleurs et de motifs influencé par l'Afrique
Né à Brooklyn en 2005, le festival alternatif Afropunk a essaimé aux quatre coins du monde, d'Atlanta à Londres, de Paris à Johannesburg en l'espace de treize ans. Présent pour la quatrième fois dans la capitale le week-end dernier, l'événement célèbre l'affirmation des cultures noires décomplexées et dénonce toutes formes de discriminations raciales, physiques ou sexuelles. « Ce mouvement traduit la volonté de dire que les Noirs ne sont pas associés à un type de musique en particulier », précise l'essayiste et documentariste Rokhaya Diallo qui a animé une des deux journées. « C'est une manifestation extrêmement bienveillante qui prône une forme de liberté que l'on croise dans le public », poursuit-elle. « J'adore m'apercevoir que le spectacle est autant parmi les festivaliers que sur scène, dans les looks des gens se dégagent quelque chose de spectaculaire. » Ouvert absolument à tout le monde, le succès de la formule repose sur un savant mélange d'une programmation musicale éclectique mêlée à la mode, l'art et la ripaille avec une vingtaine de food trucks. Preuve du succès, la manifestation a déménagé du Trianon à La Villette l'année dernière et affichait complet pour cette édition avec 8 000 personnes aux styles vestimentaires pointus. Poids plume à côté du mastodonte new-yorkais et de ses 90 000 spectateurs, la déclinaison française attire déjà les voisins, du Benelux à la Grande-Bretagne, puisque près de 40 % du public est étranger.

ROGER MAVEAU
28/11/2018




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