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50 ans de carrière pour Bonga

L’ambassadeur des musiques d’Angola

A la fin du mois de septembre 2006, Bonga Kuenda, dont le nom signifie «le pionnier», «celui qui voit, qui est devant», artiste et personnalité musicale angolaise que l’on ne présente plus, fêtait à Lisbonne ses 50 années de musique à seulement 64 ans.


Bonga
Bonga
Connu du grand public depuis le début des années 70 quant il commit quelques tubes inoubliables souvent à la mémoire de son Angola natale déchiré par les conflits et les guerres, à l’instar de Angola 72, Bonga avait déjà une carrière ancienne commencée dans son pays avant son séjour au Portugal, puis son exil en Hollande.

Après avoir longtemps partagé sa vie entre le sport dont il fut un grand champion d’athlétisme dans les catégories du 100, du 200 et du 400 mètres, il embrassa définitivement la musique alors qu’il résidait au Portugal. Il faut dire que sa vie clandestine d’anticolonialiste et résident dans ce pays colonial devenait intenable, ce qui lui valu son exil en Hollande. Et ce sont aussi ses convictions qui firent du né José Adelino Barcelo de Carvalho, le Bonga Kuenda qui souffle sur ses cinquante ans de musique.

Quelques hauts et bas dans les années 80 et un retour en force la décennie suivante avec la maison Lusafrica qui a fait redécoller l’ambassade de la musique angolaise, Bonga l’institution.

En fait d’Angola, Bonga y est né en 1943 à Kipiri dans un milieu modeste, au sein d’une famille bercée par la musique -son père était accordéoniste. Il vit dans la banlieue de Luanda et s’intéresse vite aux rythmes traditionnels, dont le Semba, ancêtre de la Samba brésilienne qui retrouva son droit de cité contre les tentatives assimilationnistes coloniales. Son éternelle Likanzas, ce morceau de bambou qui sert d’instrument martèle bien ce choix et ces convictions de retour aux sources africaines.

La musique de Bonga sonne très Afrique centrale, inspirée du Semba, avec des accents qui emprunteront au Soukouss, son ère culturelle régionale, et le côté chaloupé des musiques lusophones. Son timbre vocal inoubliable et sa voix éraillée font le charme de ce phénomène artistique et de sa longévité. Au-delà de la musique Bonga a su, au péril de sa carrière prendre ses distances avec les autorités de son pays dont il n’a pas hésité à critiquer la politique. Son honneur d’homme et sa dignité n’en ont été que renforcés.

Pour ces 50 ans d’une longue carrière presque sacerdotale en faveur de ses deux patries, l’Angola et la musique, souhaitons à ce grand homme de continuer de nous donner de cette énergie qu’il a assurément en abondance, vérité, bonne humeur, force de conviction. En écoutant le titre de la compilation Força Angola, écrite pour encourager les Palanca negra au Mondial 2006, chacun s’en rendra vite compte …


Source Afrikara.com
Bonga.mp3 Bonga.mp3  (2.55 Ko)


Ze & Ne Nzinga
Rédigé le Jeudi 19 Octobre 2006 à 17:03 | Lu 2258 commentaire(s)




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